Extension de Maison : Guide Complet pour Réussir Votre Agrandissement
Votre maison devient trop petite pour votre famille qui s'agrandit ? Vous avez besoin d'un bureau pour le télétravail ou d'une chambre supplémentaire ?
L'extension de maison est la solution idéale pour gagner de l'espace sans déménager. Mais entre les surfaces autorisées sans permis, les règles du PLU à
respecter, le choix entre déclaration préalable et permis de construire, et les coûts à prévoir, il est facile de se perdre dans le dédale administratif.
En tant que dessinateur en bâtiment, j'accompagne régulièrement des particuliers dans leurs projets d'extension. Dans ce guide complet 2026, je vous
explique tout ce qu'il faut savoir pour réussir votre agrandissement : seuils réglementaires, règles d'urbanisme, types d'extensions,
démarches administratives, prix au m², et surtout les erreurs à éviter absolument.
Qu'est-ce qu'une extension de maison ?
Une extension de maison consiste à agrandir la surface habitable de votre logement existant en créant de nouveaux espaces. Contrairement à une simple rénovation intérieure, l'extension augmente la surface de plancher ou l'emprise au sol de votre construction.
Les objectifs d'une extension
On réalise une extension de maison pour plusieurs raisons :
Gagner de l'espace habitable : Créer une chambre supplémentaire, un bureau, une suite parentale
S'adapter à l'évolution familiale : Arrivée d'un enfant, accueil d'un parent âgé, adolescent qui grandit
Améliorer le confort : Agrandir une cuisine trop petite, créer un salon plus spacieux
Valoriser son bien : Augmenter la valeur de revente de la maison
Éviter un déménagement : Rester dans son quartier, conserver ses repères
Extension vs autres solutions d'agrandissement
Il est important de distinguer l'extension des autres formes d'agrandissement :
L'extension (augmentation de surface)
Création de nouveaux m² habitables
Augmente la surface de plancher et/ou l'emprise au sol
L'aménagement de combles (pas toujours une extension)
Si hauteur sous plafond déjà > 1,80 m : simple aménagement intérieur (pas d'autorisation si pas de modification extérieure)
Si modification de charpente ou création de fenêtres : déclaration préalable nécessaire
Si surélévation de toiture : considéré comme extension, PC ou DP selon surface créée
La véranda
Type particulier d'extension vitrée
Soumise aux mêmes règles que les extensions classiques
DP ou PC selon la surface créée
Point important : Une extension implique toujours la création de surface de plancher nouvelle ou d'emprise au sol supplémentaire. Si vous réorganisez l'intérieur sans créer de surface supplémentaire, ce n'est pas une extension au sens urbanisme, donc pas d'autorisation spécifique (sauf travaux sur façade).
Permis de construire ou déclaration préalable : les seuils 2026
Le type d'autorisation nécessaire pour votre extension dépend de sa surface et de la localisation de votre terrain. Les règles ont évolué et il est crucial de bien les comprendre pour éviter les erreurs.
Les seuils de surface en 2026
Moins de 5 m² : aucune autorisation
Extension inférieure à 5 m² de surface de plancher ET d'emprise au sol
Aucune démarche administrative obligatoire
Attention : toujours vérifier le PLU qui peut imposer des règles plus strictes
De 5 m² à 20 m² : déclaration préalable
Extension entre 5 et 20 m² de surface de plancher ou d'emprise au sol
Délai d'instruction : 1 mois (2 mois en secteur protégé)
Dossier plus simple qu'un permis de construire
De 20 m² à 40 m² en zone PLU : déclaration préalable
Seuil bonifié en zone urbaine PLU : jusqu'à 40 m² avec simple DP
Votre terrain doit être situé en zone urbaine couverte par un PLU
Grande différence avec les zones rurales ou RNU
Plus de 20 m² (ou 40 m² en zone PLU) : permis de construire
Extension de plus de 20 m² en zone non PLU
Extension de plus de 40 m² en zone PLU
Permis de construire obligatoire
Délai d'instruction : 2 mois (3 mois en secteur protégé)
Exemples concrets :
Extension de 15 m² en zone pavillonnaire avec PLU : Déclaration préalable uniquement
Extension de 35 m² en zone urbaine avec PLU : Déclaration préalable (seuil 40 m²)
Extension de 35 m² en zone rurale sans PLU : Permis de construire (seuil 20 m²)
Extension de 45 m² en zone PLU : Permis de construire (dépasse 40 m²)
Comment savoir si je suis en zone PLU ?
Pour bénéficier du seuil de 40 m², votre terrain doit être situé dans une zone urbaine d'une commune disposant d'un Plan Local d'Urbanisme (PLU) ou d'un document en tenant lieu.
Zones éligibles au seuil de 40 m² :
Zone U (urbaine) d'un PLU : Centres-villes, zones pavillonnaires denses
Zone couverte par un POS : Plan d'Occupation des Sols (ancien document)
Commune en ZRR : Zone de Revitalisation Rurale (dispositif spécifique)
Zones NON éligibles (seuil 20 m²) :
Zone AU (à urbaniser) d'un PLU : Zones d'extension future
Zone A (agricole) ou N (naturelle) d'un PLU : Espaces ruraux protégés
Commune sans PLU : Soumise au Règlement National d'Urbanisme (RNU)
Comment vérifier ? Consultez le PLU de votre commune en mairie ou sur le site internet de la commune. Le plan de zonage indique clairement si votre terrain est en zone U, AU, A ou N. En cas de doute, demandez un certificat d'urbanisme d'information qui précisera les règles applicables.
La règle des 150 m² : attention à l'architecte obligatoire
Au-delà du choix DP ou PC, il existe un seuil crucial à surveiller : 150 m² de surface de plancher totale.
Règle de l'architecte obligatoire :
Si votre maison APRÈS extension dépasse 150 m² de surface de plancher : architecte obligatoire
Peu importe que l'extension elle-même fasse 15 m² ou 60 m²
C'est la surface totale finale qui compte
Exemple :
Votre maison fait actuellement 135 m² de surface de plancher. Vous envisagez une extension de 20 m².
Surface totale après travaux : 135 + 20 = 155 m²
Conséquence : Vous dépassez 150 m², donc même pour cette extension de 20 m², vous devez obligatoirement recourir à un architecte pour établir les plans et déposer le permis de construire.
Piège fréquent : Beaucoup de particuliers pensent que seule la surface de l'extension compte. C'est faux ! C'est bien la surface totale de la construction APRÈS extension qui détermine l'obligation de recourir à un architecte. Calculez toujours la surface totale finale avant de démarrer votre projet.
Les règles du PLU à vérifier impérativement
Avant de concevoir votre extension, vous devez vérifier que votre projet respecte les règles d'urbanisme de votre commune. Ces règles sont définies dans le Plan Local d'Urbanisme (PLU) et varient considérablement d'une commune à l'autre.
L'emprise au sol maximale autorisée
Le PLU fixe généralement un coefficient d'emprise au sol (CES) qui limite la surface constructible sur votre terrain.
Principe du CES :
Le CES s'exprime en pourcentage : par exemple 40% de la surface du terrain
L'emprise au sol totale (maison existante + extension) ne doit pas dépasser ce seuil
Varie selon les zones : 30% en zone naturelle, 40-50% en zone pavillonnaire, 60-80% en zone urbaine dense
Calcul pratique :
Terrain de 600 m² en zone Ub avec CES de 40%
Emprise au sol maximale autorisée : 600 × 40% = 240 m²
Emprise existante de la maison : 180 m²
Emprise disponible pour l'extension : 240 - 180 = 60 m² maximum
Vous pouvez donc créer une extension jusqu'à 60 m² d'emprise au sol (sous réserve des autres règles).
La hauteur maximale de construction
Le PLU fixe une hauteur maximale à ne pas dépasser, souvent mesurée au faîtage (point le plus haut de la toiture).
Hauteurs courantes selon les zones :
Zone pavillonnaire classique : 7 à 9 mètres au faîtage
Zone urbaine dense : 10 à 15 mètres (immeubles R+2 ou R+3)
Zone rurale protégée : 6 à 7 mètres (préservation du caractère)
Conséquence pour votre extension :
Extension horizontale (plain-pied) : Généralement pas de problème si la maison respecte déjà la hauteur
Extension avec étage ou surélévation : Vérifier que la nouvelle hauteur ne dépasse pas le seuil autorisé
Véranda ou extension à toit plat : Attention au point de calcul de la hauteur (acrotère compris)
Attention au mode de calcul : La hauteur peut être calculée de différentes manières selon le PLU : depuis le terrain naturel, depuis le niveau de la voie, depuis le point le plus bas du terrain. Vérifiez précisément le mode de calcul dans votre règlement de zone.
Les reculs par rapport aux limites
Le PLU impose des distances minimales entre votre construction et les limites de propriété.
Recul par rapport aux limites séparatives (voisins)
Formule courante : H/2 (hauteur divisée par 2) avec un minimum absolu (souvent 3 mètres)
Exemple : pour une construction de 6 m de haut → recul minimum de 3 m (6/2 = 3)
Certains PLU autorisent la construction sur limite séparative sous conditions (hauteur limitée)
Recul par rapport à la voie publique
Distance minimale depuis l'alignement (limite entre votre terrain et la rue)
Généralement 4 à 6 mètres en zone pavillonnaire
Variable selon le caractère de la rue et la zone PLU
Impact sur votre extension : Les reculs réduisent la zone effectivement constructible de votre terrain. Sur un petit terrain, ils peuvent considérablement limiter les possibilités d'extension horizontale. Dans ce cas, privilégiez l'extension verticale (surélévation ou aménagement de combles) qui n'augmente pas l'emprise au sol.
Les règles d'aspect extérieur
Le PLU contient souvent des prescriptions architecturales pour préserver l'harmonie du quartier.
Éléments souvent réglementés :
Pente de toiture : Inclinaison minimale/maximale imposée (ex : 35° à 45°)
Type de couverture : Tuiles obligatoires, ardoise, zinc, couleurs autorisées
Matériaux de façade : Enduit, bardage bois, pierre apparente selon les zones
Couleurs : Palette de couleurs autorisées pour les façades
Ouvertures : Format des fenêtres, volets obligatoires ou interdits
Conséquence pour votre extension :
Votre extension doit s'harmoniser avec la construction existante
Utilisez les mêmes matériaux et couleurs que la maison (sauf si architecturalement justifié)
Respectez la pente de toiture et le type de couverture
En secteur protégé (ABF), les règles sont encore plus strictes
Les zones où l'extension est interdite ou très limitée
Certaines zones du PLU interdisent ou limitent fortement les extensions :
Zone N (naturelle) : Extensions souvent interdites sauf exceptions (extension limitée d'une construction existante, généralement 20-30 m² maximum)
Zone A (agricole) : Extensions très encadrées, souvent limitées à 30% de l'existant
Zone AU (à urbaniser) : Constructions nouvelles généralement interdites en attente d'ouverture à l'urbanisation
Espaces Boisés Classés (EBC) : Protection stricte, aucune construction autorisée
Secteur sauvegardé : Règles très strictes, avis ABF systématique
Vérification indispensable : Avant d'investir du temps et de l'argent dans votre projet, consultez impérativement le PLU de votre commune ou demandez un certificat d'urbanisme opérationnel. Certaines règles peuvent rendre votre projet totalement impossible ou nécessiter des adaptations majeures. Un professionnel peut vous aider à interpréter correctement ces règles complexes.
Surface de plancher vs emprise au sol : bien comprendre
La surface de plancher et l'emprise au sol sont deux notions différentes mais complémentaires qui déterminent le type d'autorisation nécessaire pour votre extension. Il est crucial de bien les comprendre pour éviter les erreurs.
Qu'est-ce que la surface de plancher ?
Définition officielle :
La surface de plancher est la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, calculée à partir du nu intérieur des façades, dont la hauteur sous plafond est supérieure à 1,80 m.
Ce qui compte dans la surface de plancher :
Toutes les pièces closes et couvertes avec hauteur > 1,80 m
Les chambres, salon, cuisine, couloirs, salle de bains
Les combles aménagés (si hauteur > 1,80 m)
Les vérandas fermées et chauffées
Les sous-sols aménagés (bureau, salle de jeux, etc.)
Ce qui ne compte PAS (déductions possibles) :
Les surfaces de stationnement couvert (garage, carport)
Les combles non aménageables (hauteur < 1,80 m)
Les locaux techniques (chaufferie, local poubelles)
Les caves et celliers non aménagés
Les terrasses non couvertes ou en plein air
Les espaces sous hauteur inférieure à 1,80 m
Qu'est-ce que l'emprise au sol ?
Définition officielle :
L'emprise au sol est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. C'est en quelque sorte "l'ombre portée" de votre construction au sol.
Ce qui compte dans l'emprise au sol :
L'ensemble du bâtiment mesuré au nu extérieur des murs
Les débords de toiture > 60 cm
Les balcons et terrasses couverts
Les vérandas (même non chauffées)
Les auvents, pergolas couvertes
Les piscines couvertes
Ce qui ne compte généralement PAS :
Les débords de toit < 60 cm
Les terrasses de plain-pied non couvertes
Les marches d'escalier extérieur
Les rampes d'accès PMR
Quelle différence concrète entre les deux ?
Exemple 1 : Extension simple de plain-pied
Vous créez une extension de 25 m² avec des murs de 20 cm d'épaisseur et un débord de toit de 40 cm.
Surface de plancher : 25 m² (mesuré au nu intérieur des murs)
Emprise au sol : ~26 m² (nu extérieur des murs, mais débord < 60 cm donc non compté)
→ Les deux surfaces sont quasi identiques
Exemple 2 : Véranda avec débord important
Vous créez une véranda de 18 m² (intérieur) avec un débord de toit de 80 cm sur tout le périmètre.
Surface de plancher : 18 m²
Emprise au sol : ~22 m² (débord > 60 cm compté)
→ L'emprise au sol est supérieure à la surface de plancher
Exemple 3 : Extension avec garage intégré
Vous créez une extension de 40 m² dont 15 m² de garage et 25 m² de pièce à vivre.
Surface de plancher : 25 m² (garage déduit car stationnement)
Emprise au sol : 40 m² (tout est compté)
→ L'emprise au sol est supérieure à la surface de plancher
Quelle surface compte pour l'autorisation ?
Règle d'or : C'est la surface LA PLUS IMPORTANTE des deux (surface de plancher OU emprise au sol) qui détermine l'autorisation nécessaire.
Exemples :
Surface de plancher 18 m² + emprise au sol 22 m² → La plus importante = 22 m² → Déclaration préalable (si en zone PLU, seuil 40 m²)
Surface de plancher 25 m² + emprise au sol 40 m² → La plus importante = 40 m² → Déclaration préalable en zone PLU, permis ailleurs
Surface de plancher 45 m² + emprise au sol 45 m² → Permis de construire obligatoire (dépasse 40 m²)
Comment calculer précisément ?
Pour la surface de plancher :
Mesurez chaque pièce close et couverte au nu intérieur des murs
Ne comptez que les surfaces avec hauteur sous plafond > 1,80 m
Additionnez toutes les surfaces
Déduisez les garages, combles non aménageables, locaux techniques
Pour l'emprise au sol :
Mesurez l'extension au nu extérieur des murs
Ajoutez les débords de toit > 60 cm
Ajoutez balcons, terrasses couvertes, auvents
Le résultat est votre emprise au sol
Conseil pratique : En cas de doute sur le calcul, faites appel à un dessinateur en bâtiment qui maîtrise parfaitement ces notions. Une erreur de calcul peut vous faire déposer le mauvais type de dossier (DP au lieu de PC ou inversement), ce qui entraînera un refus et une perte de temps de plusieurs mois.
Les différents types d'extension
Il existe plusieurs façons d'agrandir votre maison, chacune avec ses avantages, ses contraintes et ses coûts spécifiques. Le choix dépend de votre terrain, de votre budget et de vos besoins.
L'extension horizontale (plain-pied)
C'est le type d'extension le plus courant et le plus simple à réaliser.
Principe :
Agrandissement au sol, sur le côté ou à l'arrière de la maison
Construction de plain-pied avec la maison existante
Création de nouvelles pièces : chambre, bureau, suite parentale, agrandissement cuisine/salon
Avantages :
✅ Techniquement simple et rapide (2 à 4 mois de travaux)
✅ Moins coûteux qu'une surélévation (1500-2000 €/m²)
✅ Pas besoin de renforcer la structure existante
✅ Communication facile avec l'existant (ouverture d'un mur porteur)
Extension à ossature bois : Rapide à monter (quelques semaines), écologique, excellente isolation, esthétique moderne
Extension avec containers : Solution originale et économique, aspect industriel/contemporain
L'extension verticale (surélévation)
Agrandissement en hauteur, au-dessus de la construction existante.
Principe :
Ajout d'un étage complet ou partiel sur la maison
Surélévation de toiture (rehausse de charpente)
Création de combles habitables
Avantages :
✅ Préserve le jardin (pas d'emprise au sol supplémentaire)
✅ Optimise le foncier en zone dense ou petits terrains
✅ Vue en hauteur, lumière naturelle abondante
✅ Valorisation importante du bien immobilier
✅ Solution idéale quand extension horizontale impossible
Inconvénients :
❌ Plus coûteux (2000-2800 €/m²)
❌ Nécessite une étude de structure de la maison (capacité portante des murs et fondations)
❌ Peut nécessiter un renforcement des fondations (surcoût important)
❌ Travaux plus complexes et plus longs (4 à 8 mois)
❌ Nuisances importantes pendant les travaux (poussière, bruit)
❌ Création d'un escalier obligatoire si étage complet
Points de vigilance :
Vérifier la hauteur maximale autorisée par le PLU
Faire réaliser une étude de structure par un bureau d'études
Privilégier l'ossature bois (plus légère que maçonnerie traditionnelle)
Prévoir un accès pour les matériaux (grue, échafaudage)
La véranda
Pièce vitrée attenante à la maison, très lumineuse.
Principe :
Structure légère (aluminium, bois, PVC) avec grandes surfaces vitrées
Toiture vitrée ou en polycarbonate
Communication directe avec la maison (baie vitrée, porte fenêtre)
Avantages :
✅ Très lumineuse, apport de lumière naturelle dans la maison
✅ Moins coûteuse qu'une extension traditionnelle (1000-1500 €/m²)
✅ Montage rapide (1 à 3 semaines)
✅ Peut être démontable (selon modèle)
✅ Idéale pour agrandir un salon, créer une salle à manger
Inconvénients :
❌ Mauvaise isolation thermique (surchauffe en été, froid en hiver)
❌ Nécessite stores/volets pour maîtriser la température
❌ Condensation fréquente en hiver
❌ Entretien régulier (nettoyage des vitres, joints)
❌ Usage limité en mi-saison ou avec chauffage/climatisation
Solutions pour améliorer le confort :
Vitrage à contrôle solaire (limite la surchauffe)
Stores intérieurs ou extérieurs motorisés
Ventilation naturelle (fenêtres de toit ouvrantes)
Chauffage au sol ou radiateurs basse température
L'aménagement de combles
Transformation de combles perdus en espace habitable.
Deux cas de figure :
1. Combles déjà aménageables (hauteur > 1,80 m)
Simple aménagement intérieur : pas d'autorisation si pas de modification extérieure
Si création de fenêtres de toit ou lucarne : déclaration préalable
Coût modéré : 800-1200 €/m²
2. Combles à aménager (modification charpente)
Modification ou rehausse de charpente nécessaire
Considéré comme extension (création de surface de plancher)
Autorisation selon surface créée : DP ou PC
Coût plus élevé : 1500-2000 €/m²
Avantages :
✅ Optimise l'espace existant
✅ Pas d'emprise au sol supplémentaire
✅ Créer chambres d'enfants, bureau, suite parentale
✅ Bonne valorisation du bien
Points de vigilance :
Hauteur sous plafond minimale de 1,80 m nécessaire
Pente de toit suffisante (> 30° idéalement)
Isolation renforcée obligatoire (RT 2012/RE 2020)
Escalier d'accès à créer ou agrandir
Extension avec architecte : quand est-ce obligatoire ?
Le recours à un architecte pour votre extension n'est pas toujours obligatoire, mais il existe un seuil légal à connaître impérativement pour éviter les mauvaises surprises.
La règle des 150 m² de surface de plancher
Principe légal :
Selon l'article R431-2 du Code de l'urbanisme, le recours à un architecte est obligatoire pour toute personne qui dépose un permis de construire si la surface de plancher de la construction APRÈS travaux dépasse 150 m².
Attention : c'est la surface TOTALE qui compte
Surface de plancher de la maison existante
+ Surface de plancher de l'extension
= Surface de plancher totale après travaux
Si ce total dépasse 150 m², l'architecte est obligatoire, quelle que soit la taille de l'extension.
Exemples concrets :
Cas 1 : Architecte NON obligatoire
- Maison existante : 120 m² de surface de plancher
- Extension prévue : 25 m²
- Total après travaux : 145 m²
→ Inférieur à 150 m² : pas d'obligation d'architecte, un dessinateur suffit
Cas 2 : Architecte OBLIGATOIRE
- Maison existante : 135 m² de surface de plancher
- Extension prévue : 20 m²
- Total après travaux : 155 m²
→ Dépasse 150 m² : architecte obligatoire même pour cette petite extension de 20 m²
Cas 3 : Architecte OBLIGATOIRE
- Maison existante : 90 m² de surface de plancher
- Extension prévue : 65 m²
- Total après travaux : 155 m²
→ Dépasse 150 m² : architecte obligatoire
Comment calculer la surface de plancher existante ?
Pour connaître la surface de plancher de votre maison actuelle :
Sources d'information :
Acte notarié de vente : Mentionne souvent la surface habitable (Loi Carrez pour les appartements)
Permis de construire initial : Indique la surface de plancher déclarée
Mesurage sur place : Mesurer au nu intérieur des murs, déduire garage et locaux techniques
Dessinateur professionnel : Peut réaliser un relevé précis de votre maison
Piège fréquent : Ne confondez pas surface habitable (Loi Carrez) et surface de plancher. La surface habitable exclut les murs, cloisons, escaliers et gaines. La surface de plancher au sens urbanisme est généralement un peu plus importante. En cas de doute, faites vérifier par un professionnel avant de démarrer votre projet.
Architecte vs Dessinateur : différences de coût
Honoraires d'un architecte :
Généralement 8 à 12% du coût total des travaux HT
Pour une extension de 40 m² à 2000 €/m² = 80 000 € de travaux
Honoraires architecte : 6400 à 9600 €
Prestations complètes : conception, plans, dépôt PC, suivi de chantier
Dessinateur : Si surface totale < 150 m², projet simple ou budget limité. Très bon rapport qualité/prix pour les extensions courantes.
Architecte : Si surface totale > 150 m² (obligatoire), ou projet complexe (modification structure, intégration difficile), ou recherche d'une création architecturale originale.
Stratégies pour rester sous les 150 m²
Si vous êtes proche du seuil, quelques stratégies permettent d'éviter l'obligation d'architecte :
1. Réduire légèrement la surface de l'extension
Passer de 25 m² à 22 m² peut suffire à rester sous les 150 m²
Optimiser l'agencement intérieur pour conserver la fonctionnalité
2. Intégrer un garage ou local technique
Les surfaces de stationnement ne comptent pas dans la surface de plancher
Créer 30 m² dont 10 m² de garage = seulement 20 m² de surface de plancher
3. Réaliser l'extension en deux phases
Phase 1 : extension de 20 m² pour rester sous 150 m²
Phase 2 : nouvelle extension ultérieure si besoin (mais attention, le total comptera)
Attention aux contournements : Déposer deux permis successifs pour le même projet dans le but d'éviter l'architecte peut être considéré comme une fraude et entraîner l'annulation des autorisations. La mairie peut requalifier les projets. Soyez transparent sur vos intentions.
Le dossier de déclaration préalable pour extension
Si votre extension fait entre 5 et 20 m² (ou 40 m² en zone PLU), vous devez déposer une déclaration préalable de travaux. Voici comment constituer un dossier complet.
Le formulaire Cerfa à utiliser
Formulaire officiel : Cerfa n°13703*10 (déclaration préalable pour une maison individuelle)
Informations à renseigner :
Identité du demandeur (propriétaire)
Localisation du terrain (adresse, références cadastrales)
Nature des travaux (extension de maison existante)
Surface de plancher créée
Emprise au sol créée
Surface totale après travaux
Les pièces obligatoires à fournir
DP1 : Plan de situation du terrain
Localisation du terrain sur la commune
Échelle adaptée (1/5000 ou 1/10000)
Permet à la mairie de connaître les règles d'urbanisme applicables
DP2 : Plan de masse des constructions
Vue du dessus du terrain avec cotations
Implantation de la maison existante et de l'extension
Distances par rapport aux limites de propriété
Raccordements aux réseaux
Échelle 1/200 ou 1/500
DP3 : Plan en coupe du terrain et de la construction
Coupe verticale montrant le profil du terrain
Hauteur de la construction existante et de l'extension
Permet de vérifier le respect des hauteurs maximales
DP4 : Notice décrivant le projet
Description du terrain dans son état actuel
Présentation du projet d'extension
Justification de la conformité aux règles du PLU
Description des matériaux et couleurs utilisés
DP5 : Plan des façades et des toitures
Élévation de toutes les façades (état existant et état projeté)
Représentation des matériaux, couleurs, ouvertures
Permet de vérifier l'aspect extérieur et l'intégration
DP6 : Document graphique (insertion)
Photo du terrain dans son environnement proche
Photomontage ou croquis de l'extension dans son contexte
Permet d'apprécier l'impact visuel du projet
DP7 : Photographie en environnement lointain
Photo situant le terrain dans le paysage lointain
Obligatoire si le projet est situé en secteur protégé
Dépôt et instruction du dossier
Où déposer ?
En mairie en 2 exemplaires (+ 1 exemplaire supplémentaire si secteur protégé)
Par courrier recommandé avec AR
En ligne via certaines plateformes municipales
Délais d'instruction :
1 mois pour une déclaration préalable classique
2 mois si le projet est situé en secteur protégé (périmètre monument historique, site patrimonial remarquable)
Le délai court à partir de la date de dépôt du dossier complet
Issues possibles :
Accord tacite : Absence de réponse = accord (conserver le récépissé prouvant le dépôt)
Accord exprès : Courrier de la mairie accordant la DP
Demande de pièces : Vous avez 3 mois pour compléter, sinon rejet
Refus : Motivé par non-conformité au PLU, possibilité de recours
Conseil : Même si vous obtenez un accord tacite (pas de réponse), demandez un certificat de non-opposition en mairie. Ce document officiel prouve que votre DP a été acceptée et sécurise votre projet juridiquement.
Le dossier de permis de construire pour extension
Si votre extension dépasse 20 m² (ou 40 m² en zone PLU), ou si la surface totale après travaux dépasse 150 m², vous devez déposer un permis de construire. Le dossier est plus complet qu'une simple déclaration préalable.
Le formulaire Cerfa à utiliser
Formulaire officiel : Cerfa n°13406*10 (permis de construire pour une maison individuelle et/ou ses annexes)
Informations supplémentaires par rapport à la DP :
Recours à un architecte (oui/non)
Détail des surfaces de plancher (existante, créée, totale)
Détail de l'emprise au sol (existante, créée, totale)
Nombre de niveaux de la construction
Les pièces obligatoires à fournir
Le dossier de PC comprend toutes les pièces de la DP, plus des documents complémentaires :
PC1 à PC7 : Mêmes pièces que DP1 à DP7
Plan de situation, plan de masse, coupe, notice, façades, insertions
PC8 : Document attestant la conformité aux règles d'accessibilité PMR
Si création d'une pièce accessible au public (rare pour extension maison individuelle)
Sinon, cocher "non concerné" sur le formulaire
PC9 : Plan des façades et toitures (plus détaillé qu'en DP)
Cotations précises
Matériaux détaillés
Couleurs RAL ou pantone
PC10 : Plan de masse coté dans les trois dimensions
Hauteurs absolues (NGF) ou relatives
Nivellement du terrain
PCMI14 : Plan en coupe (équivalent DP3 mais plus détaillé)
Pièces complémentaires selon le projet :
Attestation RE 2020 : Si surface totale > 50 m² (étude thermique)
Étude de sol : Si construction en zone sismique ou argileuse
Avis ABF : Si projet en secteur protégé (fourni par la mairie après consultation)
Dépôt et instruction du permis de construire
Nombre d'exemplaires :
4 exemplaires en général
5 exemplaires si secteur protégé (ABF)
6 exemplaires si zone de montagne
Délais d'instruction :
2 mois pour une maison individuelle et son extension
3 mois si secteur protégé nécessitant l'avis de l'ABF
Majorations possibles si consultations supplémentaires nécessaires
Suivi du dossier :
La mairie vous envoie un récépissé avec numéro de dossier et date limite d'instruction
Possibilité de consulter l'avancement en mairie ou en ligne
La mairie peut demander des pièces complémentaires (délai suspendu)
Après l'obtention du permis
Affichage obligatoire sur le terrain :
Panneau rectangulaire > 80 cm visible depuis la voie publique
Mentions obligatoires : bénéficiaire, nature du projet, surfaces, date du permis, droits de recours
Affichage continu pendant toute la durée des travaux (minimum 2 mois)
Délai de recours des tiers :
2 mois à compter du premier jour d'affichage sur le terrain
Pendant ce délai, les voisins peuvent contester le permis
Recommandation : attendre l'expiration de ce délai avant de démarrer les travaux
Pour plus de détails, consultez notre article sur les recours des tiers
Validité du permis :
Le permis est valable 3 ans
Les travaux doivent être commencés dans les 3 ans suivant l'obtention
Une fois commencés, les travaux ne doivent pas être interrompus plus d'1 an
Possibilité de demander une prorogation de 1 an avant expiration
Déclaration d'ouverture de chantier (DOC) : Dès le démarrage des travaux, vous devez envoyer une déclaration d'ouverture de chantier en mairie (formulaire Cerfa). C'est une obligation légale souvent oubliée. À la fin des travaux, pensez également à la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux (DAACT).
Combien coûte une extension de maison en 2026 ?
Le budget d'une extension varie considérablement selon le type de construction, les matériaux, les finitions et la complexité du projet. Voici un panorama complet des coûts à prévoir.
Raccordements réseaux : 1000 à 3000 € (électricité, eau, chauffage)
Déplacement radiateurs/prises : 500 à 1500 €
Aménagement extérieur : 2000 à 5000 € (terrasse, enrobé, plantations)
Mobilier et décoration : 3000 à 10000 € selon pièces
Assurance dommages-ouvrage : 2 à 3% du coût travaux (optionnelle mais recommandée)
Budget réaliste : Prévoyez toujours 10 à 15% de budget supplémentaire pour les imprévus (modification en cours de chantier, surcoûts matériaux, finitions non prévues). Un projet d'extension coûte souvent 10% plus cher que le devis initial.
Aides financières possibles
Pour l'extension elle-même :
Prêt travaux : Prêt personnel bancaire classique
Prêt immobilier travaux : Intégré à un crédit immobilier existant
Éco-PTZ : Si travaux d'amélioration énergétique globale (rare pour simple extension)
Pour l'isolation/performance énergétique :
MaPrimeRénov' : Si extension avec isolation performante
CEE (Certificats d'Économie d'Énergie) : Prime énergie pour isolation
TVA à 5,5% : Sur travaux d'amélioration énergétique (isolation, chauffage)
Bon à savoir : La TVA sur les travaux d'extension est généralement à 20%, mais peut être à 10% si la maison a plus de 2 ans et que l'extension ne dépasse pas 10% de la surface existante (cas rare). Vérifiez avec votre entrepreneur.
Les 10 erreurs à éviter absolument
Voici les erreurs les plus fréquentes que je constate dans les projets d'extension, et qui peuvent coûter cher en temps, en argent et en stress.
Erreur n°1 : Ne pas vérifier le PLU avant de concevoir le projet
Beaucoup de particuliers conçoivent leur extension idéale avant de vérifier si elle est réglementairement possible.
Conséquence :
Extension non conforme aux reculs, hauteurs ou emprise maximale
Refus de la demande d'autorisation
Obligation de tout revoir : perte de temps et d'argent en frais de conception
Ce que ça vous évite : Refus d'autorisation (perte de 3-6 mois), projet non conforme (perte totale), erreurs coûteuses (5000 à 20000 €)
ROI de l'accompagnement professionnel : Investir 2000 € dans un dessinateur qui optimise votre projet et évite les erreurs vous fait économiser 10000 à 50000 € sur la durée du projet. C'est un des meilleurs investissements que vous puissiez faire.
Conseil n°5 : Planifiez les travaux intelligemment
Calendrier optimal :
Automne/Hiver : Conception du projet, dépôt du dossier
Conclusion : anticipez et faites-vous accompagner pour réussir
L'extension de maison est une solution idéale pour gagner de l'espace habitable sans déménager, tout en valorisant votre bien immobilier. Mais c'est aussi un projet complexe qui nécessite une bonne préparation et une parfaite maîtrise des règles d'urbanisme.
Les points clés à retenir :
Vérifiez d'abord le PLU pour connaître les règles applicables à votre terrain (emprise, hauteur, reculs)
Comprenez les seuils : 5 m², 20 m², 40 m² (zone PLU), 150 m² (architecte obligatoire)
Calculez correctement surface de plancher ET emprise au sol (la plus importante détermine l'autorisation)
Choisissez le type d'extension adapté à votre terrain, budget et besoin (horizontale, verticale, véranda)
Anticipez le budget complet : construction + démarches + raccordements + aménagement + 15% d'imprévus
Soignez l'intégration architecturale avec l'existant pour obtenir l'autorisation et valoriser le bien
Dialoguez avec les voisins avant le dépôt pour prévenir 70% des recours potentiels
Attendez l'expiration du délai de recours (2 mois) avant de démarrer les travaux
Ne négligez pas l'isolation : économies sur 20 ans et confort au quotidien
Faites-vous accompagner par un professionnel : investissement de 2000 € qui évite 10000 à 50000 € d'erreurs
Une extension bien conçue et bien réalisée améliore significativement votre qualité de vie au quotidien, tout en constituant un excellent investissement immobilier avec une valorisation de 80 à 120% du coût des travaux. Mais pour réussir votre projet, il est essentiel de respecter scrupuleusement les règles d'urbanisme, de prévoir un budget réaliste, et de vous faire accompagner par un professionnel qui sécurisera votre démarche de A à Z.
N'oubliez pas : un projet d'extension mal préparé peut se transformer en cauchemar administratif et financier. À l'inverse, un projet bien anticipé, avec l'accompagnement d'un dessinateur compétent, se déroule sereinement et vous permet de profiter rapidement de vos nouveaux espaces de vie.
Vous envisagez une extension de maison ?
Je vous accompagne de A à Z dans votre projet d'extension : étude de faisabilité, vérification des règles du PLU, conception optimisée, plans complets et constitution du dossier administratif (déclaration préalable ou permis de construire). Mon expertise vous garantit un projet conforme, optimisé et sécurisé, pour que votre extension se réalise sereinement.