Vous avez obtenu votre permis de construire
et les travaux ont commencé — ou sont sur le point de commencer — mais vous souhaitez
apporter des modifications au projet initial ? Un changement de matériau de façade,
quelques fenêtres supplémentaires, une légère modification des dimensions, un déplacement
de la construction sur le terrain : ces évolutions sont fréquentes dans tout projet
de construction et ne nécessitent pas forcément de repartir de zéro avec une nouvelle demande.
Le permis modificatif (PM) est la procédure prévue par le Code de l'urbanisme pour adapter
un permis déjà accordé sans avoir à le refaire intégralement.
Dans ce guide, je vous explique précisément ce qu'est un permis modificatif,
quand le déposer, ce qu'il permet de modifier (et ce qu'il ne permet pas),
quelles pièces constituer, les délais d'instruction, et comment gérer les cas particuliers
comme la modification après achèvement des travaux ou la régularisation d'une déviation
constatée en cours de chantier.
Qu'est-ce qu'un permis modificatif ?
Le permis modificatif est une procédure encadrée par l'article R424-17 du Code
de l'urbanisme. Il permet au bénéficiaire d'un permis de construire ou d'un permis
d'aménager de modifier son autorisation initiale pour des ajustements qui n'en remettent
pas en cause l'économie générale.
Un complément au permis initial, pas un remplacement
C'est un point fondamental à comprendre : le permis modificatif ne remplace pas
le permis initial. Il vient s'y ajouter. Le projet final autorisé résulte donc
de la combinaison du permis initial et du ou des permis modificatifs obtenus.
Si vous déposez deux permis modificatifs successifs, les trois documents
(permis initial + PM1 + PM2) forment ensemble l'autorisation complète du projet.
Cette logique a des conséquences pratiques importantes :
Le numéro du permis initial reste la référence (le PM porte un numéro
complémentaire du type PC 075 118 26 00001 M01)
La DAACT (Déclaration d'Achèvement et de Conformité des Travaux)
doit mentionner à la fois le permis initial et tous les permis modificatifs obtenus
En cas de vente du bien, les deux documents doivent être transmis à l'acquéreur
Si le permis initial est annulé, les PM qui en dépendent le sont également
Permis modificatif vs déclaration préalable modificative
Ces deux procédures n'ont pas le même champ d'application :
Permis modificatif (PM) : pour modifier un permis de construire
ou un permis d'aménager. Cerfa 13406, délai 2 mois.
Déclaration préalable modificative : pour modifier une déclaration
préalable de travaux accordée. Cerfa 13404, délai 1 mois
(2 mois en secteur protégé).
Dans les deux cas, la logique est identique : on dépose un dossier en mairie
qui ne concerne que les modifications, sans refaire l'ensemble de la demande initiale.
Le présent article se concentre sur le permis modificatif (PM) lié au permis de construire.
Exemple concret :
Vous avez obtenu un permis de construire pour une maison avec façade en enduit blanc
et toiture en tuiles rouges. En cours de chantier, vous décidez de passer à un bardage
bois naturel sur une partie de la façade, ce qui modifie l'aspect extérieur
par rapport aux plans autorisés.
→ Cette modification nécessite un permis modificatif avant d'être réalisée.
→ Le permis initial (construction de la maison) reste valable.
→ Seul l'aspect de façade est concerné : le dossier PM ne porte que sur cette modification.
Quand déposer un permis modificatif ?
Le PM peut être déposé à n'importe quel moment pendant la durée de validité
du permis initial, c'est-à-dire dans un délai de 3 ans à compter de son obtention
(plus les éventuelles prorogations d'un an). Il peut également être déposé
après l'achèvement des travaux, tant que ce délai n'est pas écoulé.
Avant le début des travaux
C'est la situation la plus simple et la plus recommandée. Vous avez obtenu votre
permis de construire, les travaux n'ont pas encore commencé, et vous souhaitez
affiner ou modifier certains aspects du projet.
Vous avez tout le temps de déposer et d'attendre l'instruction (2 mois)
avant de lancer le chantier
La DOC (Déclaration d'Ouverture de Chantier) ne doit pas avoir été déposée
pour certains services instructeurs — vérifiez avec votre mairie
Attention : si vous avez affiché votre permis initial sur le terrain
et que le délai de recours des tiers de 2 mois est écoulé,
le PM remet en jeu un nouveau délai de recours
En cours de chantier
C'est le cas le plus fréquent. Des imprévus techniques, des choix de matériaux
modifiés par le maître d'œuvre ou des souhaits du propriétaire conduisent
à s'écarter légèrement des plans autorisés.
Déposez le PM dès que vous identifiez la modification nécessaire
Les travaux concernés par la modification doivent être suspendus
jusqu'à l'obtention du PM (les autres corps d'état peuvent continuer)
En pratique, pour ne pas bloquer le chantier, certains maîtres d'ouvrage
déposent le PM rapidement et attendent l'accord avant de réaliser
la partie modifiée
Après l'achèvement des travaux (régularisation)
Il est possible de déposer un PM après la fin du chantier pour régulariser
des modifications réalisées qui s'écartent du permis accordé. Cette situation
est plus délicate mais tout à fait gérable si le permis initial est encore valide.
Le PM de régularisation permet de rendre la DAACT conforme à la construction réelle
Sans PM de régularisation, la construction reste non conforme au permis :
problème potentiel à la revente, en cas de sinistre ou de contrôle
Si le permis initial est périmé, une nouvelle demande d'autorisation sera nécessaire
(voir section cas particuliers)
Le bon réflexe : Si vous constatez en cours de chantier que les travaux
divergent du permis autorisé, prenez contact avec votre service urbanisme et déposez
le PM sans tarder. Plus la démarche est anticipée, plus elle est simple à gérer.
Un PM non déposé se transforme souvent en problème au moment de la revente
ou de la déclaration d'achèvement.
Ce qu'on peut modifier avec un PM
Le PM peut porter sur de nombreux types de modifications, à condition qu'elles
ne remettent pas en cause l'économie générale du projet initial. Voici les
principales catégories de modifications acceptées.
Modifications d'aspect extérieur
Changement de matériau de façade (enduit vers bardage bois, carrelage vers pierre...)
Modification de la couleur de l'enduit ou du bardage
Changement de matériau de toiture (tuiles rouges vers tuiles ardoisées, zinc...)
Modification du type ou de la couleur des menuiseries (fenêtres, portes)
Ajout ou suppression de volets, persiennes, garde-corps
Modification de l'aspect ou de la forme des débords de toiture
Ajout ou suppression d'un auvent, d'une marquise, d'un store
Modifications d'ouvertures
Ajout, suppression ou déplacement de fenêtres, portes-fenêtres, baies
Modification des dimensions d'ouvertures existantes
Ajout de fenêtres de toit (Velux)
Modification de la porte d'entrée ou du portail d'accès
Légères modifications de volumes et dimensions
Légère augmentation ou réduction de surface de plancher
(quelques m² sans changer radicalement le projet)
Modification mineure de la hauteur (quelques dizaines de centimètres)
Modification de la forme du plan de masse
(léger décalage d'une façade, modification d'un angle)
Ajout ou suppression d'un balcon, d'une terrasse en toiture
Modification de la pente de toiture restant dans les limites PLU
Modifications d'implantation
Légère modification de la position de la construction sur le terrain,
sous réserve que les nouvelles implantations respectent les règles PLU
(distances aux limites, emprise au sol)
Rotation légère du bâtiment pour mieux tenir compte de l'orientation solaire
ou des contraintes du sol
Modifications de destination ou d'aménagement intérieur
Modification de la répartition intérieure des pièces (si elle n'entraîne pas
de modification de surface, de volume ou d'aspect extérieur notable)
Changement de destination d'une pièce (ex : garage transformé en bureau,
sans modification extérieure)
Ajout ou suppression d'une mezzanine ou d'un niveau intermédiaire
dans le volume autorisé
Exemples de PM courants :
✅ Maison autorisée en enduit blanc → passage en bardage bois gris : PM requis
✅ Toiture initialement prévue en tuiles rouges → tuiles gris ardoisé : PM requis
✅ Plan masse déplacé de 1,50 m vers le fond du terrain (reculs PLU respectés) : PM requis
✅ Ajout de 3 fenêtres en façade latérale : PM requis
✅ Surface habitable augmentée de 8 m² dans le volume existant : PM requis
✅ Suppression du garage intégré, remplacement par une pièce de vie : PM requis
Ce qu'on ne peut pas modifier via un PM
Le permis modificatif a des limites. Lorsque les modifications envisagées sont trop
importantes et remettent en cause l'économie générale du projet, une nouvelle demande
de permis de construire s'impose.
Modifications qui nécessitent un nouveau permis
Doublement ou triplement de la surface : si les modifications
aboutissent à un projet radicalement différent en superficie (par exemple,
passer d'une maison de 100 m² à 200 m²), un nouveau permis est requis
Changement radical de destination : transformer une maison
individuelle en immeuble collectif, ou un entrepôt en logements,
relève d'un nouveau permis (voire d'un PC valant autorisation de changement
de destination)
Ajout d'un niveau complet supplémentaire : passer d'un R+1
à un R+2 avec création de nouvelle surface habitable constitue une modification
substantielle qui excède le cadre du PM
Déplacement majeur de la construction : si la nouvelle implantation
ne respecte plus les règles PLU initiales ou si le déplacement est trop important
par rapport au permis accordé
Modifications entraînant une non-conformité au PLU :
si la modification demandée ne respecte pas les règles d'urbanisme applicables
(hauteur PLU dépassée, distance aux limites non respectée), le PM sera refusé
Comment savoir si votre modification relève d'un PM ou d'un nouveau permis ?
La règle générale : si un urbaniste découvrant le projet modifié sans connaître
le permis initial dirait "c'est un projet complètement différent", un nouveau permis
s'impose. Si la modification s'intègre naturellement dans le projet de départ
en en conservant l'esprit et la volumétrie générale, le PM est la bonne procédure.
En cas de doute, contactez le service urbanisme de la mairie avant de constituer le dossier.
Le dossier de permis modificatif ne porte que sur les pièces concernées par les modifications : plans avant/après, façades modifiées, notice descriptive des changements
Pièces du dossier et constitution
Le dossier de permis modificatif utilise le même formulaire que le permis de construire
initial (Cerfa 13406 pour les maisons individuelles ou 13409 pour les autres constructions),
avec la mention explicite qu'il s'agit d'une modification. L'avantage principal :
on ne refournit que les pièces concernées par les modifications,
pas l'intégralité du dossier initial.
Pièces obligatoires dans tous les cas
Cerfa 13406* complété avec la mention "Modificatif"
dans le titre et le numéro du permis initial à modifier
(format : PC 075 118 26 00001 ou similaire)
Plan de situation du terrain (identique au dossier initial
si le terrain n'a pas changé — peut être réutilisé)
Notice descriptive des modifications : document précisant
clairement ce qui change par rapport au permis initial autorisé,
avec référence aux plans et pièces concernés
Pièces selon la nature des modifications
Si modification d'aspect extérieur (façades, toiture, matériaux) :
Plans des façades modifiées en version "avant" (permis initial) et "après" (projet modifié),
avec indication des matériaux et couleurs
Document graphique d'insertion dans l'environnement si le changement est significatif
Échantillons ou références précises des matériaux/couleurs proposés
(codes RAL ou NCS pour les couleurs)
Si modification de volume ou d'implantation :
Plan de masse coté mis à jour, avec les nouvelles dimensions et les distances
aux limites séparatives et à la voie publique
Plan de coupe mis à jour si modification de hauteur ou de pente de toiture
Plans des niveaux modifiés si changement de surface ou d'organisation intérieure
Tableau des surfaces mis à jour (surface de plancher, emprise au sol)
Si modification d'ouvertures :
Plans de façades mis à jour avec les ouvertures modifiées (ajoutées, supprimées
ou déplacées), cotés et avec indication des matériaux de menuiserie
Plans des niveaux concernés si les ouvertures impactent l'organisation intérieure
En secteur protégé (avis ABF) :
Photographies supplémentaires de l'existant et du contexte patrimonial
Notice justifiant la cohérence des modifications avec le patrimoine environnant
Échantillons ou fiches techniques détaillées des matériaux proposés
Combien d'exemplaires ? Le dossier est déposé en 4 exemplaires
(comme le permis initial). Vérifiez avec votre mairie si un dépôt en ligne
est possible via le portail communal ou via le guichet numérique des autorisations
d'urbanisme (GNAU) disponible dans de nombreuses communes.
Un récépissé de dépôt vous sera remis immédiatement : conservez-le précieusement,
il fait foi en cas d'accord tacite.
Délais d'instruction et procédure
La procédure d'instruction d'un permis modificatif est identique à celle
d'un permis de construire ordinaire, mais avec des délais généralement
plus courts car le dossier est moins volumineux.
Délais d'instruction selon le contexte
Zone normale (hors secteur protégé) : 2 mois à compter
de la réception du dossier complet en mairie
Autres secteurs nécessitant des consultations externes :
délais variables pouvant aller jusqu'à 3 ou 5 mois
(SDIS, DRE, UDAP selon la nature du projet)
Déroulement de l'instruction
Dépôt du dossier en mairie : remise du récépissé immédiat
mentionnant la date de dépôt et le délai d'instruction applicable
Vérification de complétude : dans le mois suivant le dépôt,
la mairie peut demander des pièces complémentaires si le dossier est incomplet.
Le délai d'instruction repart à zéro à réception des pièces manquantes
Instruction : vérification de la conformité du projet modifié
aux règles PLU, consultation des services extérieurs si nécessaire (ABF, SDIS...)
Décision : arrêté d'accord (ou de refus) notifié au déposant
et affiché en mairie. En l'absence de réponse dans le délai :
accord tacite
L'accord tacite
Si la mairie ne répond pas dans le délai d'instruction imparti,
l'accord tacite s'applique : le silence de l'administration vaut acceptation.
Pour sécuriser cette situation, conservez impérativement :
Le récépissé de dépôt du dossier (preuve de la date de dépôt)
Une copie complète du dossier déposé (en cas de contestation ultérieure)
Tout courrier ou courriel de la mairie concernant le dossier
En cas d'accord tacite, vous pouvez demander à la mairie un certificat
de non-opposition, qui formalise l'accord et facilite les démarches ultérieures
(affichage réglementaire, transmission à l'assureur ou au notaire).
Chronologie type d'un PM en zone normale :
J0 : Dépôt du dossier en mairie → récépissé remis
J0 à J30 : Période pendant laquelle la mairie peut demander des pièces complémentaires
J30 à J60 : Instruction du dossier (consultations éventuelles)
J60 : Arrêté d'accord notifié (ou silence = accord tacite)
J60 + 2 mois : Expiration du délai de recours des tiers
→ Vous pouvez réaliser les travaux modificatifs dès l'obtention de l'accord (J60 au plus tard)
Après l'obtention du permis modificatif
Une fois le permis modificatif accordé, plusieurs formalités s'enchaînent.
Elles sont identiques à celles qui suivent l'obtention du permis initial.
Affichage sur le terrain
Tout comme le permis initial, le permis modificatif doit être affiché sur le terrain
dès son obtention, de manière visible depuis la voie publique, pendant toute la durée
des travaux et au minimum 2 mois (délai de recours des tiers).
Panneau réglementaire standard (dimensions minimales 80 × 120 cm
pour les chantiers importants, format libre mais lisible pour les petits travaux)
Mentions obligatoires : numéro du PM, nature des travaux modifiés,
nom du bénéficiaire, adresse du terrain, surface modifiée si applicable
Conservez des photos datées de l'affichage (en cas de contestation
sur la date de début du délai de recours)
Délai de recours des tiers
Les tiers (voisins, associations) disposent d'un délai de 2 mois à compter
de l'affichage du panneau sur le terrain pour contester le permis modificatif.
Ce délai est important car il conditionne la solidité juridique de votre autorisation.
Pendant ces 2 mois, les travaux modificatifs peuvent être réalisés
mais à vos risques (recours possible)
Après 2 mois d'affichage continu et sans recours, le PM est définitif
et ne peut plus être contesté par les tiers
Le recours des tiers ne peut porter que sur les modifications apportées
par le PM, pas sur le permis initial déjà définitif
La DAACT (Déclaration d'Achèvement et de Conformité des Travaux)
À la fin du chantier, la DAACT doit mentionner l'ensemble des autorisations
sous lesquelles les travaux ont été réalisés :
Numéro du permis initial
Numéros de tous les permis modificatifs obtenus
Attestation que les travaux sont conformes à l'ensemble de ces autorisations
La DAACT est adressée en mairie (et parfois à d'autres organismes selon la nature
des travaux : attestation RE2020, attestation accessibilité...). La mairie dispose
ensuite d'un délai de 3 mois pour contester la conformité des travaux
(5 mois en secteur protégé). Si elle ne réagit pas dans ce délai,
la conformité est tacitement reconnue.
Cas particuliers : PM après achèvement, DP modificative, permis périmé
PM de régularisation après achèvement
C'est une situation fréquente : les travaux sont terminés mais la construction
diffère légèrement des plans autorisés (un mur déplacé de quelques centimètres,
une fenêtre supprimée, une toiture légèrement différente...).
Si le permis initial est encore valide (moins de 3 ans + prorogations),
un PM de régularisation est possible.
Le dossier est constitué comme un PM normal, en décrivant
les modifications réellement réalisées par rapport au permis initial
Les plans fournis montrent l'état "comme construit" (as-built)
et non l'état "projeté"
Une fois le PM de régularisation accordé, la DAACT peut être déposée
en conformité
Cette démarche est recommandée avant toute vente du bien
pour éviter les blocages notariaux
Que faire si le permis initial est périmé ?
Si le permis initial a expiré (plus de 3 ans sans prorogation, ou chantier
interrompu plus d'un an), le PM n'est plus possible.
Deux situations se présentent alors :
Travaux non commencés ou en cours : il faut déposer
un nouveau permis de construire
complet intégrant les modifications souhaitées
Travaux terminés mais non conformes : une demande de permis
de construire valant régularisation peut être déposée, ou une
déclaration préalable
si les modifications relèvent de ce régime. Cette démarche est soumise
aux règles PLU en vigueur au moment du dépôt, qui peuvent avoir évolué
depuis l'obtention du permis initial
La déclaration préalable modificative
Si vous devez modifier non pas un permis de construire mais une déclaration préalable
accordée, la procédure est légèrement différente :
Dossier Cerfa 13404 (formulaire DP) avec la mention "Modificatif"
et le numéro de la DP initiale
Mêmes pièces que la DP initiale, limitées aux éléments modifiés
Délai d'instruction : 1 mois (2 mois en secteur protégé)
Mêmes règles d'affichage et de recours des tiers
Cas concret de DP modificative :
Vous avez obtenu une déclaration préalable pour une extension de 18 m²
avec façade en enduit blanc. En cours de travaux, vous décidez d'harmoniser
l'extension avec la maison existante en bardage bois.
→ Dépôt d'une DP modificative (Cerfa 13404)
→ Seul le plan de façade modifié et la notice descriptive sont fournis
→ Délai d'instruction : 1 mois
→ La DP initiale reste valable, la DP modificative vient la compléter
Prorogation de permis et PM : attention à ne pas confondre.
La prorogation de permis permet de prolonger la validité d'un permis
qui n'a pas encore été mis en œuvre (ou dont le chantier a été interrompu).
Elle se demande via un courrier simple en mairie, 2 mois avant l'expiration
du permis, et peut être accordée 2 fois pour 1 an chacune (soit 2 ans supplémentaires
en plus des 3 ans initiaux). La prorogation et le PM sont deux démarches distinctes
qui peuvent être déposées simultanément si vous avez besoin des deux.
Conseils pratiques
Le permis modificatif est une procédure bien rodée, mais quelques réflexes
permettent de l'aborder sereinement et d'éviter les écueils les plus courants.
Anticipez plutôt que de régulariser
Déposer un PM avant de modifier le chantier est toujours plus simple que
de déposer un PM de régularisation après coup. Dans le premier cas,
le service instructeur étudie un projet ; dans le second,
il constate une déviation et peut se montrer plus attentif aux détails.
Dès que vous envisagez une modification notable, intégrez le délai
d'instruction de 2 mois dans votre planning de chantier.
Documentez précisément les modifications
Un dossier PM clair et bien rédigé facilite l'instruction et réduit
le risque de demande de pièces complémentaires. La notice descriptive
des modifications est la pièce clé : elle doit expliquer précisément
ce qui change, pourquoi, et en quoi le projet modifié reste cohérent
avec le permis initial. Une présentation "avant/après" pour chaque
modification est la plus efficace.
Vérifiez la conformité au PLU avant de déposer
Même si les modifications peuvent sembler mineures, elles doivent respecter
les règles du PLU
en vigueur. Un changement de matériau qui ne serait pas autorisé par l'article 11,
une légère augmentation de surface qui ferait dépasser un CES maximum,
ou un déplacement de construction qui ne respecterait plus les distances aux limites :
ces situations conduiraient à un refus du PM.
Consultez le PLU ou contactez le service urbanisme avant de constituer le dossier.
Conservez tous les documents liés au permis
Le permis de construire, ses modificatifs et la DAACT constituent le "dossier
réglementaire" de votre construction. Ils vous seront demandés à chaque
étape importante de la vie du bien :
Lors de la vente du bien (le notaire vérifie la conformité de la construction)
En cas de sinistre (l'assureur peut exiger la conformité au permis accordé)
Si vous souhaitez réaliser de nouveaux travaux (les surfaces autorisées
sont calculées à partir du permis initial et de ses modificatifs)
En cas de litige avec un voisin ou d'action en justice
Faut-il faire appel à un professionnel ?
Pour un PM simple (changement de matériau, modification d'une ou deux fenêtres),
un propriétaire averti peut constituer le dossier lui-même. En revanche,
pour les modifications plus complexes (modification de volume, déplacement
du bâtiment, secteur protégé avec avis ABF), faire appel à un
dessinateur en bâtiment
garantit un dossier complet et bien documenté dès le premier dépôt.
Un dossier incomplet déclenche une demande de pièces complémentaires
qui remet le délai d'instruction à zéro — et peut bloquer votre chantier
pendant 2 mois supplémentaires.
Le dossier de permis modificatif est déposé en mairie en 4 exemplaires. Le récépissé remis immédiatement fait foi en cas d'accord tacite après le délai d'instruction.
Conclusion : le permis modificatif, un outil souple et accessible
Le permis modificatif est l'une des procédures d'urbanisme les plus utiles
et les plus méconnues. Il offre une vraie souplesse aux porteurs de projets :
un permis de construire n'est pas un carcan définitif. Les évolutions naturelles
d'un projet — changements de matériaux, ajustements de volumes, modifications
d'ouvertures — peuvent être intégrées de façon légale et simple, sans repartir
de zéro avec une nouvelle demande complète.
Les points essentiels à retenir :
Le PM complète le permis initial sans le remplacer.
Le projet final résulte de la combinaison des deux autorisations.
Délai d'instruction : 2 mois en zone normale,
3 mois en secteur protégé. Silence = accord tacite.
À déposer avant de réaliser les modifications.
Un PM de régularisation post-travaux est possible mais plus contraignant.
Dossier allégé : seules les pièces concernées
par les modifications sont à fournir (pas de refaire tout le dossier initial).
Limite du PM : il ne peut pas modifier radicalement
l'économie générale du projet. Au-delà, un nouveau permis s'impose.
Valide pendant toute la durée du permis initial
(3 ans + prorogations), y compris après achèvement des travaux.
DAACT à déposer en fin de chantier en mentionnant
le permis initial ET tous les PM obtenus.
Documentation à conserver : permis initial + PM + DAACT
constituent le dossier réglementaire complet de la construction.
La clé d'un PM réussi : l'anticiper dès que la modification est envisagée,
constituer un dossier clair avec une notice "avant/après" bien rédigée,
et vérifier la conformité au PLU des modifications demandées avant le dépôt.
Ces réflexes simples font la différence entre une procédure fluide de 2 mois
et des allers-retours avec le service instructeur qui peuvent bloquer
un chantier bien plus longtemps.
Vous avez besoin d'un permis modificatif ?
Je vous accompagne dans la constitution de votre dossier de permis modificatif
ou de déclaration préalable modificative : analyse des modifications souhaitées
et de leur faisabilité au regard du
PLU,
production des plans modifiés (façades, masse, coupe, niveaux selon les cas),
rédaction de la notice descriptive des modifications, constitution du dossier
complet prêt à déposer en mairie.
Que la modification soit simple (changement de matériau) ou plus complexe
(modification de volume, secteur protégé ABF), je vous apporte
un dossier conforme dès le premier dépôt pour éviter toute demande
de pièces complémentaires.
Article mis à jour en février 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine
Les règles présentées correspondent aux dispositions généralement applicables.
Les délais et procédures peuvent varier selon les communes et les services instructeurs.