Icône téléphone Tel : 06 58 54 25 39

Le Blog

Formulaire H1 de déclaration de construction neuve aux impôts posé sur un bureau avec stylo
Déclarer une Construction aux Impôts : Formulaire H1, H2 et Taxe Foncière
11/05/2026
Temps de lecture :
10 minutes

Déclarer une Construction aux Impôts : Formulaire H1, H2 et Taxe Foncière

Vos travaux sont terminés. Vous avez obtenu votre permis de construire ou votre déclaration préalable, déposé votre DAACT en mairie, et vous pensez avoir accompli toutes vos obligations administratives. Pourtant, il reste une démarche que beaucoup oublient — parfois pendant des années — et qui peut entraîner des redressements fiscaux significatifs : la déclaration de votre construction à l'administration fiscale. Que vous ayez construit une maison neuve, réalisé une extension, aménagé vos combles, transformé un garage en pièce de vie ou créé une mezzanine habitable, vous avez l'obligation légale de déclarer ces travaux aux impôts dans les 90 jours suivant l'achèvement, via le formulaire H1 (maison individuelle) ou H2 (appartement en copropriété). Cette déclaration permet à l'administration fiscale de recalculer la valeur locative cadastrale de votre bien, base de calcul de la taxe foncière. En contrepartie, elle ouvre droit à une exonération temporaire de taxe foncière de 2 ans — que vous perdez si vous déclarez en retard. Dans ce guide complet, je vous explique tout : qui est concerné, quel formulaire utiliser, comment le remplir, où le déposer, et quelles sont les conséquences d'un oubli.

Pourquoi déclarer sa construction aux impôts ?

La déclaration de construction aux impôts répond à une logique fiscale simple : la taxe foncière est calculée sur la base de la valeur locative cadastrale de votre bien. Cette valeur est déterminée par l'administration fiscale à partir des caractéristiques physiques de votre propriété — surface habitable, nature et qualité des équipements, localisation. Lorsque vous construisez ou agrandissez, ces caractéristiques changent — et l'administration fiscale doit en être informée pour recalculer la valeur locative et, par conséquent, le montant de votre taxe foncière. C'est l'objet du formulaire H1 ou H2.

Le fondement légal

L'obligation de déclaration est prévue par l'article 1406 du Code général des impôts (CGI), qui dispose que "les constructions nouvelles, reconstructions et additions de construction doivent être portées à la connaissance de l'administration dans les 90 jours de leur achèvement". Cette obligation s'impose au propriétaire du bien — qu'il s'agisse d'un particulier, d'une SCI ou d'une personne morale. L'administration fiscale ne se substitue pas au propriétaire pour effectuer cette déclaration : si vous n'en prenez pas l'initiative, personne ne le fera à votre place — jusqu'à ce qu'un contrôle, une vente immobilière ou une révision des valeurs locatives révèle la discordance.

La différence avec la DAACT

Ces deux démarches sont fréquemment confondues car elles obéissent au même délai de 90 jours, mais elles s'adressent à des administrations entièrement différentes et ont des finalités distinctes :

  • La DAACT (Déclaration Attestant l'Achèvement et la Conformité des Travaux) est déposée en mairie auprès du service urbanisme. Elle clôture l'autorisation d'urbanisme et déclenche le délai de contrôle de conformité de la mairie (3 mois). Pour tout savoir sur cette démarche, consultez notre guide sur la DAACT
  • Le formulaire H1 ou H2 est adressé au centre des finances publiques (service des impôts fonciers) de votre département. Il permet à l'administration fiscale de recalculer la valeur locative cadastrale et d'établir la taxe foncière sur la nouvelle construction
  • Les deux démarches sont indépendantes et toutes deux obligatoires : déposer l'une ne dispense pas de l'autre
Récapitulatif des deux démarches post-travaux :

DAACT → Mairie (service urbanisme) :
Clôture le permis de construire ou la déclaration préalable. Déclenche le délai de contrôle de conformité. Obligatoire pour toute autorisation d'urbanisme.

Formulaire H1 ou H2 → Centre des finances publiques :
Permet le recalcul de la valeur locative cadastrale. Ouvre droit à l'exonération temporaire de taxe foncière de 2 ans. Obligatoire pour toute construction nouvelle ou modification substantielle.

Délai commun : 90 jours après l'achèvement des travaux.

Qui est concerné par cette obligation ?

L'obligation de déclaration s'applique à un champ très large de travaux. L'erreur fréquente est de croire qu'elle ne concerne que la construction d'une maison neuve. En réalité, de nombreux projets courants déclenchent cette obligation — y compris des travaux pour lesquels une simple déclaration préalable a suffi.

Les projets qui déclenchent obligatoirement la déclaration

  • Construction d'une maison neuve : c'est le cas le plus évident et le plus connu. Toute construction nouvelle à usage d'habitation doit être déclarée via le formulaire H1
  • Extension ou agrandissement d'une maison existante : toute extension créant de la surface habitable — qu'elle relève d'une déclaration préalable ou d'un permis de construire — modifie les caractéristiques du logement et doit être déclarée. Consultez notre article sur l' extension de maison
  • Aménagement de combles en espace habitable : si l'aménagement crée de la surface habitable (hauteur sous rampant supérieure à 1,80 m), la surface gagnée doit être déclarée. Consultez notre article sur l'aménagement de combles
  • Transformation d'un garage en pièce de vie : si le garage, non comptabilisé dans la surface habitable, est transformé en bureau, chambre ou séjour, la surface ainsi créée doit être déclarée. Consultez notre article sur la transformation de garage en pièce à vivre
  • Création d'une mezzanine habitable : si la mezzanine crée de la surface habitable (hauteur au-dessus supérieure à 1,80 m), elle doit être déclarée. Consultez notre article sur la mezzanine
  • Aménagement d'un sous-sol en espace habitable : si le sous-sol est transformé en bureau, salle de jeux ou autre pièce habitable, la surface créée doit être déclarée
  • Construction d'une annexe habitable dans le jardin : studio, logement indépendant, dépendance habitable — toute construction nouvelle créant de la surface habitable. Consultez notre article sur l'annexe habitable dans le jardin
  • Construction d'un garage, abri de jardin ou carport : même non habitable, toute construction nouvelle crée une valeur locative cadastrale et doit en principe être déclarée
  • Installation d'une piscine : un bassin de piscine enterré constitue une construction au sens fiscal et doit être déclaré — il génère une valeur locative cadastrale spécifique
  • Surélévation ou rehaussement de toiture : si ces travaux créent de la surface habitable nouvelle, cette surface doit être déclarée

Ce qui ne déclenche pas nécessairement la déclaration

  • Travaux de rénovation sans création de surface : ravalement de façade, remplacement de fenêtres, réfection de toiture, isolation thermique — ces travaux ne modifient pas les surfaces et ne déclenchent pas la déclaration fiscale (même s'ils nécessitent une déclaration préalable à la mairie)
  • Travaux d'équipement intérieur sans modification de surface : pose d'un parquet, installation d'une cuisine équipée, remplacement d'une chaudière — pas de déclaration fiscale
  • Petites constructions inférieures à certains seuils : les constructions de très faible superficie peuvent, selon les interprétations locales, échapper à la déclaration. En cas de doute, renseignez-vous auprès de votre centre des finances publiques — il vaut mieux déclarer que risquer un redressement
Attention aux travaux réalisés sans autorisation : Si vous avez réalisé des travaux sans l'autorisation d'urbanisme requise (déclaration préalable ou permis de construire), vous avez néanmoins l'obligation de les déclarer aux impôts. La déclaration fiscale est indépendante de la régularité urbanistique des travaux. En pratique, déclarer des travaux non autorisés aux impôts peut attirer l'attention de l'administration sur l'absence d'autorisation. Si vous êtes dans cette situation, consultez notre article sur la régularisation des travaux sans permis avant de faire votre déclaration fiscale.

H1 ou H2 : quel formulaire pour votre projet ?

Deux formulaires principaux sont utilisés pour déclarer une construction aux impôts. Le choix entre les deux dépend du type de bien concerné.

Le formulaire H1 (Cerfa 10867) — Maisons individuelles

Le formulaire H1 est destiné aux maisons individuelles et à leurs dépendances. Il couvre :

  • La construction d'une maison individuelle neuve
  • L'extension ou l'agrandissement d'une maison existante
  • L'aménagement de combles ou de sous-sol en surface habitable dans une maison individuelle
  • La transformation d'un garage ou d'une dépendance en pièce habitable rattachée à une maison individuelle
  • La construction d'une dépendance (garage, abri de jardin, piscine, carport) liée à une maison individuelle
  • La construction d'une annexe habitable distincte dans le jardin d'une maison individuelle

Le formulaire H2 (Cerfa 10868) — Appartements

Le formulaire H2 est destiné aux appartements et locaux situés dans des immeubles collectifs. Il couvre :

  • La création d'un appartement nouveau (dans le cadre d'une construction neuve collective ou d'une division d'un bien existant)
  • La modification substantielle d'un appartement existant (création d'une mezzanine habitable, aménagement d'un espace jusqu'alors non habitable, extension par achat de surface voisine)
  • La création d'un logement dans un immeuble par changement de destination d'un local commercial ou professionnel
  • La transformation d'un appartement en plusieurs logements

Les formulaires complémentaires

Dans certains cas, des formulaires complémentaires peuvent être nécessaires :

  • Formulaire H1 bis : pour déclarer les garages, abris et dépendances d'une maison individuelle séparément de la maison principale, lorsqu'ils sont déclarés dans un second temps
  • Formulaire 6660 REV : pour déclarer des changements de consistance ou d'affectation d'une propriété bâtie existante (changement d'usage d'un local, modification significative des caractéristiques d'un bien déjà déclaré)

Le délai de 90 jours : à partir de quand ?

Le délai de 90 jours court à compter de l'achèvement des travaux. C'est ce point qui soulève le plus de questions, car la notion d'achèvement n'est pas toujours intuitive — et elle n'est pas identique pour l'administration fiscale et pour l'urbanisme.

La définition de l'achèvement au sens fiscal

Au sens fiscal, une construction est considérée comme achevée lorsqu'elle est en état d'être affectée à l'usage auquel elle est destinée — c'est-à-dire lorsqu'elle est habitable ou utilisable, même si des travaux de finition ou d'aménagement secondaires restent à réaliser. Pour une maison individuelle, c'est généralement la date à laquelle vous pouvez vous y installer confortablement (eau, électricité, chauffage fonctionnels, pièces habitables). Il n'est pas nécessaire que les finitions extérieures (aménagement du jardin, terrasse) soient terminées.

Exemples pratiques de date d'achèvement

  • Maison neuve : date à laquelle vous récupérez les clés de la maison et pouvez vous y installer — souvent la date de réception des travaux avec votre constructeur ou votre maître d'œuvre
  • Extension : date à laquelle la nouvelle pièce est opérationnelle (électricité, chauffage, finitions intérieures principales réalisées), même si des travaux de liaison avec la partie existante sont encore en cours
  • Aménagement de combles : date à laquelle les combles sont habitables (isolation posée, électricité raccordée, escalier en place, revêtements de sol et cloisons réalisés)
  • Piscine : date à laquelle le bassin est rempli d'eau et utilisable, même si les abords (margelles, plage) ne sont pas encore réalisés

Comment calculer le délai de 90 jours

Le délai de 90 jours se calcule en jours calendaires (et non en jours ouvrables). Si vos travaux s'achèvent le 1er juin 2026, le délai de 90 jours expire le 30 août 2026. Si le 90e jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.

Exemples de calcul du délai de 90 jours :

Achèvement le 15 mars 2026 : Délai expirant le 13 juin 2026 (90 jours calendaires)

Achèvement le 1er octobre 2026 : Délai expirant le 30 décembre 2026

Achèvement le 15 novembre 2026 : Délai expirant le 13 février 2027

Conseil pratique : ne attendez pas le dernier moment — déposez votre formulaire dès que les travaux sont achevés, idéalement dans les 30 premiers jours. Cela vous laisse du temps pour rassembler les informations nécessaires sans risquer d'oublier.

La date d'achèvement et l'exonération de taxe foncière

La date d'achèvement est déterminante pour le calcul de l'exonération temporaire de taxe foncière. L'exonération s'applique à partir du 1er janvier de l'année suivant l'achèvement — pendant 2 ans. Si votre maison est achevée le 30 juin 2026, l'exonération court du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2028. Si votre maison est achevée le 2 janvier 2026, l'exonération court du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2028 également — vous ne gagnez rien à terminer en début d'année plutôt qu'en fin d'année pour l'exonération, contrairement à une idée reçue.

Formulaire H1 de déclaration de construction en cours de remplissage avec plan de maison à côté

Le formulaire H1 doit être déposé dans les 90 jours suivant l'achèvement des travaux auprès du centre des finances publiques de votre département. Cette démarche est distincte de la DAACT déposée en mairie — les deux sont obligatoires et obéissent au même délai de 90 jours.

Comment remplir le formulaire H1 ?

Le formulaire H1 (Cerfa 10867) est le document central de la déclaration fiscale pour une maison individuelle. Sa structure peut paraître complexe au premier abord, mais la plupart des rubriques sont accessibles avec les informations que vous avez déjà en main à l'issue de vos travaux. Voici un guide rubrique par rubrique pour les sections les plus importantes.

Cadre A — Identification du déclarant et du bien

  • Identité du déclarant : nom, prénom, adresse du propriétaire du bien. En cas d'indivision (plusieurs propriétaires), indiquez les coordonnées de tous les indivisaires ou désignez un représentant
  • Adresse du bien : adresse complète de la construction déclarée. Si le bien n'a pas encore d'adresse postale officielle (terrain nu sur lequel une maison vient d'être construite), indiquez la référence cadastrale de la parcelle (section + numéro, par exemple AB 0042)
  • Référence cadastrale : section et numéro de la parcelle. Disponible sur le site cadastre.gouv.fr ou sur votre acte de propriété
  • Nature de la déclaration : cochez la case correspondant à votre situation : construction nouvelle, addition de construction (extension), changement d'affectation (transformation d'une dépendance en logement), etc.

Cadre B — Nature et date d'achèvement

  • Date d'achèvement : indiquez la date à laquelle les travaux ont été achevés au sens fiscal (voir section précédente). Cette date déclenche le délai de 90 jours et détermine la date de départ de l'exonération
  • Destination du bien : habitation principale, habitation secondaire, location, local professionnel, etc. Cette information influe sur les taux d'imposition applicables
  • Affectation à la date d'achèvement : cochez si le bien est immédiatement occupé ou s'il est vacant à la date d'achèvement

Cadre C — Description de la construction (la partie la plus technique)

C'est la partie du formulaire qui détermine directement la valeur locative cadastrale. Elle décrit les caractéristiques physiques de la construction :

  • Surface réelle du sol : surface de l'ensemble du niveau rez-de-chaussée, en m², mesurée hors œuvre (entre murs extérieurs). Pour une construction sur plusieurs niveaux, indiquez la surface de chaque niveau séparément
  • Surface habitable : surface des pièces habitables mesurée sous 1,80 m de hauteur, hors murs, cloisons, escaliers, embrasures de portes et fenêtres. C'est la surface "loi Boutin" utilisée dans les baux. À distinguer de la surface de plancher utilisée pour l'urbanisme
  • Nombre de pièces principales : nombre de pièces d'une surface supérieure à 9 m² (séjour, chambres) — les cuisines, salles de bain et WC ne comptent pas comme pièces principales
  • Dépendances : surface des caves, greniers, garages, celliers rattachés à la construction principale
  • Éléments de confort : présence ou absence de chauffage central, eau courante, salle de bain, WC intérieur, nombre de pièces dotées de chacun de ces équipements
  • Catégorie de la construction : le formulaire propose une liste de catégories (de 1 = très grand luxe à 8 = très médiocre). Pour la plupart des maisons individuelles neuves, la catégorie 5 (ordinaire) ou 4 (assez bon) est la plus courante. La catégorie est évaluée en fonction des matériaux, de la qualité de construction et des équipements

Comment déterminer la catégorie de votre construction

La catégorie est l'un des éléments les plus délicats à renseigner. Voici un guide indicatif des 8 catégories :

  • Catégorie 1 : grand luxe (matériaux et équipements exceptionnels, piscine intérieure, domotique complète)
  • Catégorie 2 : luxe (matériaux haut de gamme, finitions soignées, équipements complets)
  • Catégorie 3 : bon (bonne qualité générale, matériaux de qualité, équipements complets)
  • Catégorie 4 : assez bon (construction de qualité standard +, bon niveau de prestations)
  • Catégorie 5 : ordinaire (construction standard, matériaux courants, équipements de base complets) — c'est la catégorie la plus courante pour les maisons individuelles neuves
  • Catégorie 6 : médiocre (matériaux économiques, équipements limités)
  • Catégorie 7 : très médiocre (construction vétuste ou très bas de gamme)
  • Catégorie 8 : exceptionnellement médiocre (construction insalubre ou en ruine partielle)
Conseil pratique pour la catégorie : En cas de doute sur la catégorie à retenir pour votre construction, choisissez la catégorie 5 (ordinaire) pour une maison neuve de qualité standard. L'administration fiscale pourra réviser cette catégorie lors d'un contrôle si elle l'estime insuffisante. Il vaut mieux déclarer une catégorie légèrement supérieure à la réalité — la surévaluation est corrigeable — plutôt que d'être rattrapé par une sous-déclaration plusieurs années après. En cas de doute persistant, contactez le service des impôts fonciers de votre département qui peut vous guider sur la catégorie applicable.

Comment remplir le formulaire H2 ?

Le formulaire H2 (Cerfa 10868) suit une structure similaire au H1 mais est adapté aux caractéristiques des appartements en immeuble collectif. Voici les points spécifiques à connaître.

Cadre A — Identification

  • Identité du propriétaire de l'appartement (ou du nu-propriétaire en cas d'usufruit)
  • Adresse complète de l'immeuble et numéro ou désignation de l'appartement (bâtiment, escalier, étage, numéro de lot)
  • Référence cadastrale de la parcelle sur laquelle est construit l'immeuble
  • Numéro de lot de copropriété si applicable

Cadre B — Description de l'appartement

  • Surface réelle : surface totale de l'appartement mesurée entre murs porteurs, y compris les cloisons intérieures
  • Surface habitable (loi Boutin) : surface des pièces habitables mesurée sous 1,80 m de hauteur, hors murs, cloisons, escaliers, embrasures de portes et fenêtres
  • Nombre de pièces principales : pièces de plus de 9 m² (hors cuisine, salle de bain, WC)
  • Situation dans l'immeuble : étage (rez-de-chaussée, 1er étage, etc.), exposition (sud, nord, est, ouest, double exposition)
  • Dépendances : cave, grenier, parking en sous-sol, garage, cellier, terrasse ou balcon privatif (en m²)

La catégorie dans le formulaire H2

Pour un appartement, la catégorie (de 1 à 8) reflète la qualité de l'immeuble dans son ensemble plutôt que celle de l'appartement spécifique. Un appartement dans un immeuble Haussmannien bien entretenu sera catégorisé différemment d'un appartement dans un immeuble des années 1970. En pratique, pour un appartement neuf dans un immeuble de standing standard, la catégorie 4 (assez bon) ou 5 (ordinaire) est la plus courante. Le service des impôts fonciers peut vous orienter sur la catégorie applicable à votre immeuble.

La valeur locative cadastrale : comment elle est calculée

Comprendre comment la valeur locative cadastrale (VLC) est calculée permet d'anticiper l'impact de votre construction sur votre taxe foncière. La méthode de calcul est définie par le Code général des impôts et repose sur une grille tarifaire nationale modulée par des coefficients locaux.

Le principe de calcul

La valeur locative cadastrale est calculée selon la formule suivante :

VLC = Surface pondérée × Tarif de la catégorie × Coefficient de localisation

  • Surface pondérée : la surface habitable brute est pondérée selon la nature des différentes parties du bien — les pièces principales comptent pour 1, les dépendances pour un coefficient inférieur (0,5 pour un garage, 0,2 pour une cave). Les éléments de confort (chauffage central, salle de bain) ajoutent une superficie fictive à la surface pondérée
  • Tarif de la catégorie : chaque catégorie (de 1 à 8) est associée à un tarif exprimé en €/m² de surface pondérée, défini par arrêté pour chaque département. Ce tarif varie selon la nature de la construction (maison individuelle, appartement, villa, etc.) et le département
  • Coefficient de localisation : ajustement selon l'emplacement de la propriété (centralité, desserte, environnement, vue)

De la VLC à la taxe foncière

La valeur locative cadastrale brute est d'abord abattue de 50 % pour obtenir la valeur locative cadastrale nette — c'est cette valeur nette qui sert de base au calcul de la taxe foncière. La taxe foncière annuelle est ensuite calculée ainsi :

Taxe foncière = VLC nette × (Taux communal + Taux départemental + Taux intercommunal)

  • Les taux sont votés chaque année par les collectivités (commune, département, intercommunalité) et varient considérablement d'une commune à l'autre
  • Une même maison peut avoir une taxe foncière très différente selon sa commune — de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros
  • Pour estimer votre future taxe foncière, renseignez-vous auprès de votre mairie sur les taux applicables dans votre commune
Exemple simplifié de calcul de taxe foncière :

Maison individuelle de 100 m² habitable, catégorie 5, en province

Surface pondérée (avec dépendances et équipements) ≈ 120 m²
Tarif de catégorie 5 en province ≈ 60 €/m²
VLC brute : 120 × 60 = 7 200 €/an
VLC nette (abattement 50 %) : 3 600 €/an
Taux global (commune + département) ≈ 35 %
Taxe foncière annuelle ≈ 3 600 × 35 % = 1 260 €

Ces chiffres sont purement indicatifs — les tarifs et taux varient selon les départements et les communes. Votre taxe foncière réelle peut être très différente.

L'exonération de taxe foncière pendant 2 ans

C'est l'un des avantages fiscaux les moins connus des propriétaires qui construisent ou agrandissent : toute construction nouvelle bénéficie d'une exonération temporaire de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) pendant 2 ans. Cette exonération est automatique — mais elle est conditionnée au dépôt du formulaire H1 ou H2 dans le délai de 90 jours.

Le principe de l'exonération temporaire

L'article 1383 du Code général des impôts prévoit que les constructions nouvelles, reconstructions et additions de construction sont exonérées de taxe foncière pendant les deux années suivant celle de leur achèvement. En pratique :

  • Si votre maison est achevée en 2026, l'exonération s'applique pour les années 2027 et 2028
  • À partir de 2029, la taxe foncière est due normalement sur la valeur locative cadastrale de la construction
  • L'exonération porte sur la part de la taxe foncière correspondant à la construction nouvelle — si vous avez agrandi une maison existante, l'exonération ne porte que sur la partie agrandie, pas sur la maison entière
  • L'exonération est accordée automatiquement par l'administration fiscale lors de la réception du formulaire H1 ou H2, sans qu'il soit nécessaire de la demander explicitement

La condition impérative : déclarer dans les 90 jours

L'exonération de 2 ans est subordonnée au dépôt du formulaire H1 ou H2 dans le délai légal de 90 jours suivant l'achèvement. Si vous déposez le formulaire en retard :

  • L'exonération ne s'applique qu'à partir du 1er janvier de l'année suivant la déclaration tardive
  • Les années d'imposition entre l'achèvement et la déclaration sont soumises à redressement fiscal (taxe foncière due sur toute la période + intérêts de retard)
  • Exemple : maison achevée en mars 2025, formulaire H1 déposé en juin 2026 (15 mois de retard). La taxe foncière est due pour 2026 (pas d'exonération pour cette année) et 2025 (redressement + intérêts de retard). L'exonération ne s'applique qu'à partir de 2027

Les exonérations supplémentaires dans certaines communes

Certaines communes peuvent voter des exonérations supplémentaires au-delà des 2 ans légaux pour des constructions spécifiques :

  • Logements sociaux : exonération pendant 15 à 25 ans pour les logements construits avec un prêt aidé de l'État
  • Constructions à haute performance énergétique : certaines communes accordent une exonération partielle (de 50 à 100 %) pendant 5 ans pour les constructions respectant des normes énergétiques supérieures à la réglementation (RE 2020, label BBC, E+C-)
  • Zones de revitalisation rurale (ZRR) : exonérations spécifiques pour les constructions réalisées dans les communes classées en ZRR, pour encourager l'installation en milieu rural
Ne confondez pas exonération de TFB et exonération de taxe d'aménagement : La taxe d'aménagement est due lors de l'obtention de l'autorisation d'urbanisme (permis de construire ou déclaration préalable) et est payable en deux échéances dans les 12 et 24 mois suivant la délivrance. Elle ne bénéficie d'aucune exonération automatique de 2 ans. Pour tout savoir sur la taxe d'aménagement, consultez notre guide dédié : taxe d'aménagement : calcul, taux et exonérations. Ces deux taxes sont distinctes et doivent être gérées séparément.

Où et comment déposer le formulaire ?

Le formulaire H1 ou H2 est adressé au service des impôts fonciers (centre des finances publiques) du département dans lequel se situe la construction. Il peut être déposé de plusieurs façons, dont une en ligne depuis 2021.

Dépôt en ligne sur impots.gouv.fr (méthode recommandée)

Depuis 2021, il est possible de déclarer une construction directement depuis votre espace particulier sur impots.gouv.fr :

  • Connectez-vous à votre espace particulier sur impots.gouv.fr
  • Cliquez sur l'onglet "Biens immobiliers"
  • Sélectionnez "Déclarer un bien immobilier" ou "Gérer mes biens immobiliers"
  • Suivez les instructions pour déclarer votre nouvelle construction ou la modification de votre bien existant
  • Un accusé de réception électronique horodaté est généré — conservez-le précieusement comme preuve du respect du délai

Cette méthode est recommandée car elle garantit une date de dépôt incontestable (horodatage automatique), évite les pertes de courrier et permet un traitement plus rapide de votre déclaration.

Dépôt par courrier recommandé

Si vous préférez le format papier, téléchargez le formulaire H1 ou H2 sur le site impots.gouv.fr (rubrique "Formulaires") ou retirez-le auprès du centre des finances publiques de votre département. Remplissez-le et envoyez-le par courrier recommandé avec accusé de réception à l'adresse du service des impôts fonciers de votre département. Conservez le bordereau d'envoi recommandé comme preuve du respect du délai.

Dépôt en main propre au guichet

Vous pouvez également vous présenter directement au guichet du centre des finances publiques (service des impôts fonciers) de votre département, muni du formulaire rempli. Demandez systématiquement un récépissé de dépôt tamponné qui atteste de la date de remise.

Trouver le service des impôts fonciers de votre département

L'adresse du service des impôts fonciers compétent pour votre bien figure sur l'avis de taxe foncière que vous recevez chaque année (si vous étiez déjà propriétaire avant la construction). Pour une construction neuve sur un terrain nu, recherchez "service des impôts fonciers + nom de votre département" sur impots.gouv.fr — le site propose un annuaire des services fiscaux locaux.

Avis de taxe foncière avec mention d'exonération temporaire pour une construction neuve

Toute construction nouvelle bénéficie d'une exonération de taxe foncière pendant 2 ans, à condition que le formulaire H1 ou H2 soit déposé dans les 90 jours suivant l'achèvement. En cas de dépôt tardif, l'exonération ne démarre qu'à partir de l'année suivant la déclaration — les années intermédiaires donnent lieu à un redressement fiscal.

Oubli ou retard : quelles conséquences ?

L'oubli de déclaration aux impôts est plus fréquent qu'on ne le pense — et ses conséquences peuvent être significatives, surtout lorsque le retard s'accumule sur plusieurs années. Voici ce qui vous attend si vous n'avez pas déclaré votre construction dans les délais.

La perte de l'exonération de 2 ans

C'est la première conséquence, et souvent la plus coûteuse sur le court terme. Chaque année de retard vous fait perdre une ou deux années d'exonération. Pour une maison dont la taxe foncière annuelle est de 1 500 €, perdre l'exonération de 2 ans représente 3 000 € de taxe foncière payée inutilement.

Le redressement fiscal rétroactif

L'administration fiscale peut procéder à un redressement rétroactif de la taxe foncière sur les 3 années précédant l'année en cours (délai de prescription fiscale de droit commun). Ce redressement s'accompagne d'intérêts de retard calculés au taux de 0,20 % par mois (soit 2,4 % par an) et éventuellement d'une majoration de 10 % pour déclaration tardive. Pour une taxe foncière annuelle de 1 500 € et un retard de 3 ans, le redressement peut atteindre : 3 × 1 500 € de taxe + intérêts de retard ≈ 5 000 à 5 500 €.

Les conséquences lors d'une vente immobilière

C'est souvent à l'occasion d'une vente immobilière que les oublis de déclaration sont découverts. Le notaire vérifie la concordance entre :

  • La surface et les caractéristiques déclarées à l'urbanisme (dans le permis de construire ou la déclaration préalable)
  • Les surfaces déclarées aux impôts (dans la matrice cadastrale, issue du formulaire H1 ou H2)
  • La surface réelle du bien mesurée lors de la vente (diagnostic loi Carrez pour les appartements, mesurage Boutin pour les maisons)

Une discordance significative entre ces données peut :

  • Alerter le notaire et l'acheteur sur une éventuelle irrégularité
  • Conduire l'acheteur à demander une régularisation préalable à la vente, retardant la transaction
  • Engager la responsabilité du vendeur pour manquement à l'obligation d'information
  • Dans les cas les plus graves, être invoquée comme vice caché après la vente

Comment régulariser une déclaration oubliée

Si vous n'avez pas déclaré votre construction dans les 90 jours, il n'est jamais trop tard pour régulariser. La démarche est identique à celle d'une déclaration dans les délais : remplissez le formulaire H1 ou H2 et déposez-le auprès du service des impôts fonciers de votre département. L'administration fiscale prendra en compte la date de la déclaration tardive pour calculer l'exonération applicable et le redressement éventuel sur les années passées. Une régularisation spontanée est toujours préférable à une mise en demeure ou à un contrôle fiscal — elle peut réduire les majorations applicables.

Récapitulatif des démarches post-travaux à ne pas oublier :

1. Affichage du panneau de chantier : dès l'obtention de l'autorisation — pendant toute la durée des travaux

2. Déclaration d'ouverture de chantier (DOC) : le 1er jour de travaux — pour un permis de construire uniquement

3. DAACT en mairie : dans les 90 jours suivant l'achèvement — clôture l'autorisation d'urbanisme

4. Formulaire H1 ou H2 au centre des finances publiques : dans les 90 jours suivant l'achèvement — déclaration fiscale obligatoire

Ces quatre démarches forment le cycle complet post-travaux. Pour tout savoir sur la DAACT, consultez notre guide dédié : DAACT : guide complet de la déclaration d'achèvement des travaux.

Conclusion : une démarche simple mais trop souvent oubliée

La déclaration de votre construction aux impôts via le formulaire H1 ou H2 est l'une des démarches post-travaux les plus méconnues et les plus régulièrement omises par les propriétaires. Pourtant, elle est obligatoire, encadrée par un délai précis de 90 jours, et son respect vous permet de bénéficier d'une exonération de taxe foncière de 2 ans qui représente souvent plusieurs milliers d'euros d'économies. À l'inverse, l'oubli peut coûter cher : perte de l'exonération, redressement fiscal rétroactif avec intérêts de retard, et complications lors d'une future vente. La bonne nouvelle est que la démarche elle-même est simple et gratuite — il suffit de remplir le bon formulaire (H1 pour une maison individuelle, H2 pour un appartement) et de le déposer en ligne sur impots.gouv.fr dans les 90 jours suivant l'achèvement de vos travaux. Intégrez cette étape dans votre planning dès le départ et vous n'aurez aucune mauvaise surprise.

Les points essentiels à retenir :

  1. Obligation légale : toute construction nouvelle ou agrandissement créant de la surface habitable doit être déclaré aux impôts dans les 90 jours suivant l'achèvement (article 1406 du CGI).
  2. Formulaire H1 pour les maisons individuelles et leurs dépendances. Formulaire H2 pour les appartements en immeuble collectif.
  3. Délai de 90 jours à compter de la date d'achèvement des travaux — en jours calendaires. Le dépôt en ligne sur impots.gouv.fr est recommandé pour la traçabilité.
  4. Exonération de 2 ans : automatique si la déclaration est faite dans les 90 jours. Perdue partiellement ou totalement en cas de retard.
  5. Distincte de la DAACT déposée en mairie : deux démarches indépendantes, même délai de 90 jours, administrations différentes.
  6. La catégorie (1 à 8) détermine la valeur locative cadastrale — catégorie 5 pour une maison standard en province, catégorie 4 pour une construction de qualité supérieure.
  7. Régularisation toujours possible en cas d'oubli — agissez dès que vous réalisez le manquement plutôt qu'attendre un contrôle ou une vente.
  8. Lors d'une vente immobilière, le notaire vérifie la concordance entre données d'urbanisme et données fiscales — une discordance peut bloquer la transaction.
  9. Piscine, garage, abri de jardin : ces constructions non habitables sont également soumises à déclaration fiscale — pensez-y lors de l'achèvement.
  10. Ne confondez pas taxe foncière et taxe d'aménagement : la taxe d'aménagement est due lors de l'obtention de l'autorisation d'urbanisme ; la taxe foncière est due chaque année à partir de la 3e année suivant l'achèvement.

Votre projet nécessite un permis de construire ou une déclaration préalable ?

Je vous accompagne dans la constitution du dossier complet de votre permis de construire ou de votre déclaration préalable, avec tous les plans obligatoires (plan de masse coté, coupes, façades, document graphique d'insertion) et la notice descriptive complète. Je vérifie au préalable les règles de votre PLU et vous explique l'ensemble des démarches post-travaux : DAACT, déclaration fiscale H1 ou H2, taxe d'aménagement — pour que votre projet soit complet et sécurisé de la demande d'autorisation jusqu'à la dernière formalité. Travail à distance, soigné et réactif.

Demander un accompagnement pour mon projet

Article mis à jour en mai 2026 - Réglementation fiscale applicable en France métropolitaine
Les taux d'intérêt de retard, les délais de prescription et les modalités d'exonération sont issus du Code général des impôts et peuvent être modifiés par les lois de finances annuelles. En cas de situation fiscale complexe, consultez un notaire ou un conseiller fiscal.