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Travaux de rénovation dans un appartement en copropriété avec démolition de cloison et modification de façade
Travaux dans un Appartement en Copropriété : Autorisation Mairie et Accord AG
11/05/2026
Temps de lecture :
11 minutes

Travaux dans un Appartement en Copropriété : Autorisation Mairie et Accord AG

Vous êtes copropriétaire et vous souhaitez rénover votre appartement : abattre des cloisons pour ouvrir le séjour sur la cuisine, créer une mezzanine pour gagner de la surface, percer une nouvelle fenêtre dans une chambre sombre, poser une climatisation, transformer un grand appartement en deux logements distincts, ou installer un insert de cheminée. Ces projets sont fréquents et légitimes, mais en copropriété, ils s'inscrivent dans un cadre juridique à double niveau que beaucoup de propriétaires ne maîtrisent pas complètement. Car dans une copropriété, deux types d'autorisations peuvent être requis, de façon cumulative ou alternative selon les travaux : d'une part, une autorisation d'urbanisme délivrée par la mairie (déclaration préalable ou permis de construire) lorsque les travaux modifient l'aspect extérieur de l'immeuble ou créent de la surface de plancher ; d'autre part, une autorisation de l'assemblée générale (AG) lorsque les travaux touchent aux parties communes. Ces deux autorisations sont totalement indépendantes l'une de l'autre, mais toutes deux indispensables quand elles s'appliquent. Dans ce guide complet, je vous explique quelle autorisation est requise pour chaque type de travaux courants dans un appartement, avec des cas pratiques détaillés pour chaque situation.

Les deux niveaux d'autorisation en copropriété

Avant d'aborder les cas pratiques, il est essentiel de comprendre que les travaux en copropriété s'inscrivent dans deux systèmes juridiques distincts qui s'appliquent simultanément et indépendamment l'un de l'autre. Confondre ces deux niveaux — ou croire qu'un accord de l'un dispense de l'autre — est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse des copropriétaires.

Le droit de l'urbanisme : la mairie délivre l'autorisation

Le Code de l'urbanisme s'applique à toutes les constructions et modifications sur le territoire de la commune, qu'il s'agisse d'une maison individuelle ou d'un appartement en copropriété. La mairie délivre les autorisations d'urbanisme (déclaration préalable, permis de construire) sur la base des règles du PLU et du Code de l'urbanisme — sans tenir compte de l'accord ou du refus de la copropriété. Le fait que l'AG ait validé un projet ne garantit pas que la mairie l'autorisera, et inversement.

Le droit de la copropriété : l'AG donne l'accord

La loi du 10 juillet 1965 régit la copropriété. Elle encadre les droits et obligations des copropriétaires vis-à-vis de la collectivité des copropriétaires. Dès lors que des travaux touchent aux parties communes — même depuis l'intérieur d'un appartement privatif — l'accord préalable de l'assemblée générale est nécessaire. Cet accord est indépendant des autorisations d'urbanisme : obtenir l'accord de l'AG ne dispense pas de la déclaration préalable si elle est requise, et obtenir la déclaration préalable ne dispense pas de l'accord de l'AG.

Les quatre situations possibles :

Travaux ne touchant ni les parties communes ni l'aspect extérieur, ne créant pas de SP :
→ Ni autorisation mairie, ni accord AG ✅

Travaux modifiant l'aspect extérieur ou créant de la SP, mais ne touchant pas aux parties communes :
→ Autorisation mairie requise + pas d'accord AG ⚠️

Travaux touchant aux parties communes mais sans modification extérieure ni SP créée :
→ Accord AG requis + pas d'autorisation mairie ⚠️

Travaux touchant aux parties communes ET modifiant l'extérieur ou créant de la SP :
→ Autorisation mairie ET accord AG, tous deux requis ⚠️⚠️

Parties communes et parties privatives : la distinction fondamentale

La distinction entre parties communes et parties privatives est la clé de tout le droit de la copropriété. C'est elle qui détermine si l'accord de l'AG est nécessaire pour vos travaux. Cette distinction peut parfois sembler contre-intuitive — notamment pour les éléments structurels situés à l'intérieur d'un appartement.

Les parties communes (définition légale)

L'article 3 de la loi du 10 juillet 1965 définit les parties communes comme étant affectées à l'usage ou à l'utilité de tous les copropriétaires. Sont parties communes par défaut :

  • Le gros œuvre du bâtiment : fondations, murs porteurs (y compris ceux à l'intérieur des appartements), planchers porteurs entre deux appartements, toiture, charpente
  • Les façades : murs extérieurs, balcons, loggias, terrasses en toiture. La façade est une partie commune même si elle est adjacente à votre appartement ou à votre terrasse privative
  • Les équipements communs : colonnes montantes d'eau froide et chaude, colonnes d'évacuation, colonnes électriques, gaines techniques communes, ascenseurs, digicode, interphone
  • Les espaces collectifs : hall d'entrée, escaliers, couloirs, caves communes, parking commun, jardin commun
  • Les éléments d'équipement liés au gros œuvre : canalisations encastrées dans les murs porteurs, conduits de cheminée collectifs

Les parties privatives

Les parties privatives sont les espaces réservés à l'usage exclusif d'un copropriétaire et dont il a la propriété exclusive. Dans un appartement, sont privatives :

  • Les cloisons de distribution intérieures (murs non porteurs séparant les pièces à l'intérieur d'un même appartement)
  • Les revêtements de sol et de mur (carrelage, parquet, peinture)
  • Les menuiseries intérieures (portes intérieures, placards)
  • Les équipements électriques, sanitaires et de chauffage desservant exclusivement l'appartement (tableau électrique privatif, radiateurs, robinets, baignoire)
  • Les plafonds et leurs revêtements (le revêtement du plafond est privatif, mais le plancher structurel au-dessus est une partie commune)

Les parties à usage privatif mais propriété commune

Certains éléments sont d'un usage privatif mais appartiennent à la collectivité des copropriétaires. C'est notamment le cas des balcons, terrasses et loggias : vous en avez l'usage exclusif, mais la structure (dalle, garde-corps) est une partie commune dont la modification nécessite l'accord de l'AG.

Le cas délicat des murs porteurs : Un mur porteur situé à l'intérieur de votre appartement est une partie commune de l'immeuble — même s'il est entièrement dans votre espace privatif. Le percer, l'abattre partiellement ou y créer une ouverture nécessite donc l'accord de l'AG, en plus d'une éventuelle autorisation d'urbanisme si des modifications extérieures l'accompagnent. C'est le point le plus souvent ignoré des copropriétaires qui lancent des travaux sans vérification préalable. Avant tout abattage de mur, faites réaliser une étude par un bureau d'études structure pour confirmer si le mur est porteur ou non.

Quand faut-il une autorisation de la mairie ?

Pour un appartement en copropriété comme pour toute autre construction, le Code de l'urbanisme s'applique dès lors que les travaux répondent à l'un des trois critères suivants : modification de l'aspect extérieur de l'immeuble, création de surface de plancher, ou modification des structures porteuses.

Critère 1 : modification de l'aspect extérieur

Tout travaux modifiant l'apparence extérieure de l'immeuble nécessite une déclaration préalable. Dans un appartement, sont concernés :

  • La création d'une nouvelle fenêtre ou baie vitrée en façade
  • L'agrandissement ou la modification d'une fenêtre existante (dimensions, matériau, couleur)
  • La pose d'une unité extérieure de climatisation visible depuis la voie publique
  • La pose d'une VMC avec grille d'extraction visible en façade
  • La pose de volets ou de stores extérieurs différents des existants dans l'immeuble
  • La création d'une lucarne ou d'une fenêtre de toit (dans un appartement en dernier étage sous combles)
  • La modification du garde-corps d'un balcon ou d'une loggia (matériau, couleur, forme différents)

Critère 2 : création de surface de plancher

Si les travaux créent de la surface de plancher supplémentaire, une autorisation d'urbanisme est requise. Dans un appartement, cela concerne principalement :

  • La création d'une mezzanine habitable (hauteur sous plafond au-dessus de 1,80 m) : déclaration préalable entre 5 et 40 m² de SP créée. Voir notre article dédié à la mezzanine et ses autorisations
  • La transformation d'un espace non habitable en surface habitable (combles, cave, remise) si cela crée de la SP
  • La création d'un logement supplémentaire par division (toujours permis de construire)

Critère 3 : modification des structures porteuses

Tout travaux modifiant les éléments porteurs du bâtiment déclenche l'obligation de permis de construire, quelle que soit la surface créée :

  • Percement d'un mur porteur pour créer une ouverture
  • Abattage partiel ou total d'un mur porteur
  • Percement du plancher porteur pour créer un escalier intérieur (transformation d'un appartement en duplex)

Quand faut-il l'accord de l'assemblée générale ?

L'accord de l'assemblée générale (AG) est nécessaire dès lors que des travaux touchent aux parties communes — même si ces travaux sont réalisés depuis l'intérieur d'un appartement privatif. C'est la loi du 10 juillet 1965, et non le Code de l'urbanisme, qui régit cette obligation.

Les travaux nécessitant l'accord de l'AG (article 25)

L'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que l'AG vote à la majorité de tous les copropriétaires (présents, représentés et absents) pour autoriser les travaux affectant les parties communes réalisés par un copropriétaire à ses frais. Sont concernés dans un appartement :

  • Tout percement ou modification d'un mur porteur : même à l'intérieur d'un appartement privatif, le mur porteur est une partie commune. Ouvrir un passage, créer une porte, abattre partiellement — accord AG obligatoire
  • Toute modification de façade : nouvelle fenêtre, agrandissement de baie, pose de volets extérieurs, installation d'un appareil de climatisation en façade, création d'une ouverture en toiture
  • Percement du plancher pour un escalier intérieur : la dalle entre deux appartements (ou entre deux niveaux d'un duplex) est une partie commune — son percement nécessite l'accord AG
  • Modification des réseaux communs : déplacement d'une colonne montante, raccordement sur un réseau collectif (colonnes d'évacuation, colonnes d'alimentation), modification des gaines techniques communes
  • Travaux sur les balcons, terrasses et loggias : la structure des balcons et terrasses est une partie commune. Tout travaux sur le revêtement, le garde-corps, ou la structure elle-même nécessite l'accord AG. Voir notre article sur le balcon et terrasse en étage

La procédure pour demander l'accord de l'AG

Pour soumettre votre projet à l'AG, la démarche est la suivante :

  • Adressez une lettre recommandée au syndic demandant l'inscription de votre projet à l'ordre du jour de la prochaine AG. Cette lettre doit être reçue suffisamment tôt avant la date de l'AG (généralement 6 semaines avant la convocation)
  • Joignez à votre courrier un descriptif précis des travaux projetés, des plans et devis si disponibles, et une note explicative sur l'impact sur les parties communes
  • Le syndic inscrit le projet à l'ordre du jour et convoque les copropriétaires
  • Le vote s'effectue lors de l'AG à la majorité applicable (article 25 pour les travaux sur parties communes)
  • Si le vote est favorable, vous disposez d'une autorisation formelle que vous conservez précieusement — elle peut vous être demandée par la mairie lors du dépôt d'une déclaration préalable

Ce qui ne nécessite pas l'accord de l'AG

Les travaux réalisés entièrement dans les parties privatives, sans toucher aux parties communes, relèvent de la seule décision du copropriétaire :

  • Abattage d'une cloison légère non porteuse
  • Réfection des revêtements de sol et de mur
  • Remplacement des menuiseries intérieures
  • Rénovation de la salle de bain ou de la cuisine sans modification des réseaux communs
  • Création d'une mezzanine sans percement du plancher porteur et sans modification de façade
  • Réfection des peintures intérieures
Lisez toujours votre règlement de copropriété : Le règlement de copropriété peut prévoir des dispositions plus restrictives que la loi du 10 juillet 1965. Certains règlements imposent une déclaration préalable au syndic pour tout travaux significatifs dans les parties privatives, même sans toucher aux parties communes. D'autres interdisent certains types de travaux (modification de la configuration des pièces, changement d'usage, installation de certains équipements). Avant tout projet de rénovation, lisez attentivement votre règlement — c'est lui qui définit les règles spécifiques à votre copropriété, en complément de la loi.
Assemblée générale de copropriété votant l'autorisation de travaux sur parties communes

L'accord de l'assemblée générale est nécessaire pour tout travaux touchant aux parties communes : murs porteurs, façades, planchers structurels, colonnes montantes. Il se vote à la majorité de l'article 25 (majorité de tous les copropriétaires). Cet accord est indépendant de l'autorisation d'urbanisme de la mairie — les deux sont obligatoires quand ils s'appliquent.

Abattage de cloisons et murs porteurs

L'abattage de cloisons pour ouvrir un espace est l'un des travaux les plus fréquents dans les appartements. Le régime applicable dépend entièrement de la nature de la cloison : est-elle porteuse ou non ?

Abattage d'une cloison légère non porteuse

Une cloison légère (plâtre, carreaux de plâtre, plaques de plâtre sur ossature) est une cloison de distribution qui ne participe pas à la stabilité de l'immeuble. Son abattage est un aménagement privatif qui ne nécessite :

  • Ni autorisation de la mairie (aucune modification extérieure, aucune SP créée)
  • Ni accord de l'AG (cloison légère = partie privative)
  • ✅ Travaux librement réalisables sous réserve de confirmation préalable par un professionnel que la cloison n'est effectivement pas porteuse

Abattage ou percement d'un mur porteur

Un mur porteur (en béton armé, en parpaing structurel ou en brique épaisse) participe à la stabilité de l'immeuble. C'est une partie commune, même s'il est entièrement à l'intérieur de votre appartement. Son abattage ou son percement nécessite :

  • Accord de l'AG obligatoire : vote à la majorité de l'article 25
  • Étude de structure obligatoire : un bureau d'études structure doit calculer la reprise de charges et dimensionner le linteau ou la poutre IPN de substitution. Cette étude est exigée par le syndic et protège la structure de l'immeuble
  • Autorisation de la mairie : le percement d'un mur porteur modifie les éléments porteurs du bâtiment → déclaration préalable ou permis de construire selon la nature et l'ampleur des travaux
  • ❌ Un mur porteur ne doit jamais être abattu sans étude de structure préalable — les conséquences peuvent être dramatiques pour la stabilité de l'immeuble entier

Comment distinguer un mur porteur d'une cloison légère

Plusieurs indices permettent d'identifier un mur porteur :

  • L'épaisseur : les murs porteurs sont généralement épais de 15 à 25 cm (béton armé, parpaings structurels). Les cloisons légères ont une épaisseur de 5 à 10 cm
  • La continuité verticale : un mur porteur se retrouve généralement au même emplacement à tous les étages de l'immeuble
  • La perpendiculaire aux poutrelles : dans un plancher à poutrelles et hourdis, les murs porteurs sont perpendiculaires aux poutrelles de plancher
  • La présence d'acier : un mur en béton armé contient des armatures métalliques détectables avec un détecteur de métaux
  • En cas de doute, faites intervenir un ingénieur structure ou un architecte — c'est la seule façon d'avoir une certitude

Fenêtres, baies vitrées et ouvertures en façade

Créer ou modifier une ouverture en façade est l'un des projets qui mobilise le plus fréquemment les deux niveaux d'autorisation. La façade est une partie commune, et toute modification extérieure déclenche l'obligation de déclaration préalable.

Création d'une nouvelle fenêtre ou baie vitrée

  • Accord AG obligatoire : la façade est une partie commune. Créer une ouverture dans la façade modifie une partie commune. Vote à la majorité de l'article 25
  • Déclaration préalable obligatoire : modification de l'aspect extérieur du bâtiment. En secteur protégé (ABF), délai d'instruction de 2 mois au lieu d'1 mois
  • Le percement du mur porteur associé à la création de la fenêtre nécessite également une étude de structure pour dimensionner le linteau

Remplacement de fenêtres existantes

  • Remplacement à l'identique : même matériau, même couleur, mêmes dimensions. En zone ordinaire, aucune autorisation requise en principe. En secteur protégé, déclaration préalable avec avis ABF
  • Remplacement avec modification : changement de matériau (bois → PVC ou aluminium), changement de couleur, agrandissement des dimensions. Déclaration préalable requise et accord AG si le règlement de copropriété encadre l'uniformité des façades. Vérifiez les stipulations de votre règlement de copropriété sur l'harmonisation des façades
  • Consultez notre article sur la création d'ouverture en façade et ses autorisations

Fenêtres de toit dans un appartement sous combles

  • La toiture est une partie commune → accord AG obligatoire
  • Modification de l'aspect extérieur du bâtiment → déclaration préalable obligatoire
  • En secteur protégé, l'ABF examine le type, le positionnement et les dimensions du Velux ou de la lucarne. Consultez notre article sur les fenêtres de toit et leurs autorisations

Mezzanine dans un appartement

La création d'une mezzanine dans un appartement à double hauteur ou à grande hauteur sous plafond est l'un des aménagements les plus recherchés pour gagner de la surface habitable. C'est aussi l'un des cas où les deux niveaux d'autorisation peuvent s'appliquer, selon la configuration exacte du projet.

Mezzanine sans toucher aux parties communes et sans modification extérieure

C'est la configuration la plus simple. La mezzanine est créée entièrement dans le volume privatif, sans percement du plancher béton (partie commune), sans modification de façade :

  • Structure légère suspendue à la charpente ou reposant sur des poteaux posés sur le plancher existant sans percement
  • Éclairage assuré par les fenêtres existantes
  • Autorisation de la mairie : déclaration préalable si la mezzanine crée de la SP (hauteur au-dessus supérieure à 1,80 m) ≥ 5 m². Aucune formalité si hauteur ≤ 1,80 m
  • Accord AG : pas nécessaire si aucune partie commune n'est touchée
  • Consultez notre article complet sur la mezzanine et ses autorisations

Mezzanine nécessitant un percement du plancher

Si la mezzanine est accessible depuis un niveau inférieur via un escalier qui perce le plancher béton (transformation d'un appartement de plain-pied en duplex), la situation est différente :

  • Le plancher béton entre deux appartements (ou entre deux niveaux d'une même unité structurelle) est une partie commune
  • Accord AG obligatoire pour le percement du plancher structurel
  • Étude de structure obligatoire pour dimensionner la trémie et les renforts nécessaires
  • Permis de construire obligatoire car modification d'un élément porteur du bâtiment

Mezzanine nécessitant une nouvelle fenêtre pour l'éclairage

  • Si les fenêtres existantes sont insuffisantes et qu'une nouvelle ouverture en façade est nécessaire : déclaration préalable obligatoire + accord AG (façade = partie commune)
  • Si un Velux est créé en toiture pour éclairer la mezzanine : déclaration préalable obligatoire + accord AG (toiture = partie commune)

Climatisation, VMC, cheminée et autres équipements

Les installations d'équipements techniques dans un appartement génèrent souvent des questions sur les autorisations requises. Voici les cas les plus fréquents.

Climatisation (split) avec unité extérieure

  • Unité extérieure posée en façade ou en toiture : la façade et la toiture sont des parties communes. Accord AG obligatoire pour la fixation sur façade ou toiture. Déclaration préalable si l'unité est visible depuis la voie publique
  • Unité extérieure posée sur une terrasse privative : la terrasse est en usage privatif mais la dalle est une partie commune. Vérifiez votre règlement de copropriété. Autorisation d'urbanisme si visible depuis la voie publique
  • Unité extérieure en terrasse non visible depuis la rue : généralement pas d'autorisation d'urbanisme en zone ordinaire. Mais accord AG peut être requis selon le règlement de copropriété
  • Consultez notre article sur la pompe à chaleur et climatisation — autorisation d'urbanisme

VMC (ventilation mécanique contrôlée)

  • VMC simple flux raccordée sur une gaine existante : si la gaine de ventilation est déjà en place, le raccordement est un travaux privatif. Pas d'autorisation requise en principe
  • VMC simple flux avec création d'une grille en façade : modification de façade → déclaration préalable. Percement d'un mur de façade (partie commune) → accord AG
  • VMC double flux avec entrée/sortie en toiture ou façade : déclaration préalable + accord AG selon le positionnement des bouches

Insert de cheminée ou poêle à bois

  • Raccordement sur un conduit de cheminée existant : le conduit de cheminée collectif est une partie commune. La modification ou le raccordement sur un conduit collectif nécessite l'accord AG
  • Création d'un conduit indépendant traversant la façade : déclaration préalable (modification de façade) + accord AG (façade = partie commune)
  • Consultez notre article sur le poêle à bois, insert cheminée et leurs autorisations

Borne de recharge électrique dans un parking privatif

  • La loi du 10 novembre 2019 (loi LOM) accorde aux copropriétaires un "droit à la prise" pour installer une borne de recharge sur leur place de parking privatif
  • Ce droit est encadré : vous devez notifier le syndic de votre intention d'installer une borne, qui dispose de 3 mois pour s'y opposer pour des motifs sérieux
  • Si le tableau électrique commun doit être modifié : accord AG requis. Pour tout savoir, consultez notre article sur la borne de recharge et ses autorisations
Appartement en copropriété avec mezzanine créée et nouvelle fenêtre en façade nécessitant accord AG et déclaration préalable

La création d'une mezzanine dans un appartement peut nécessiter à la fois une déclaration préalable en mairie (si elle crée de la surface de plancher) et l'accord de l'AG (si une nouvelle ouverture en façade ou un percement du plancher porteur est nécessaire). Les deux autorisations sont indépendantes et toutes deux obligatoires quand elles s'appliquent.

Changement de destination et division d'appartement

Deux projets plus ambitieux méritent un traitement spécifique : le changement de destination d'un appartement (logement → bureau ou commerce) et la division d'un grand appartement en plusieurs logements. Ces projets mobilisent simultanément le droit de l'urbanisme, le droit de la copropriété et parfois le droit fiscal.

Transformer un appartement en local professionnel ou commercial

La transformation d'un logement en bureau, cabinet médical, espace de coworking ou local commercial constitue un changement de destination au sens du Code de l'urbanisme. Il nécessite :

  • Autorisation d'urbanisme : déclaration préalable si aucune modification structurelle ni de façade n'accompagne le changement ; permis de construire si des travaux sur la structure ou les façades sont réalisés. Consultez notre article sur le changement de destination
  • Accord AG obligatoire : si le règlement de copropriété interdit les usages commerciaux ou professionnels, la modification du règlement nécessite un vote à la double majorité (article 26). Si le règlement autorise les usages mixtes (habitation + professionnel), une simple déclaration au syndic peut suffire
  • Vérification du règlement de copropriété : certains règlements prévoient une clause d'habitation bourgeoise exclusive qui interdit tout usage professionnel ou commercial — dans ce cas, le changement est impossible sans modification du règlement

Diviser un grand appartement en deux logements

La division d'un appartement en deux logements distincts est un projet complexe qui mobilise tous les niveaux d'autorisation :

  • Permis de construire obligatoire : la division crée un logement nouveau et modifie les éléments porteurs (création d'une cloison de séparation nécessitant des ancrages dans les planchers, modification des réseaux) → permis de construire systématique. Si la surface totale après division dépasse 150 m², architecte obligatoire
  • Accord AG obligatoire : la division modifie les parties communes (nouveaux raccordements sur les colonnes montantes, création d'une nouvelle entrée en façade, nouvelle boîte aux lettres) → accord AG requis. La création d'un nouveau lot de copropriété nécessite également une modification de l'état descriptif de division et du règlement de copropriété — vote à la double majorité (article 26)
  • Formalités fiscales : chaque nouveau logement créé doit être déclaré via le formulaire H2 dans les 90 jours suivant l'achèvement. Consultez notre article sur la déclaration de construction aux impôts
  • Notaire obligatoire : la création d'un nouveau lot nécessite la modification de l'état descriptif de division par acte notarié, avec approbation de l'AG

Risques en cas de travaux non autorisés

Réaliser des travaux en copropriété sans les autorisations requises — qu'il s'agisse de l'autorisation de la mairie ou de l'accord de l'AG — expose le copropriétaire à des risques sérieux sur plusieurs plans.

Risques vis-à-vis de la copropriété

  • Demande de remise en état aux frais du copropriétaire : le syndicat des copropriétaires peut exiger la suppression des travaux non autorisés et la remise en état à l'identique, aux frais du copropriétaire fautif. Cette demande peut être obtenue en justice
  • Responsabilité civile étendue : si les travaux non autorisés causent un dommage à l'immeuble ou aux autres copropriétaires (fissures, infiltrations, affaissement), le copropriétaire fautif est entièrement responsable des réparations, sans plafond
  • Refus de l'assurance : les dommages causés par des travaux non autorisés peuvent être exclus des garanties de l'assurance multirisque de la copropriété et de l'assurance personnelle du copropriétaire

Risques vis-à-vis de la mairie et du droit de l'urbanisme

  • Sanctions pénales : amende de 1 200 à 300 000 € pour travaux sans autorisation. Astreinte journalière jusqu'à la régularisation ou la démolition
  • Obligation de démolition : le tribunal peut ordonner la remise en état des travaux réalisés sans autorisation. Dans un appartement, cela peut signifier boucher une fenêtre créée illégalement ou déposer une mezzanine non autorisée
  • Pour en savoir plus, consultez notre article sur les travaux sans permis : risques réels et comment régulariser

Risques lors de la vente

  • Le notaire vérifie lors d'une vente la concordance entre l'état réel de l'appartement et les autorisations obtenues (urbanisme + copropriété). Des travaux non autorisés peuvent bloquer la transaction ou forcer une décote significative du prix
  • L'acheteur peut exiger une régularisation préalable à la vente, qui peut être impossible si le projet ne respecte pas le PLU en vigueur
  • Le vendeur peut être poursuivi après la vente pour manquement à l'obligation d'information ou pour vice caché si des travaux non conformes ont causé des désordres
La régularisation est possible dans de nombreux cas : Si vous avez réalisé des travaux sans les autorisations requises, il n'est pas trop tard pour régulariser dans la plupart des cas. Pour la mairie, déposez a posteriori la déclaration préalable ou le permis de construire correspondant à vos travaux. Pour la copropriété, demandez l'inscription d'un point à l'ordre du jour de l'AG pour une régularisation rétroactive. La régularisation est possible si les travaux sont conformes au PLU et aux dispositions du règlement de copropriété. En cas de non-conformité, une remise en état peut être inévitable.

Tableau récapitulatif : quel régime pour chaque type de travaux ?

Pour synthétiser l'ensemble des règles présentées dans cet article, voici un récapitulatif des principales situations rencontrées dans un appartement en copropriété, avec le régime applicable pour chacune.

Travaux purement intérieurs sans modification extérieure :

Abattage cloison légère (non porteuse) : Mairie : rien ✅ — AG : rien ✅

Abattage/percement mur porteur : Mairie : PC ⚠️ — AG : article 25 ⚠️

Réfection parquet, peinture, cuisine, salle de bain (sans toucher aux réseaux communs) : Mairie : rien ✅ — AG : rien ✅

Mezzanine sans modification extérieure, hauteur > 1,80 m : Mairie : DP (si SP ≥ 5 m²) ⚠️ — AG : rien si structure légère ✅

Mezzanine avec percement du plancher porteur : Mairie : PC ⚠️ — AG : article 25 ⚠️
Travaux touchant à la façade ou à la toiture :

Nouvelle fenêtre en façade : Mairie : DP ⚠️ — AG : article 25 ⚠️

Remplacement fenêtre à l'identique (zone ordinaire) : Mairie : rien ✅ — AG : vérifier règlement ⚠️

Remplacement fenêtre avec changement matériau/couleur : Mairie : DP ⚠️ — AG : selon règlement ⚠️

Velux / fenêtre de toit : Mairie : DP ⚠️ — AG : article 25 ⚠️

Climatisation unité extérieure visible de la rue : Mairie : DP ⚠️ — AG : article 25 ⚠️

Climatisation unité extérieure non visible (terrasse) : Mairie : rien en zone ordinaire ✅ — AG : vérifier règlement ⚠️
Projets d'ensemble :

Changement destination logement → bureau (sans travaux extérieurs, règlement copro mixte) : Mairie : DP ⚠️ — AG : selon règlement ⚠️

Division appartement en 2 logements : Mairie : PC ⚠️ — AG : article 26 (double majorité) ⚠️ + notaire

Balcon / terrasse : travaux sur la dalle : Mairie : DP ⚠️ — AG : article 25 ⚠️

DP = Déclaration Préalable / PC = Permis de Construire

Constituer le dossier de déclaration préalable pour un appartement

Si vos travaux nécessitent une déclaration préalable, le dossier pour un appartement en copropriété comprend les mêmes pièces que pour une maison individuelle, avec quelques adaptations spécifiques :

  • Cerfa 13703 (déclaration préalable pour les autres constructions — pas le formulaire maison individuelle 13404, qui est réservé aux maisons individuelles)
  • Plan de situation (DP1) : localisation de l'immeuble dans la commune
  • Plan de masse (DP2) : représentation de l'immeuble dans sa parcelle
  • Plan des façades — état existant et état projeté : représentation de la ou des façades concernées avec les modifications projetées (nouvelle fenêtre, nouvelle ouverture, unité de climatisation) clairement indiquées
  • Photographies de l'immeuble depuis la voie publique et des façades concernées
  • Document graphique d'insertion : représentation de l'immeuble avec les modifications depuis les espaces publics
  • Notice descriptive : description précise des travaux, matériaux et teintes choisis, indication de l'étage et de la localisation dans l'immeuble
  • Autorisation de la copropriété : bien que non obligatoire dans le dossier Cerfa, certaines mairies demandent la preuve de l'accord de l'AG comme pièce complémentaire. Joignez-la dès le dépôt pour éviter une demande de pièces complémentaires
Déposez d'abord l'AG, puis la mairie : Dans la pratique, il est recommandé de suivre cet ordre : (1) Obtenir l'accord de l'AG pour les travaux sur parties communes — vous êtes sûr d'avoir le feu vert de la copropriété avant d'engager les frais de constitution du dossier d'urbanisme. (2) Déposer la déclaration préalable en mairie avec l'accord de l'AG joint. (3) Démarrer les travaux une fois l'autorisation de la mairie obtenue (ou à l'expiration du délai d'instruction sans refus). Faire appel à un dessinateur en bâtiment pour constituer le dossier garantit des plans professionnels conformes aux attentes des instructeurs et de l'ABF en secteur protégé.

Conclusion : deux autorisations indépendantes à ne jamais confondre

Les travaux dans un appartement en copropriété s'inscrivent dans un cadre juridique à double niveau que peu de copropriétaires maîtrisent complètement. La bonne nouvelle est que les règles, une fois comprises, sont logiques et prévisibles : l'autorisation de la mairie s'applique dès que les travaux modifient l'aspect extérieur de l'immeuble ou créent de la surface de plancher ; l'accord de l'AG s'applique dès que les travaux touchent aux parties communes — même depuis l'intérieur d'un appartement privatif. Ces deux autorisations sont totalement indépendantes et toutes deux indispensables quand elles s'appliquent. Obtenir l'une ne dispense jamais de l'autre. La clé avant tout projet de rénovation est donc une phase de vérification préalable en deux temps : lire le règlement de copropriété pour identifier les restrictions spécifiques à votre immeuble, et vérifier si vos travaux déclenchent une obligation d'autorisation d'urbanisme. Cette préparation, qui prend quelques heures, vous évite des complications juridiques, financières et relationnelles qui peuvent durer des années.

Les points essentiels à retenir :

  1. Deux niveaux d'autorisation indépendants : la mairie (urbanisme) et l'AG (copropriété). Les deux sont obligatoires quand ils s'appliquent, l'un ne remplace pas l'autre.
  2. Les murs porteurs sont des parties communes, même s'ils sont entièrement dans votre appartement. Les toucher nécessite accord AG + étude structure + PC.
  3. Les façades et la toiture sont des parties communes : toute modification (fenêtre, VMC, climatisation, Velux) nécessite accord AG + déclaration préalable.
  4. Cloisons légères non porteuses : abattage libre, sans autorisation mairie ni accord AG.
  5. Mezzanine sans modification extérieure : déclaration préalable si SP créée ≥ 5 m² (hauteur > 1,80 m), pas d'accord AG si aucune partie commune touchée.
  6. Division d'appartement : permis de construire + article 26 de la loi 1965 + notaire. Projet complexe nécessitant un professionnel du droit et de l'urbanisme.
  7. Lisez votre règlement de copropriété avant tout projet — il peut être plus restrictif que la loi.
  8. Ordre recommandé : accord AG d'abord, puis déclaration préalable ou PC en mairie, puis démarrage des travaux.
  9. Travaux sans autorisation : remise en état imposée, responsabilité civile engagée, complications à la vente. La régularisation est possible si le projet respecte le PLU et le règlement de copropriété.
  10. Déclaration fiscale H2 dans les 90 jours si les travaux créent de la surface de plancher — indépendamment de la DAACT et des autorisations d'urbanisme.

Vos travaux en copropriété nécessitent une déclaration préalable ou un permis de construire ?

Je vous accompagne dans la vérification des règles applicables à vos travaux (autorisation mairie et accord AG) et dans la constitution du dossier complet prêt à déposer en mairie : plans des façades avant/après montrant clairement les modifications, document graphique d'insertion, notice descriptive détaillée. Que ce soit pour une nouvelle fenêtre, une mezzanine, une climatisation ou un changement de destination, un dossier bien préparé garantit une instruction rapide et vous permet de démarrer vos travaux en toute sérénité. Travail à distance, soigné et réactif.

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Article mis à jour en mai 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine
Les règles de copropriété sont issues de la loi du 10 juillet 1965 et peuvent évoluer. Les règles d'urbanisme (Code de l'urbanisme) varient selon les PLU locaux. Le règlement de votre copropriété peut contenir des dispositions spécifiques plus restrictives que la loi — consultez-le systématiquement avant tout projet.