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Plan de masse d'un permis de construire montrant l'implantation d'une maison sur sa parcelle avec cotations et distances aux limites
Plan de Masse pour un Permis de Construire : Comment le Réaliser en 2026
18/06/2026
Temps de lecture :
9 minutes

Plan de Masse pour un Permis de Construire : Comment le Réaliser en 2026

Vous remplissez votre formulaire de permis de construire et vous arrivez à la case PCMI2, le plan de masse. Vous cherchez à comprendre ce qu'il doit contenir exactement, ce que signifie "cotes triangulées", pourquoi les distances aux limites doivent y figurer et comment représenter les réseaux projetés sans être géomètre ni dessinateur professionnel. Le plan de masse est sans doute la pièce graphique la plus importante d'un dossier de permis. C'est elle que le service instructeur regarde en premier pour vérifier si votre projet respecte les règles d'implantation du PLU : reculs par rapport aux limites séparatives, recul par rapport à la voie publique, coefficient d'emprise au sol. Une erreur sur cette pièce, une cotation manquante ou une incohérence avec les autres plans peut déclencher une demande de pièces complémentaires qui suspend le délai d'instruction et retarde votre projet de plusieurs semaines. Dans ce guide, je vous explique exactement ce qu'est le plan de masse, ce qu'il doit obligatoirement contenir, comment le coter correctement par triangulation, quels éléments y faire figurer selon la nature du projet, les erreurs les plus fréquentes à éviter et ce qui distingue un bon plan de masse d'un mauvais. Pour situer le plan de masse dans l'ensemble du dossier, consultez notre guide sur le permis de construire.

Qu'est-ce que le plan de masse ?

Le plan de masse, désigné PCMI2 dans le formulaire de permis de construire pour une maison individuelle, est un plan représentant l'ensemble de la parcelle vue du dessus, sur lequel figure l'implantation de la construction et de tous ses aménagements extérieurs. Il n'est pas un plan d'architecture : on n'y voit pas les pièces intérieures, les cloisons ou l'aménagement intérieur. On y voit uniquement le contour de la construction positionné sur le terrain, avec toutes les informations nécessaires pour vérifier que cette implantation est conforme aux règles du PLU. Cette pièce est obligatoire pour :

  • Les demandes de permis de construire (maison individuelle, extension, immeuble, ERP)
  • Les déclarations préalables de travaux dès lors qu'elles portent sur une construction
  • Les permis d'aménager et les permis de démolir

Ce que le service instructeur vérifie sur le plan de masse

  • Le recul de la construction par rapport à la voie publique (article 6 du règlement de la zone du PLU)
  • Le recul par rapport aux limites séparatives latérales et de fond de parcelle (article 7)
  • L'emprise au sol totale des constructions par rapport à la surface du terrain (article 9)
  • L'accès au terrain depuis la voie publique
  • Les modes de desserte en eau, électricité et assainissement

Le contenu obligatoire du plan de masse

L'arrêté du 13 décembre 2004 modifié fixe la liste des informations qui doivent figurer sur le plan de masse. Voici ce que ce document doit impérativement contenir :

Les éléments de base

  • Les limites de la parcelle avec toutes ses dimensions
  • L'implantation de la construction projetée représentée en vue de dessus
  • Les constructions existantes sur la parcelle (différenciées visuellement du projet)
  • Les distances entre la construction et chaque limite de la parcelle
  • L'accès au terrain depuis la voie publique
  • La voie publique ou privée desservant le terrain
  • L'orientation : flèche nord obligatoire
  • L'échelle du plan avec barre graphique d'échelle

Les éléments liés aux niveaux et aux réseaux

  • Les cotes de niveau du terrain naturel aux angles de la construction et au faîtage (obligatoires pour les terrains en pente)
  • Les raccordements aux réseaux : eau, électricité, assainissement
  • L'emplacement du système d'assainissement individuel si non collectif
  • Les espaces libres et les plantations prévues, si elles font partie du projet

Les cotations et la triangulation

La cotation est l'aspect le plus technique du plan de masse et celui qui génère le plus d'erreurs dans les dossiers déposés par des particuliers. L'objectif est de permettre à n'importe qui de retrouver précisément l'emplacement de la construction sur le terrain à partir du plan, et d'en vérifier les distances aux limites.

Les cotations minimales obligatoires

  • La longueur et la largeur de la construction
  • La distance entre chaque façade de la construction et la limite séparative la plus proche
  • La distance entre la construction et la voie publique ou la limite de voie
  • Les dimensions de la parcelle si elles ne figurent pas dans d'autres pièces du dossier

La triangulation : la méthode la plus rigoureuse

La méthode de triangulation consiste à indiquer, pour chaque angle de la construction, deux distances vers deux points fixes et identifiables des limites de la parcelle. Par exemple, pour l'angle avant gauche de la maison, on indique la distance vers le coin avant gauche de la parcelle et vers le coin avant droit. Ces deux distances permettent de situer l'angle de manière univoque dans l'espace de la parcelle, comme un système de coordonnées simplifié. Cette méthode est la plus appréciée des services instructeurs car elle permet de retrouver l'implantation exacte même si la construction n'est pas parallèle aux limites. Elle est pratiquement indispensable pour les constructions implantées en diagonale ou sur des parcelles de forme irrégulière.

Exemple de cotation pour une maison rectangulaire de 10 m × 8 m sur une parcelle de 20 m × 25 m :

Façade avant (côté voie publique) : distance entre la façade et la limite de voie : 5,00 m

Façade latérale gauche : distance entre le mur et la limite séparative gauche : 3,50 m

Façade latérale droite : distance entre le mur et la limite séparative droite : 6,50 m (10 + 3,50 + 6,50 = 20,00 m, cohérent avec la largeur du terrain)

Façade arrière : distance entre la façade arrière et la limite de fond : 12,00 m (8 + 5 + 12 = 25,00 m, cohérent avec la profondeur du terrain)

La somme des distances doit toujours être cohérente avec les dimensions de la parcelle : c'est le premier contrôle effectué par le service instructeur.
Plan de masse avec cotations triangulées montrant les distances de la construction aux limites séparatives et à la voie publique

Un plan de masse bien coté doit permettre au service instructeur de vérifier immédiatement que les reculs par rapport aux limites séparatives et à la voie publique respectent les règles du PLU. La méthode de triangulation, qui indique deux distances depuis chaque angle de la construction vers deux points fixes des limites, est la méthode la plus rigoureuse pour les parcelles non rectangulaires ou les implantations en diagonale.

Les niveaux et le terrain naturel

Pour les terrains plats, les cotes altimétriques ne sont pas toujours obligatoires sur le plan de masse. En revanche, pour tout terrain présentant une pente notable, les niveaux du terrain naturel doivent figurer sur le plan de masse, pour permettre au service instructeur de calculer la hauteur réelle de la construction par rapport au terrain.

  • Les cotes NGF (Nivellement Général de la France) ou, à défaut, les cotes relatives du terrain naturel aux quatre angles de la construction
  • La cote du niveau fini du rez-de-chaussée (plancher bas)
  • La cote du faîtage (point le plus haut de la toiture)
  • Sur les terrains très pentus, des courbes de niveau ou des coupes de terrain peuvent être demandées en complément

Ces cotes permettent de calculer la hauteur de la construction par rapport au terrain naturel moyen, un paramètre souvent limité par le PLU (hauteur maximale en mètres par rapport au terrain naturel). Pour les projets sur terrain en pente, ce calcul est souvent déterminant.

Les réseaux et l'assainissement sur le plan de masse

Le plan de masse doit indiquer comment la construction sera raccordée aux différents réseaux. Ces informations doivent être cohérentes avec celles mentionnées dans la notice descriptive du projet.

  • Eau potable : tracé du branchement depuis le réseau public jusqu'à l'entrée de la construction. Si le réseau passe en limite de parcelle, indiquer simplement le point de raccordement
  • Électricité : emplacement du coffret de branchement en limite de parcelle ou tracé du câble d'alimentation
  • Assainissement collectif : tracé de la canalisation d'eaux usées depuis la construction jusqu'au réseau public, avec indication du point de raccordement
  • Assainissement non collectif : emplacement de la fosse toutes eaux, de la microstation ou du filtre, et tracé du réseau d'épandage. Ces éléments sont vérifiés par rapport au plan validé par le SPANC
  • Eaux pluviales : mode de gestion des eaux pluviales (infiltration sur le terrain, raccordement au réseau séparatif, noue ou bassin de rétention)

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Constructions existantes et état projeté

Si votre terrain comporte déjà des constructions (maison principale, garage, abri de jardin, piscine, terrasse) et que votre projet consiste à en ajouter d'autres, ou à agrandir celles qui existent, le plan de masse doit distinguer clairement l'existant du projeté.

  • Représenter les constructions existantes en trait continu fin ou en hachuré léger
  • Représenter les constructions projetées en trait plus épais, en rouge ou en hachuré différent
  • Si des constructions sont démolies, les représenter en trait pointillé avec la mention "à démolir"
  • Calculer et indiquer l'emprise au sol totale après travaux (existant conservé + projeté) pour que l'instructeur puisse vérifier le respect du coefficient d'emprise au sol du PLU

Cette distinction est particulièrement importante pour les projets d' extension de maison ou d'ajout d'une annexe ou d'un garage. Un plan de masse qui ne montre que le projet sans l'existant est systématiquement considéré comme incomplet par les services instructeurs.

Échelle, orientation et lisibilité


Le choix de l'échelle

  • 1/200 : pour les petites parcelles de moins de 1 000 m². Permet une lecture précise des détails
  • 1/500 : pour les parcelles moyennes de 1 000 à 5 000 m²
  • 1/1 000 : pour les grands terrains, mais les cotations deviennent difficiles à lire

L'échelle doit être indiquée en chiffres et représentée par une barre graphique. La barre graphique est indispensable car elle reste lisible même si le plan est agrandi ou réduit à la photocopie, contrairement à l'échelle numérique seule.

L'orientation et le nord

La flèche nord est obligatoire et doit être correctement orientée. Pour la vérifier, comparez votre plan avec une capture d'écran satellite de votre parcelle (Google Maps, Géoportail) sur laquelle le nord est indiqué. Le plan de masse doit être orienté de manière identique. Une erreur d'orientation est l'une des fautes les plus graves sur un plan de masse.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Cotations incohérentes : la somme des distances (façade + recul avant + recul arrière) ne correspond pas à la profondeur de la parcelle. C'est le contrôle numéro un de l'instructeur
  • Absence de l'existant : le plan ne montre que le projet sans les constructions déjà présentes sur la parcelle
  • Flèche nord incorrecte : orientée dans le mauvais sens, ce qui fausse toute l'analyse des façades
  • Réseaux absents : aucun tracé de branchement eau, électricité ou assainissement, alors que la notice descriptive mentionne un raccordement au réseau
  • Pas de barre graphique d'échelle : si le plan est agrandi ou réduit à la photocopie, l'échelle numérique seule ne permet plus de retrouver les dimensions réelles
  • Plan illisible : trop de détails, textes illisibles, cotations croisées. Un plan de masse doit être clair et aéré
  • Incohérence avec les autres pièces : les dimensions de la construction sur le plan de masse ne correspondent pas à celles des plans de niveaux ou de la notice descriptive
Un plan de masse incohérent avec les plans de niveaux est l'une des causes les plus fréquentes de refus de permis ou de demandes de pièces complémentaires. Avant de déposer votre dossier, vérifiez systématiquement que les dimensions de la construction sont identiques sur toutes les pièces graphiques.
Plan de masse d'une extension de maison distinguant la construction existante et la partie projetée avec cotations

Pour un projet d'extension, le plan de masse doit représenter à la fois les constructions existantes et la partie projetée, avec une différenciation visuelle claire entre les deux états. L'instructeur calcule l'emprise au sol totale après travaux (existant + projet) pour vérifier le respect du coefficient maximal fixé par le PLU. Un plan de masse montrant uniquement l'extension sans l'existant est systématiquement considéré comme incomplet.

Situations fréquentes et conseils pratiques

Cas 1 : mon terrain est en pente, que dois-je indiquer en plus sur le plan de masse ?

  • Indiquez les cotes altimétriques du terrain naturel aux quatre angles de la construction projetée
  • Indiquez la cote du plancher bas fini (niveau du rez-de-chaussée) et la cote du faîtage
  • Si la pente est forte, une coupe schématique du terrain peut être ajoutée en légende pour faciliter la lecture
  • Vérifiez dans le PLU la définition de la hauteur maximale : certains PLU la calculent depuis le terrain naturel moyen, d'autres depuis le point le plus bas de la construction

Cas 2 : ma parcelle n'est pas rectangulaire, comment coter l'implantation ?

  • Utilisez la méthode de triangulation : pour chaque angle de la construction, indiquez la distance vers deux points fixes et identifiables des limites
  • Indiquez également les distances perpendiculaires entre les façades et les limites les plus proches, même si ces limites ne sont pas parallèles aux façades
  • Sur les parcelles en drapeau ou en L, il peut être nécessaire d'indiquer plusieurs angles et de multiplier les cotations de localisation
  • Un professionnel du dessin technique saura choisir la méthode de cotation la plus adaptée à la morphologie de votre parcelle

Cas 3 : j'ai un assainissement non collectif, comment le représenter ?

  • Représentez l'emplacement de la fosse toutes eaux ou de la microstation, avec ses dimensions approximatives
  • Tracez le réseau d'épandage (tranchées filtrantes) ou l'emprise de la filière retenue (filtre compact, etc.), en cohérence avec le plan validé par le SPANC
  • Indiquez la distance entre le système d'assainissement et les limites de propriété (distances réglementaires généralement de 3 à 5 mètres selon les filières)
  • Le plan de masse doit être cohérent avec l'attestation de conformité délivrée par le SPANC qui est jointe au dossier
Checklist du plan de masse complet :

1. Limites de la parcelle cotées

2. Constructions existantes représentées et différenciées

3. Construction projetée représentée

4. Distances aux limites séparatives cotées

5. Distance à la voie publique cotée

6. Dimensions de la construction (longueur × largeur)

7. Flèche nord correctement orientée

8. Échelle indiquée + barre graphique

9. Cotes de niveau si terrain en pente

10. Réseaux et raccordements tracés

11. Accès au terrain depuis la voie publique

12. Cohérence avec les dimensions des plans de niveaux

Conclusion : le plan de masse, la pièce qui conditionne tout le reste

Le plan de masse est la pièce graphique la plus scrutée par les services instructeurs. C'est sur lui que repose la vérification de la conformité de votre projet aux règles d'implantation du PLU. Un plan de masse complet, correctement coté et cohérent avec les autres pièces du dossier est le premier signe qu'un dossier de permis a été sérieusement préparé. À l'inverse, un plan incomplet, mal coté ou incohérent entraîne presque systématiquement une demande de compléments qui suspend le délai d'instruction et retarde le projet. La bonne nouvelle, c'est que les règles qui gouvernent le plan de masse sont précises et stables : une fois qu'on les connaît et qu'on dispose des bonnes informations sur la parcelle, réaliser un plan de masse conforme est une tâche parfaitement maîtrisable par un professionnel du dessin technique.

Les points essentiels à retenir :

  1. Le plan de masse (PCMI2) montre l'implantation du projet sur la parcelle vue du dessus.
  2. Il permet à l'instructeur de vérifier les reculs et l'emprise au sol.
  3. Les cotations sont obligatoires : dimensions, distances aux limites et à la voie.
  4. La triangulation est la méthode la plus rigoureuse pour les parcelles irrégulières.
  5. La flèche nord est obligatoire et doit être correctement orientée.
  6. L'échelle et la barre graphique doivent figurer sur le plan.
  7. Les constructions existantes doivent être représentées et distinguées du projet.
  8. Les réseaux projetés doivent être tracés sur le plan de masse.
  9. Pour un terrain en pente, les cotes altimétriques du terrain naturel sont obligatoires.
  10. Une incohérence entre le plan de masse et les plans de niveaux est l'une des erreurs les plus bloquantes.
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Article mis à jour en juin 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine
Le contenu du plan de masse est défini par l'arrêté du 13 décembre 2004 relatif au contenu du dossier de demande de permis de construire, modifié par l'arrêté du 2 mars 2012. La pièce PCMI2 est visée à l'article R.431-9 du Code de l'urbanisme. Les règles d'implantation vérifiées sur le plan de masse sont fixées par le règlement du PLU de chaque commune, articles 6, 7 et 9 de chaque zone.