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Avis de taxe foncière sur les propriétés bâties posé sur une table avec calculatrice et maison en arrière-plan
Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties : Calcul, Exonérations et Contestation
27/05/2026
Temps de lecture :
10 minutes

Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties : Calcul, Exonérations et Contestation

Vous venez de recevoir votre avis de taxe foncière et vous êtes surpris par son montant. Elle a encore augmenté cette année alors que vous n'avez rien changé à votre maison. Vous venez de finir des travaux d'extension et vous vous demandez comment cela va affecter votre taxe foncière dans les prochaines années. Vous pensez qu'une erreur a été commise sur la surface ou les caractéristiques de votre bien et vous aimeriez savoir si vous pouvez contester. La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est l'un des impôts locaux les moins bien compris par les propriétaires, malgré les hausses significatives qu'elle a connues ces dernières années. Son mécanisme de calcul, fondé sur une valeur locative cadastrale datant de 1970, est complexe et opaque. Les exonérations et dégrèvements auxquels on peut avoir droit sont nombreux mais peu connus. Et les voies de contestation existent mais sont rarement utilisées. Dans ce guide complet, je vous explique comment la taxe foncière est calculée, pourquoi elle augmente, quelles exonérations vous pouvez obtenir, comment les travaux affectent votre taxe, et comment la contester si vous pensez qu'une erreur a été commise. Pour comprendre les taxes liées à la construction, consultez également notre article sur la taxe d'aménagement et celui sur la déclaration de construction aux impôts.

Principe et assiette de la taxe foncière

La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est un impôt local annuel dû par tout propriétaire d'un bien immobilier bâti au 1er janvier de l'année d'imposition. Elle est distincte de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB), qui s'applique aux terrains nus.

Qui est redevable ?

  • Tout propriétaire d'un bien immobilier bâti au 1er janvier de l'année, qu'il occupe lui-même le bien ou qu'il le mette en location
  • L'usufruitier (pas le nu-propriétaire) quand le bien est démembré
  • Le propriétaire reste redevable même si le bien est loué (il ne peut pas la mettre à la charge du locataire sauf dans les baux commerciaux où c'est fréquemment prévu par convention)

Quels biens sont concernés ?

  • Les maisons individuelles et appartements
  • Les locaux commerciaux, industriels et professionnels
  • Les dépendances (garages, caves, parkings, piscines)
  • Les installations industrielles et commerciales (même sans bâtiment au sens strict)
  • Les terrains formant une dépendance indispensable et immédiate des constructions

Qui perçoit la taxe foncière ?

La taxe foncière est perçue au profit des collectivités territoriales : la commune et l'intercommunalité principalement, et dans certains cas le département. C'est pourquoi son montant varie considérablement d'une commune à l'autre pour des biens pourtant similaires : chaque collectivité vote son propre taux. Pour la même valeur locative cadastrale, un propriétaire en Bretagne peut payer deux fois moins qu'un propriétaire dans une commune limitrophe de Lyon.

Les deux taxes foncières à ne pas confondre :

TFPB (taxe foncière sur les propriétés bâties) : pour les constructions et leurs dépendances. C'est la taxe que paient tous les propriétaires de logements

TFPNB (taxe foncière sur les propriétés non bâties) : pour les terrains nus, les terres agricoles, les forêts, les étangs. Beaucoup moins connue, souvent très faible en valeur absolue pour les terrains de jardins ordinaires

Cet article traite exclusivement de la TFPB.

La méthode de calcul expliquée

Le calcul de la taxe foncière est fondé sur une formule relativement simple, mais chaque terme de cette formule mérite d'être explicité.

La formule de calcul

TFPB = Valeur Locative Cadastrale (VLC) × 50 % (abattement forfaitaire) × Taux global voté par les collectivités

L'abattement de 50 % : pourquoi ?

La loi prévoit un abattement forfaitaire de 50 % sur la valeur locative brute avant application du taux d'imposition. Cet abattement est censé représenter les charges que supporterait un propriétaire bailleur (entretien, réparations, frais de gestion). Il s'applique automatiquement à tous les biens sans démarche particulière.

Exemple de calcul concret

Maison individuelle de 120 m² dans une commune périurbaine :

Valeur locative cadastrale brute : 6 000 €/an (loyer théorique 1970 revalorisé)

Abattement de 50 % : 3 000 € de base nette taxable

Taux communal : 28 %

Taux intercommunal : 8 %

Taux total : 36 %

Taxe foncière : 3 000 € × 36 % = 1 080 €

Ce calcul peut être complété par des frais de gestion (environ 1 % de la valeur locative) qui s'ajoutent au montant principal. Le total figurant sur l'avis d'imposition peut donc légèrement dépasser ce calcul théorique.

Les frais de gestion de la fiscalité directe locale

En plus de la taxe principale calculée selon la formule ci-dessus, l'avis de taxe foncière comprend des frais de gestion perçus par l'État pour couvrir le coût d'établissement et de recouvrement de l'impôt. Ces frais représentent un pourcentage de la taxe principale (généralement entre 3 et 9 %) et figurent sur l'avis d'imposition sous la mention "frais de gestion de la fiscalité directe locale". Ils sont souvent source de confusion pour les propriétaires qui ne comprennent pas pourquoi le total dépasse leur calcul basé sur le taux communal.

La valeur locative cadastrale : comment elle est déterminée

La valeur locative cadastrale (VLC) est le cœur du calcul de la taxe foncière. C'est aussi l'élément le plus opaque et le plus contestable. Elle est censée représenter le loyer annuel théorique que le bien produirait s'il était mis en location aux conditions du marché locatif en 1970.

La surface pondérée : base du calcul

La valeur locative n'est pas calculée sur la surface réelle du bien. Elle est calculée sur une surface pondérée, qui attribue à chaque type de local un coefficient de pondération :

  • Pièces principales d'habitation : coefficient 1 (surface réelle prise à 100 %)
  • Cuisine bien équipée : coefficient légèrement supérieur à 1
  • Salle de bain : coefficient réduit
  • Dépendances intérieures (couloirs, dégagements) : coefficient 0,5 en général
  • Garages, caves : coefficient 0,2 à 0,3
  • Jardins d'agrément : superficie limitée prise en compte avec coefficient très faible

Les éléments de confort

La valeur locative intègre des majorations ou minoration selon les équipements présents en 1970 : eau courante, salle de bain, chauffage central, ascenseur (pour les appartements), etc. Ces critères datant de 1970 sont parfois très décalés par rapport aux caractéristiques actuelles du logement. Une maison récente avec isolation et équipements modernes peut avoir une valeur locative cadastrale très similaire à une maison voisine bien moins confortable, si leurs surfaces pondérées sont proches.

La revalorisation annuelle

La valeur locative de 1970 ne serait pas représentative si elle n'était pas actualisée. Elle est donc revalorisée chaque année par un coefficient fixé en loi de finances. Ce coefficient suit l'évolution de l'indice des prix à la consommation. En 2023, ce coefficient de revalorisation a été de 7,1 %, ce qui a mécaniquement augmenté la base de calcul de toutes les taxes foncières de France de 7,1 % avant même toute décision locale sur les taux.

Les taux communaux : qui décide et comment

Les taux d'imposition de la taxe foncière sont votés chaque année par les collectivités locales dans le cadre de leur budget. C'est la liberté fondamentale des communes : elles peuvent augmenter ou baisser leurs taux selon leurs besoins de financement.

Qui vote les taux ?

  • La commune : vote son propre taux de taxe foncière. C'est généralement la part la plus importante de la taxe totale
  • L'intercommunalité (EPCI) : vote un taux additionnel qui s'ajoute au taux communal. Depuis la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales, les intercommunalités ont récupéré davantage de pouvoir fiscal
  • La Taxe Spéciale d'Équipement (TSE) : dans certaines régions, une taxe spéciale s'ajoute pour financer des établissements publics fonciers régionaux

La grande disparité des taux entre communes

Les taux de taxe foncière varient considérablement selon les communes. En 2025, les taux communaux s'échelonnaient de moins de 10 % dans certaines communes riches à plus de 50 % dans des communes avec des besoins de financement importants. Les grandes villes ont souvent des taux élevés : Paris a notamment décidé d'augmenter significativement son taux de taxe foncière ces dernières années pour compenser la perte de la taxe d'habitation. Ces disparités expliquent pourquoi deux maisons identiques peuvent avoir une taxe foncière très différente selon leur commune.

Pourquoi la taxe foncière augmente chaque année

La hausse de la taxe foncière est un sujet récurrent de mécontentement des propriétaires. Comprendre ses mécanismes permet d'anticiper et de savoir sur quoi agir.

Mécanisme 1 : la revalorisation nationale des valeurs locatives

Chaque année, le législateur fixe en loi de finances un coefficient de revalorisation des valeurs locatives calé sur l'évolution de l'indice des prix à la consommation. Quand l'inflation est forte, ce coefficient est élevé et toutes les taxes foncières augmentent mécaniquement, même si aucune commune n'a touché à ses taux. C'est ce qui s'est passé en 2023 avec une revalorisation de 7,1 % sur fond d'inflation post-Covid. En 2024 et 2025, les revalorisations ont été moindres mais restent positives.

Mécanisme 2 : la hausse des taux locaux

En parallèle de la revalorisation nationale, de nombreuses communes ont augmenté leurs taux propres ces dernières années. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : la suppression progressive de la taxe d'habitation sur les résidences principales (achevée en 2023) a privé les communes d'une recette importante et les a incitées à augmenter la taxe foncière pour compenser le manque à gagner. Les charges des communes ont par ailleurs augmenté (inflation sur les coûts de fonctionnement, hausse des salaires des agents).

Mécanisme 3 : les déclarations de travaux

Quand un propriétaire déclare aux impôts une construction nouvelle ou une extension, la valeur locative de son bien est révisée à la hausse. Cette hausse se traduit par une augmentation de la taxe foncière après l'expiration de la période d'exonération temporaire de 2 ans. De nombreux propriétaires qui ont réalisé des travaux découvrent ainsi une hausse significative de leur taxe foncière deux ou trois ans après l'achèvement.

Schéma illustrant le calcul de la taxe foncière à partir de la valeur locative cadastrale et des taux communaux

La taxe foncière est calculée à partir de la valeur locative cadastrale (loyer théorique 1970 revalorisé chaque année), dont 50 % constituent la base taxable, à laquelle s'applique le taux global voté par la commune et l'intercommunalité. Les hausses annuelles résultent à la fois de la revalorisation nationale des valeurs locatives (indexée sur l'inflation) et des décisions des communes d'augmenter leurs taux.

Exonérations totales et partielles

Plusieurs catégories de propriétaires peuvent bénéficier d'exonérations ou de dégrèvements de taxe foncière. Ces dispositifs sont souvent méconnus et restent parfois inappliqués faute de demande.

Exonération temporaire pour les constructions neuves

Toute construction nouvelle bénéficie d'une exonération de taxe foncière pendant 2 ans à compter du 1er janvier suivant l'achèvement des travaux. Cette exonération est automatique mais conditionnée à la déclaration de la construction aux impôts via le formulaire H1 dans les 90 jours suivant l'achèvement. Si vous n'effectuez pas cette déclaration, l'administration fiscale peut établir une imposition d'office pour les années non prescrites, sans exonération. La même exonération de 2 ans s'applique aux extensions et reconstructions. Consultez notre article complet sur la déclaration de construction aux impôts pour la procédure détaillée.

Exonération permanente pour les personnes âgées et à faibles revenus

  • Exonération totale pour les plus de 75 ans : les propriétaires âgés de plus de 75 ans au 1er janvier bénéficient d'une exonération totale de taxe foncière sur leur résidence principale, sous condition que le revenu fiscal de référence (RFR) de l'année précédente n'excède pas un plafond (environ 11 400 € pour 1 part, 17 500 € pour 2 parts en 2025). Cette exonération est accordée automatiquement sur la base des données fiscales connues de l'administration. Si vous pensez y avoir droit et ne l'obtenez pas, contactez votre centre des finances publiques
  • Dégrèvement de 100 € pour les 65-75 ans : les propriétaires âgés de 65 à 75 ans aux mêmes plafonds de revenus bénéficient d'un dégrèvement forfaitaire de 100 € sur leur taxe foncière principale
  • Exonération pour les bénéficiaires de certaines allocations : les personnes bénéficiant de l'ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées), de l'ASI (allocation supplémentaire d'invalidité) ou de l'AAH (allocation adultes handicapés) sont exonérées totalement sous les mêmes conditions de revenus

Dégrèvements pour vacance et inexploitation

  • Vacance involontaire : si votre logement est inoccupé malgré vos efforts pour le louer ou le vendre (plus de 3 mois de vacance au 1er janvier de l'année d'imposition), un dégrèvement proportionnel à la durée de vacance peut être accordé. Ce dégrèvement n'est pas automatique : vous devez en faire la demande avant le 31 décembre de l'année d'imposition
  • Locaux industriels et commerciaux inexploités : un dégrèvement spécifique peut être obtenu pour les locaux commerciaux ou industriels que vous ne pouvez pas exploiter faute de preneur

Exonérations liées aux logements économes en énergie

Certaines communes peuvent décider d'exonérer partiellement ou totalement de taxe foncière les logements construits selon des normes de haute performance énergétique (label BBC notamment). Cette exonération n'est pas nationale : elle résulte d'une délibération de la commune et varie donc selon les territoires. Vérifiez auprès de votre commune si cette exonération existe et si votre logement y est éligible.

La condition de non-imposition à l'IFI pour les exonérations : Les exonérations pour les personnes âgées et à faibles revenus sont conditionnées au fait de ne pas être redevable de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). Un propriétaire de plus de 75 ans dont le patrimoine immobilier dépasse 1,3 million d'euros et qui est assujetti à l'IFI ne peut pas bénéficier de l'exonération de taxe foncière, même s'il satisfait au critère de revenus.

Construction, extension et travaux : impact sur la taxe

Toute modification significative d'un bien immobilier peut avoir un impact sur sa valeur locative cadastrale et donc sur la taxe foncière. Voici comment gérer les principales situations.

Construction neuve : les étapes fiscales

  • À l'achèvement : déclaration via le formulaire H1 dans les 90 jours. L'administration fixe alors la valeur locative cadastrale de la nouvelle construction
  • Année N+1 et N+2 : exonération totale de taxe foncière sur les 2 premières années
  • Année N+3 : première taxe foncière normale. Beaucoup de propriétaires sont surpris par ce premier avis qu'ils n'avaient pas anticipé budgétairement
  • Calcul prévisible : vous pouvez estimer votre future taxe foncière en demandant à votre centre des finances publiques la valeur locative cadastrale qui sera retenue après la déclaration H1

Extension : même principe que la construction

  • L'extension doit être déclarée aux impôts via le formulaire H1 dans les 90 jours suivant l'achèvement
  • Elle bénéficie de l'exonération temporaire de 2 ans
  • Après ces 2 ans, la valeur locative est révisée pour tenir compte de la surface supplémentaire
  • La hausse de taxe est proportionnelle à la surface créée et aux caractéristiques de l'extension (une extension avec grande surface et équipements entraîne une hausse plus forte)

Démolition d'une dépendance

Si vous démolissez une dépendance (garage, abri de jardin), vous pouvez demander une révision à la baisse de la valeur locative cadastrale. Cette révision n'est pas automatique : vous devez en faire la demande auprès de votre centre des finances publiques en signalant la disparition de la dépendance. Sans démarche de votre part, la taxe foncière continuera à être calculée sur la valeur incluant la dépendance disparue.

Travaux de rénovation sans création de surface

Les travaux de rénovation intérieure (refection des sols, isolation, remplacement de la cuisine ou de la salle de bain) sans création de surface supplémentaire n'ont en principe pas d'impact sur la taxe foncière. La valeur locative cadastrale est basée sur les caractéristiques structurelles du bien telles qu'elles existaient en 1970, pas sur son niveau de rénovation actuel. Cependant, si des travaux augmentent significativement le niveau de confort du bien par rapport à ce qui était déclaré (ajout d'une salle de bain là où il n'y en avait pas, installation du chauffage central), une révision peut théoriquement être demandée par l'administration. En pratique, ces révisions sont rares.

Comment contester sa taxe foncière

Si vous pensez que votre taxe foncière est incorrecte, plusieurs motifs de contestation sont recevables et les démarches sont accessibles sans avocat.

Les motifs valables de contestation

  • Erreur sur la surface : la surface prise en compte dans le calcul ne correspond pas à la réalité. Vous pouvez le vérifier en demandant à votre centre des finances publiques le document PAFU (proposition actualisée de la fiche d'imposition) qui détaille les éléments retenus pour le calcul
  • Erreur sur le niveau de confort : le bien est classé dans une catégorie de confort supérieure à sa situation réelle (présence d'une salle de bain alors que le bien n'en dispose pas, etc.)
  • Erreur sur l'identité du propriétaire : la taxe est adressée à un ancien propriétaire ou à un tiers qui n'est pas propriétaire du bien
  • Non-prise en compte d'une exonération : vous remplissez les conditions d'une exonération (plus de 75 ans, revenus sous le plafond) mais elle n'a pas été appliquée
  • Bien démoli ou sinistré : vous êtes taxé sur un bien qui n'existe plus ou qui a été rendu inhabitable par un sinistre

La procédure de réclamation

  • Délai : la réclamation doit être déposée avant le 31 décembre de l'année suivant celle de la mise en recouvrement. Pour une taxe foncière 2025, le délai court jusqu'au 31 décembre 2026
  • Comment déposer : en ligne sur impots.gouv.fr dans l'espace particulier (rubrique "Contacter" puis "Signaler une erreur"), par courrier recommandé au centre des finances publiques, ou au guichet du centre des impôts
  • Pièces à joindre : copie de l'avis d'imposition contesté, tout document justifiant le motif de la réclamation (acte de vente prouvant que vous n'êtes plus propriétaire, plans du bien prouvant la surface réelle, avis d'imposition antérieur pour montrer une erreur récente)
  • Réponse de l'administration : l'administration dispose de 6 mois pour répondre. En l'absence de réponse, le silence vaut rejet implicite
  • Recours en cas de rejet : si la réclamation est rejetée, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire dans les 2 mois suivant la notification du rejet
Propriétaire préparant une réclamation pour contester sa taxe foncière auprès du centre des finances publiques

Contester sa taxe foncière est un droit reconnu à tout propriétaire. La réclamation peut porter sur une erreur de surface, un niveau de confort mal apprécié, une exonération non appliquée ou une attribution erronée de la taxe. Elle doit être déposée avant le 31 décembre de l'année suivant l'avis d'imposition contesté, en ligne sur impots.gouv.fr ou par courrier recommandé au centre des finances publiques.

Conseils pratiques pour maîtriser sa taxe foncière


Vérifier les éléments de la fiche d'imposition

La première démarche utile est de vérifier les données sur lesquelles votre taxe foncière est calculée. Ces données figurent dans la fiche d'évaluation de votre bien (ou fiche de calcul PAFU), que vous pouvez obtenir en contactant votre centre des finances publiques ou en la demandant lors de votre connexion sur impots.gouv.fr. Cette fiche indique la surface pondérée retenue, le niveau de confort attribué et la catégorie du local. Comparez ces données avec la réalité de votre bien. Une erreur sur la surface ou le confort peut justifier une réclamation et une révision à la baisse.

Anticiper l'impact des travaux

  • Avant de lancer une extension ou une construction, renseignez-vous auprès des impôts sur la valeur locative approximative qui sera retenue. Vous pourrez ainsi budgéter la future taxe foncière après l'expiration des 2 ans d'exonération
  • Pour une maison de 120 m² en zone périurbaine, une extension de 30 m² peut entraîner une hausse de 150 à 300 € par an de taxe foncière après la période d'exonération
  • Intégrez ce coût annuel dans le calcul de rentabilité de votre projet d'extension

Ne pas oublier les dégrèvements auxquels on a droit

Les exonérations et dégrèvements liés à l'âge ou aux revenus ne nécessitent généralement pas de démarche active car l'administration les applique automatiquement sur la base des données fiscales qu'elle possède. Cependant, si vous pensez y avoir droit et ne les recevez pas, vérifiez :

  • Que votre avis fiscal indique bien votre date de naissance correctement
  • Que vos revenus déclarés vous placent bien en dessous du plafond applicable
  • Que vous n'êtes pas assujetti à l'IFI (condition éliminatoire pour les exonérations personnes âgées)
  • Contactez votre centre des finances publiques si vous pensez que l'exonération aurait dû s'appliquer

Comparer avec les biens voisins similaires

Si votre taxe foncière vous semble disproportionnée par rapport à celle de voisins ayant des biens similaires, vous pouvez demander à l'administration de justifier l'écart. Des différences dans la valeur locative cadastrale peuvent résulter d'erreurs de classification ou de dates différentes de déclaration. Cette comparaison peut constituer un argument solide dans une réclamation.

Situations fréquentes et réponses pratiques

Cas 1 : j'ai reçu une taxe foncière alors que j'ai vendu le bien cette année

La taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier. Si vous avez vendu votre bien en cours d'année, vous êtes quand même propriétaire au 1er janvier et donc redevable de la taxe pour l'année entière. En pratique, le notaire a normalement procédé à une répartition dans l'acte de vente : l'acheteur vous a remboursé sa quote-part (la fraction correspondant à sa période de propriété). Vérifiez le décompte notarial avant de contacter les impôts.

Cas 2 : ma taxe foncière a fortement augmenté cette année sans raison apparente

Plusieurs causes possibles : la revalorisation nationale des valeurs locatives, une augmentation du taux communal, ou la fin de l'exonération temporaire de 2 ans si vous avez fait des travaux il y a 2 ou 3 ans. Vérifiez les taux de votre commune sur le site des impôts locaux de la commune ou en contactant la mairie. Si les taux n'ont pas changé, la hausse vient de la revalorisation nationale.

Cas 3 : j'ai 76 ans mais je reçois quand même une taxe foncière

Vérifiez d'abord que vos revenus fiscaux de référence sont bien en dessous du plafond applicable. Vérifiez ensuite que vous n'êtes pas assujetti à l'IFI. Si ces deux conditions sont remplies, contactez votre centre des finances publiques pour signaler que l'exonération n'a pas été appliquée. Si vous avez récemment atteint l'âge de 75 ans, l'exonération prend effet à partir du 1er janvier suivant votre anniversaire.

Cas 4 : ma maison a été construite il y a 2 ans et je reçois ma première taxe foncière

Tout est normal. L'exonération de 2 ans court à partir du 1er janvier suivant l'achèvement. Si vos travaux se sont achevés en 2023, l'exonération portait sur 2024 et 2025. En 2026, vous commencez à payer la taxe foncière. Le montant peut paraître élevé la première année si vous ne l'aviez pas anticipé. Consultez notre article sur la déclaration de construction aux impôts pour comprendre les démarches de déclaration H1 et leurs conséquences fiscales.

Calendrier fiscal pour une maison neuve :

Achèvement travaux : juillet 2023

Délai H1 : déclaration aux impôts avant octobre 2023

2024 : exonération totale de taxe foncière (1ère année d'exonération)

2025 : exonération totale de taxe foncière (2ème année d'exonération)

2026 : première taxe foncière normale (à payer en octobre 2026)

À noter : si la déclaration H1 n'a pas été faite en 2023, l'exonération peut être perdue pour les années passées. Il est encore possible de la récupérer partiellement via une réclamation, mais la régularisation est complexe.

Ce que beaucoup de propriétaires ignorent


La piscine est taxée

Une piscine enterrée ou semi-enterrée est une construction soumise à la taxe foncière en tant que dépendance. Si vous avez fait construire une piscine, vous devez la déclarer aux impôts dans les 90 jours suivant son achèvement. La valeur locative cadastrale de la piscine sera ajoutée à celle de la maison, entraînant une augmentation de la taxe foncière après les 2 ans d'exonération. Les propriétaires qui construisent une piscine sans la déclarer s'exposent à une rectification d'imposition lorsque l'administration l'apprend, notamment via les images satellites utilisées depuis quelques années par l'administration fiscale.

La taxe foncière en cas d'indivision

Quand un bien est en indivision (plusieurs propriétaires), l'avis de taxe foncière est adressé à l'un des indivisaires ou à l'indivision. Chaque indivisaire est solidairement responsable du paiement de la taxe totale, quelle que soit sa quote-part dans l'indivision. La répartition du paiement entre indivisaires se fait selon les règles de l'indivision (acte notarié ou accord).

La taxe sur les logements vacants (TLV) et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires

La taxe foncière est distincte de deux autres taxes qui peuvent affecter les propriétaires :

  • Taxe sur les logements vacants (TLV) : applicable dans certaines zones tendues pour les logements inoccupés depuis plus d'un an. Elle s'ajoute à la taxe foncière et peut être significative
  • Taxe d'habitation sur les résidences secondaires : depuis la suppression de la TH sur les résidences principales, les résidences secondaires restent soumises à la TH. Certaines communes en zone tendue ont également majoré la TH sur les résidences secondaires

La réforme des valeurs locatives : une évolution attendue

La révision générale des valeurs locatives des locaux d'habitation est une réforme en cours depuis plusieurs années. Elle vise à actualiser les valeurs locatives cadastrales pour les rendre plus représentatives des réalités du marché actuel plutôt que de continuer à se fonder sur les loyers de 1970. Cette révision, si elle est menée à terme, entraînera des changements significatifs dans la répartition de la taxe foncière entre propriétaires : certains verront leur taxe augmenter, d'autres la voir baisser. En 2026, cette réforme est encore en cours d'étude et d'expérimentation dans des départements pilotes. Sa mise en application générale n'est pas encore annoncée.

Les liens entre taxe foncière et projets de construction : La taxe foncière est étroitement liée aux projets de construction et d'aménagement :

Avant de construire : estimez la future taxe foncière en vous renseignant auprès des impôts sur la valeur locative de biens similaires dans votre commune. Comptez-la dans votre budget annuel

Lors de la déclaration aux impôts : respectez le délai de 90 jours après l'achèvement pour déclarer via le formulaire H1. Ne ratez pas l'exonération de 2 ans

En cas d'extension : calculez l'impact sur la taxe foncière après 2 ans. Pour 30 m² supplémentaires, comptez 150 à 350 € de plus par an selon la commune et la valeur locative attribuée

Avant un achat : consultez la taxe foncière du bien en demandant les avis d'imposition des 3 dernières années au vendeur. Une taxe foncière élevée est un coût récurrent à intégrer dans votre budget propriétaire.

Conclusion : comprendre pour mieux agir

La taxe foncière sur les propriétés bâties est souvent perçue comme une fatalité sur laquelle le propriétaire n'a aucune prise. C'est en grande partie vrai pour la part qui dépend des taux votés par la commune et des revalorisations nationales. Mais ce n'est pas totalement vrai. Le propriétaire peut agir sur plusieurs aspects : vérifier que les données cadastrales retenues pour son bien sont exactes et les faire corriger en cas d'erreur, s'assurer de bénéficier de toutes les exonérations et dégrèvements auxquels il a droit, anticiper l'impact des travaux sur la taxe future pour ne pas être surpris, et déclarer correctement et dans les délais ses constructions nouvelles pour bénéficier de l'exonération temporaire de 2 ans. Ces démarches simples peuvent représenter plusieurs centaines d'euros d'économies chaque année ou sur plusieurs années.

Les points essentiels à retenir :

  1. Formule de calcul : valeur locative cadastrale × 50 % × taux communal total.
  2. La valeur locative est basée sur les loyers de 1970, revalorisée chaque année selon l'inflation.
  3. Les taux communaux varient énormément d'une commune à l'autre et sont votés chaque année.
  4. Exonération de 2 ans pour les constructions neuves et extensions, conditionnée à la déclaration H1 dans les 90 jours.
  5. Exonération totale pour les plus de 75 ans sous condition de revenus et de non-assujettissement à l'IFI.
  6. Dégrèvement de 100 € pour les 65-75 ans sous mêmes conditions.
  7. Réclamation possible avant le 31 décembre de l'année suivant l'avis contesté.
  8. La piscine est taxable : déclarez-la dans les 90 jours pour bénéficier des 2 ans.
  9. Vérifiez la fiche PAFU pour contrôler que la surface et le confort retenus sont corrects.
  10. Avant tout achat, demandez les avis de taxe foncière des 3 dernières années.

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Article mis à jour en mai 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine
La taxe foncière sur les propriétés bâties est régie par les articles 1380 et suivants du Code général des impôts. Les plafonds de revenus pour les exonérations sont mis à jour chaque année en loi de finances. Consultez votre centre des finances publiques pour les données actualisées.