Logement Classé F ou G : Obligations, Interdictions et Aides 2026
08/06/2026
Temps de lecture :
11 minutes
Logement Classé F ou G : Obligations, Interdictions et Aides 2026
Vous venez de recevoir un DPE (Diagnostic de Performance Énergétique)
classant votre logement F ou G.
Vous êtes propriétaire bailleur et vous vous demandez
si vous pouvez encore louer votre bien,
augmenter le loyer ou devez impérativement rénover.
Vous envisagez de vendre un logement classé F
et vous ne savez pas si un audit énergétique est obligatoire
ni comment cela va affecter le prix.
Les passoires thermiques sont au cœur de la politique énergétique française.
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021
a introduit un calendrier progressif d'interdictions
qui transforme profondément le marché locatif et immobilier.
Pour les 5,2 millions de logements classés F et G en France,
l'obligation de rénover n'est plus une question de confort
mais une réalité juridique avec un calendrier précis.
Dans ce guide complet, je vous explique
ce que signifie exactement la classification F ou G,
le calendrier des interdictions de location,
le gel des loyers applicable depuis 2022,
l'obligation d'audit énergétique lors des ventes,
les aides financières disponibles pour rénover,
les travaux les plus efficaces pour changer de classe,
et le rôle de l'Accompagnateur Rénov'.
Pour comprendre les techniques de travaux d'isolation
qui permettent d'améliorer le DPE,
consultez nos articles sur l'
isolation par l'extérieur
et sur l'
isolation par l'intérieur.
Comprendre le DPE et les classes F et G
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)
classe les logements de A (très performant) à G (très énergivore).
Cette classification détermine désormais des droits et obligations
précises pour les propriétaires.
Les seuils de consommation des classes F et G
Classe F :
consommation d'énergie primaire entre 331 et 450 kWh/m²/an
ou émissions de GES supérieures à 70 kg CO2eq/m²/an
Classe G :
consommation d'énergie primaire supérieure à 450 kWh/m²/an
ou émissions de GES supérieures à 100 kg CO2eq/m²/an
Le classement retenu est le plus défavorable
des deux critères (énergie ou GES)
La réforme du DPE de juillet 2021
En juillet 2021, la méthode de calcul du DPE a été révisée
(méthode 3CL 2021).
Les anciens DPE réalisés avant le 1er juillet 2021
avaient une valeur indicative non opposable.
La réforme a rendu le DPE opposable juridiquement :
un DPE erroné engage maintenant la responsabilité du diagnostiqueur.
Cette réforme a également provoqué un reclassement
de nombreux logements : des logements autrefois en classe C ou D
se retrouvent maintenant en classe F ou G
avec la nouvelle méthode de calcul.
Si votre DPE date d'avant juillet 2021,
faites-le refaire avec la nouvelle méthode
avant de prendre toute décision.
Les passoires thermiques en chiffres :
Nombre de logements F et G en France :
environ 5,2 millions (17 % du parc)
Répartition :
dont environ 1,5 million classés G
Profil type :
maisons individuelles construites avant 1975,
chauffage au fioul ou électrique à résistance,
sans isolation ou avec isolation ancienne insuffisante
Surcoût énergétique :
une maison classée G coûte en moyenne 3 000 à 6 000 €/an
de plus en énergie qu'une maison classée D ou E équivalente
Impact locatif :
environ 1,9 million de logements locatifs classés F ou G
sont concernés par les interdictions progressives
Le calendrier des interdictions de location
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021
a établi un calendrier progressif d'interdictions
de mise en location des logements les plus énergivores.
Ce calendrier est le suivant en France métropolitaine.
Les étapes du calendrier
Depuis le 1er janvier 2023 :
interdiction de louer les logements classés G
dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an
(les pires G, dits "G+").
Cette mesure concerne les nouvelles mises en location
et les renouvellements de bail
Depuis le 1er janvier 2025 :
interdiction de louer tous les logements classés G
(tous les G, pas seulement les G+).
Un logement G ne peut plus être mis en location
ni faire l'objet d'un renouvellement de bail
À partir du 1er janvier 2028 :
interdiction de louer les logements classés F
À partir du 1er janvier 2034 :
interdiction de louer les logements classés E
Ce que signifient concrètement ces interdictions
Un logement classé G en 2026 :
Ne peut pas être proposé à un nouveau locataire
dans le cadre d'une location à usage de résidence principale
Si un locataire est en place avec un bail en cours,
ce bail peut se poursuivre jusqu'à son terme,
mais il ne peut pas être renouvelé à son expiration
En cas de mise en location malgré l'interdiction,
le locataire peut saisir le tribunal
pour obtenir une mise en conformité ou une réduction de loyer
Les exceptions et cas particuliers
Contraintes techniques insurmontables :
le propriétaire peut être exonéré de l'obligation de rénovation
s'il démontre que des contraintes techniques, architecturales
ou réglementaires (monument historique, bâtiment protégé, copropriété)
rendent impossible l'atteinte d'un niveau de performance suffisant.
Cette dérogation est appréciée au cas par cas
DOM-TOM :
calendrier décalé, vérifiez les dispositions locales
Logements meublés touristiques (Airbnb) :
la réglementation s'applique aux locations à titre de résidence principale.
Les meublés touristiques ont des règles distinctes
qui évoluent rapidement
Le gel des loyers depuis 2022
Depuis le 24 août 2022,
les logements classés F et G sont soumis à un gel des loyers
qui les pénalise économiquement pour inciter les propriétaires à rénover.
Ce que le gel interdit
Pas de révision en cours de bail :
le loyer ne peut pas être révisé à la hausse
en application de l'Indice de Référence des Loyers (IRL).
Un propriétaire d'un logement F ou G
ne peut pas appliquer la revalorisation annuelle
autorisée pour les autres logements
Pas d'augmentation entre deux locataires :
à l'expiration d'un bail avec un locataire,
le loyer ne peut pas être augmenté
lors de la signature d'un nouveau bail
avec un nouveau locataire.
Cette règle s'applique même dans les zones tendues
où les propriétaires d'autres logements
peuvent réajuster le loyer à la relocation
Gel identique pour les locations vides et meublées :
le gel s'applique aux deux types de location à titre de résidence principale
Comment sortir du gel
Pour pouvoir à nouveau réviser ou augmenter le loyer,
le propriétaire doit réaliser des travaux
permettant d'atteindre au minimum la classe E du DPE.
Un nouveau DPE doit être réalisé après travaux
pour attester de la nouvelle classe.
Si la classe E ou mieux est atteinte,
le propriétaire retrouve toutes les facultés
de révision et d'augmentation du loyer
dans les limites légales habituelles.
L'audit énergétique obligatoire à la vente
La vente d'un logement F ou G est soumise
depuis le 1er avril 2023 à une obligation nouvelle :
la réalisation d'un audit énergétique,
en plus du DPE habituel.
Qui est concerné par l'audit obligatoire ?
Maisons individuelles (en monopropriété)
classées F ou G : depuis le 1er avril 2023
Maisons individuelles classées E :
depuis le 1er janvier 2025
Immeubles collectifs en monopropriété :
calendrier à vérifier selon les classes
Les logements en copropriété
(vente d'un appartement)
ne sont pas encore soumis à l'audit individuel obligatoire,
mais cela pourrait évoluer
Ce que contient l'audit énergétique
L'audit énergétique est beaucoup plus détaillé qu'un DPE.
Il comprend :
Un état des lieux de la performance actuelle du logement
(analyse des parois, des équipements, des usages)
Des propositions de travaux par priorité,
avec estimation des coûts et des économies d'énergie attendues
Un scénario de rénovation en une seule étape
permettant d'atteindre la classe D minimum
(objectif de l'audit : rénover pour atteindre D)
Un ou plusieurs scénarios de rénovation en deux étapes
pour atteindre B ou C à terme
Une évaluation des aides financières disponibles
pour chaque scénario
Les obligations du vendeur
L'audit doit être réalisé avant la mise en vente du bien
Il doit être remis à l'acheteur potentiel
lors de la première visite du bien
Il est annexé à la promesse de vente ou au compromis
Un audit absent ou non remis peut constituer
un vice du consentement ouvrant droit
à des recours de l'acheteur
Le coût de l'audit est à la charge du vendeur :
de 500 à 1 500 € selon la taille du logement
La décote immobilière des passoires thermiques
Au-delà des obligations légales,
la classification F ou G a un impact financier concret
sur la valeur marchande du bien.
Une décote croissante
Les études des notaires et des agences immobilières
montrent une décote croissante pour les logements F et G
depuis la mise en place des restrictions :
Classe G :
décote de 10 à 20 % par rapport à un logement équivalent en classe D
Classe F :
décote de 5 à 15 %
La décote varie selon les régions,
le type de logement et le marché local
Elle est plus marquée dans les marchés dynamiques
où les acheteurs peuvent comparer avec d'autres biens
Rénover avant de vendre : rentable ou pas ?
La question se pose : vaut-il mieux rénover avant de vendre
et récupérer la décote, ou vendre avec la décote
et laisser l'acheteur rénover ?
La réponse dépend du budget de rénovation
et du marché local.
En règle générale :
Si le coût de la rénovation pour passer en classe D
est inférieur à la décote constatée sur le marché,
rénover avant de vendre est rentable
Si les aides financières couvrent une part significative
des travaux, la rénovation avant vente est d'autant plus intéressante
Dans les marchés tendus (grandes villes),
les acheteurs ont les moyens de rénover eux-mêmes
et négocient agressivement la décote.
La rénovation préalable peut ne pas être rentable
Dans les marchés détendus (zones rurales),
une passoire thermique peut décourager les acheteurs
et rester longtemps invendue.
La rénovation peut être nécessaire pour trouver un acquéreur
L'audit énergétique est obligatoire depuis le 1er avril 2023 pour la vente des maisons individuelles classées F ou G. Plus détaillé que le simple DPE, il identifie les travaux à réaliser par ordre de priorité et présente des scénarios de rénovation chiffrés pour atteindre la classe D minimum. Il doit être remis à l'acheteur dès la première visite du bien. Son coût, à la charge du vendeur, est de 500 à 1 500 € selon la taille du logement.
Les travaux prioritaires pour changer de classe
Pour sortir d'une classe F ou G,
les travaux doivent être choisis en fonction
des spécificités du logement.
L'audit énergétique est le guide le plus fiable.
Mais des priorités générales se dégagent.
Les principales causes d'un mauvais DPE
Chauffage au fioul ou au gaz à haute température
(chaudière ancienne sans condensation) :
responsable à lui seul d'une mauvaise note DPE
en raison de l'émission de GES élevée du fioul
Chauffage électrique à résistance (convecteurs) :
très consommateur d'énergie primaire
(coefficient 2,3 pour l'électricité dans le calcul DPE),
même si le confort thermique est correct.
Les logements chauffés à l'électricité à résistance
sont souvent classés F ou G
Absence ou insuffisance d'isolation :
combles non isolés, murs sans isolation,
plancher bas non isolé
Simple vitrage :
fenêtres en simple vitrage, surtout dans les pièces principales
Les travaux les plus impactants selon la cause
Logement chauffé au fioul :
le remplacement de la chaudière fioul par une pompe à chaleur air/eau
est souvent le geste le plus efficace pour améliorer le DPE.
Il peut faire passer un logement de F à D ou C en une seule intervention.
Coût : 8 000 à 20 000 €, fortement aidé par MaPrimeRénov'
Logement chauffé à l'électricité à résistance :
remplacement par une pompe à chaleur air/air (split)
ou installation d'un plancher chauffant avec PAC.
Impact très significatif sur le DPE.
L'installation d'une VMC double flux complète souvent cette démarche
Logement mal isolé :
isolation des combles (priorité absolue),
puis isolation des murs,
puis remplacement des fenêtres.
La combinaison combles + murs + système de chauffage performant
est généralement nécessaire pour passer de G à D
Objectif : quelle classe atteindre ?
Objectif minimum pour sortir du gel des loyers :
atteindre la classe E.
Travaux moins importants et moins coûteux
Objectif pour bénéficier de MaPrimeRénov' Ampleur :
gagner au moins 2 classes (ex. de G à E, ou de F à D).
Permet de bénéficier des aides les plus généreuses
Objectif à long terme :
atteindre la classe D ou mieux,
pour être hors des restrictions de 2028 (classe F)
et de 2034 (classe E)
Les aides financières en 2026
Les propriétaires de passoires thermiques bénéficient
d'aides renforcées qui peuvent couvrir
une part très significative du coût des travaux.
MaPrimeRénov' Ampleur (rénovation globale)
C'est l'aide la plus généreuse,
réservée aux rénovations permettant de gagner au moins 2 classes DPE.
Elle est accessible aux propriétaires occupants
et propriétaires bailleurs.
Ménages aux revenus très modestes :
jusqu'à 70 % du montant des travaux subventionné,
plafond à 70 000 € de travaux éligibles
Ménages aux revenus modestes :
jusqu'à 50 % du montant des travaux subventionné
Ménages aux revenus intermédiaires :
jusqu'à 35 % du montant des travaux subventionné
Ménages aux revenus supérieurs :
jusqu'à 15 % du montant des travaux subventionné
Accompagnateur Rénov' (MAR) obligatoire pour bénéficier de cette aide
MaPrimeRénov' geste par geste
Pour les travaux isolés (isolation, remplacement de chauffage),
MaPrimeRénov' geste par geste reste disponible
avec des montants variant selon le type de travaux
et les revenus du ménage.
Consultez notre article détaillé sur
MaPrimeRénov' 2026
pour les montants précis par type de travaux.
Les CEE et l'éco-PTZ
CEE "Coup de pouce" :
bonification pour le remplacement de chaudières fioul ou gaz
par des systèmes à énergie renouvelable.
Montants plus élevés que les CEE standards.
Cumulable avec MaPrimeRénov'
Éco-PTZ :
jusqu'à 50 000 € sans intérêts pour financer
les travaux de rénovation énergétique.
Accessible sans condition de revenus.
Cumulable avec MaPrimeRénov'
Exemple de montage financier pour une maison G passant en D :
Maison de 100 m², ménage aux revenus modestes.
Travaux : PAC + isolation combles + isolation murs ITI.
Coût total des travaux : 45 000 €
MaPrimeRénov' Ampleur (50 %) : 22 500 €
CEE : 2 000 à 4 000 €
Éco-PTZ (complément) : 10 000 à 15 000 € à taux zéro
Apport personnel : 6 000 à 11 000 €
Ces estimations sont indicatives.
Un Accompagnateur Rénov' établit le montage précis
selon votre situation personnelle et les barèmes en vigueur.
L'Accompagnateur Rénov' : rôle et obligation
Pour les rénovations d'ampleur,
le recours à un Accompagnateur Rénov' (MAR)
est obligatoire pour bénéficier de MaPrimeRénov' Ampleur.
C'est à la fois une contrainte et un avantage.
Ce que fait l'Accompagnateur Rénov'
Réaliser ou valider l'audit énergétique du logement
Définir le programme de travaux optimal
pour atteindre l'objectif de gain de classes DPE
Aider à choisir les artisans RGE adaptés
Monter les dossiers d'aides financières
(MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ)
Suivre le chantier et vérifier la conformité des travaux
Valider l'atteinte des objectifs de performance
à la fin des travaux (DPE après travaux)
Le coût de l'Accompagnateur Rénov' et son financement
Les honoraires d'un MAR varient de 1 500 à 4 000 €
selon la complexité du projet et la durée de l'accompagnement.
Ces honoraires sont eux-mêmes aidés par MaPrimeRénov' :
Ménages aux revenus très modestes et modestes :
100 % des honoraires du MAR pris en charge
dans la limite d'un plafond
Ménages aux revenus intermédiaires :
50 % des honoraires pris en charge
Ménages aux revenus supérieurs :
40 % des honoraires pris en charge
Comment trouver un Accompagnateur Rénov' agréé
Les MAR agréés sont listés sur le site france-renov.gouv.fr.
Les espaces France Rénov' (présents dans chaque département)
peuvent vous orienter vers des MAR locaux.
Certaines ADIL (Agences Départementales d'Information sur le Logement)
proposent également un service de mise en relation avec des MAR.
Comparez les offres et les profils :
certains MAR sont des bureaux d'études thermiques,
d'autres sont des architectes ou des entreprises spécialisées
en accompagnement à la rénovation.
Stratégie selon votre situation
La stratégie optimale dépend de votre situation :
propriétaire occupant, propriétaire bailleur ou futur vendeur.
Voici les approches recommandées selon chaque cas.
Vous êtes propriétaire occupant d'une passoire thermique
Faites réaliser un audit énergétique
pour identifier les travaux prioritaires
et le scénario optimal selon votre budget
Contactez un conseiller France Rénov'
ou un Accompagnateur Rénov'
pour connaître les aides auxquelles vous avez droit
Si votre objectif est de passer en classe D ou mieux,
envisagez MaPrimeRénov' Ampleur
qui permet de financer une rénovation globale cohérente
N'oubliez pas que rénover réduit vos factures d'énergie :
le retour sur investissement est concret
dès les premières années
Vous êtes propriétaire bailleur d'un logement G ou F
Logement G :
l'interdiction de location est déjà en vigueur.
Si votre locataire est en place, le bail peut se poursuivre
jusqu'à son terme mais ne peut pas être renouvelé.
Planifiez les travaux avant l'expiration du bail en cours
Logement F :
l'interdiction de location s'appliquera en 2028.
Vous avez encore 2 ans pour rénover.
Anticipez dès maintenant car les délais de chantier
et les délais des artisans peuvent être longs
Évaluez la rentabilité de la rénovation
par rapport à la vente du bien.
Pour un logement dont la valeur ne couvre pas
le coût des travaux nécessaires, la vente peut être plus judicieuse
Si vous choisissez de rénover,
les aides sont accessibles aux propriétaires bailleurs
sous conditions de maintien de la location
pendant 6 ans après travaux minimum
Vous souhaitez acheter un logement F ou G pour le rénover
Exigez l'audit énergétique lors de la visite
(obligatoire pour le vendeur)
Négociez le prix en tenant compte du coût des travaux
nécessaires pour atteindre la classe D minimum
Vérifiez votre éligibilité aux aides
avant de signer : vous pourrez bénéficier
de MaPrimeRénov' Ampleur si vous remplissez les conditions
L'éco-PTZ peut financer les travaux
à taux zéro et vous permettre de rénover
sans immobiliser tout votre apport personnel
Pour une maison classée G chauffée au fioul, la combinaison la plus efficace pour améliorer rapidement le DPE est le remplacement de la chaudière fioul par une pompe à chaleur air/eau, associé à l'isolation des combles. Cette combinaison permet souvent de passer de la classe G à la classe D ou E en une seule opération, tout en réduisant les factures de chauffage de 60 à 80 %. MaPrimeRénov' Ampleur peut financer jusqu'à 70 % du coût pour les ménages les plus modestes.
Situations fréquentes et conseils pratiques
Cas 1 : mon logement est classé G au chauffage électrique à résistance
Le chauffage électrique à résistance est pénalisé
par le coefficient 2,3 appliqué à l'électricité dans le DPE.
Ce coefficient représente la part d'énergie primaire
(gaz, charbon, nucléaire) nécessaire pour produire
1 kWh d'électricité livré chez vous.
Même un logement bien isolé peut être classé G
avec ce type de chauffage
La solution la plus impactante est l'installation
d'une pompe à chaleur air/air (split) ou air/eau.
Elle remplace l'électricité à résistance
par une énergie 3 à 5 fois moins consommatrice
(coefficient de performance ou COP)
MaPrimeRénov' aide fortement le remplacement
du chauffage électrique à résistance
par une PAC.
Cumulez avec les CEE pour maximiser l'aide
Cas 2 : j'ai un locataire en place dans un logement G et le bail expire dans 6 mois
Le bail ne peut pas être renouvelé avec un logement classé G.
À l'expiration du bail, vous ne pouvez pas proposer
un nouveau bail au même locataire ni à un nouveau
Vous avez deux options :
rénover avant l'expiration du bail
(pour pouvoir le renouveler une fois classe E atteinte)
ou récupérer le logement pour le vendre ou l'occuper
Attention : 6 mois est un délai très court pour rénover.
Contactez immédiatement un Accompagnateur Rénov'
pour connaître les délais réalistes
pour votre projet de rénovation
Si la rénovation n'est pas possible avant l'expiration du bail,
vous pouvez proposer au locataire en place
de signer un avenant au bail
formalisant la fin du contrat à l'expiration
Cas 3 : je veux vendre ma maison G et la décote me semble injuste
La décote d'un logement G sur le marché
est une réalité liée au coût des travaux
que l'acheteur devra engager.
Elle est en général proportionnelle à ce coût
Pour minimiser la décote,
envisagez de réaliser les travaux les plus efficaces
et les moins coûteux avant la vente
(remplacement de la chaudière fioul ou PAC seul
peut suffire à passer de G à E)
et de bénéficier des aides disponibles
Faites réaliser un audit énergétique
(obligatoire de toute façon) et présentez-le
avec les devis des travaux nécessaires.
Un dossier bien préparé rassure l'acheteur
et peut réduire la décote
Comment améliorer son DPE sans gros travaux :
Certaines actions peuvent améliorer le DPE
sans travaux de grande envergure :
Remplacement d'un chauffe-eau électrique
par un chauffe-eau thermodynamique :
réduit la consommation d'eau chaude sanitaire
de 70 %. Fortement aidé par MaPrimeRénov'
Pose de robinets thermostatiques
sur les radiateurs :
améliore la gestion du chauffage pièce par pièce.
Impact modeste sur le DPE mais réel sur les factures
Réglage de la chaudière :
une chaudière réglée à la bonne température de départ
consomme moins. Faire régler par un professionnel
Attention :
ces actions seules ne permettent pas
de faire passer un logement G en E ou D.
Elles peuvent améliorer marginalement le DPE
mais pas de façon suffisante pour lever les interdictions.
Erreurs fréquentes et points de vigilance
Erreur 1 : se fier à un DPE ancien
Si votre DPE date d'avant juillet 2021,
sa classification n'est plus fiable.
La méthode de calcul a fondamentalement changé.
Un logement classé D avec l'ancienne méthode
peut être classé F ou G avec la méthode actuelle.
À l'inverse, certains logements peuvent avoir de meilleures notes.
Faites refaire un DPE avec la méthode 3CL 2021
avant de prendre toute décision (travaux, vente, location).
Erreur 2 : faire des travaux sans vérifier leur impact sur le DPE
Certains travaux de confort (double vitrage, par exemple)
améliorent peu le DPE si les principales déperditions
viennent du chauffage ou des murs.
Avant d'engager des travaux coûteux,
faites simuler leur impact sur le DPE
par un diagnostiqueur ou un bureau d'études thermiques.
Un euro de travaux sur le chauffage
peut améliorer le DPE bien plus qu'un euro de travaux sur les fenêtres
dans certains logements.
Erreur 3 : oublier de faire un nouveau DPE après travaux
Après avoir réalisé des travaux de rénovation énergétique,
vous devez faire réaliser un nouveau DPE
pour constater officiellement l'amélioration de la classe.
Sans ce nouveau DPE, vous ne pouvez pas prouver
que votre logement est passé de G à E ou D,
ni lever le gel des loyers,
ni présenter la nouvelle classe lors d'une vente.
Le nouveau DPE est réalisé par un diagnostiqueur certifié.
Erreur 4 : réaliser des travaux sans artisan RGE pour bénéficier des aides
Toutes les aides financières (MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ)
sont conditionnées au recours à un artisan certifié RGE.
Si vous choisissez un artisan non RGE,
vous perdez toutes les aides.
Vérifiez la certification RGE sur renovation-info-service.gouv.fr
avant de signer le devis.
Un artisan peut avoir perdu sa certification
ou ne pas encore l'avoir obtenue.
Erreur 5 : sous-estimer le budget nécessaire pour changer de classe
Passer d'un logement G à un logement D
nécessite souvent un budget de 20 000 à 60 000 €
selon la taille, l'état et le système de chauffage en place.
Ce budget peut sembler décourageant,
mais les aides peuvent en couvrir une large part
(jusqu'à 70 % pour les ménages les plus modestes).
Faites établir un audit énergétique et une simulation d'aides
avant de vous décourager.
Le reste à charge réel peut être bien inférieur
à ce que vous imaginez.
Conclusion : agir maintenant pour éviter les contraintes de demain
Les passoires thermiques sont au cœur d'une transformation
profonde du parc immobilier français.
Les obligations légales sont claires et le calendrier irrévocable :
les logements G ne peuvent plus être loués,
les logements F ne pourront plus l'être en 2028.
La valeur marchande des passoires thermiques
se dégrade progressivement.
Pour les propriétaires concernés,
l'inaction n'est plus une option neutre.
Elle a un coût croissant :
gel des loyers, interdiction de location,
décote à la vente, surcoût énergétique pour les occupants.
En revanche, la rénovation est aujourd'hui
l'une des décisions les mieux aidées financièrement
dans l'histoire de la politique énergétique française.
Les aides peuvent couvrir une grande partie du coût.
Le retour sur investissement est réel et rapide.
La démarche commence par un audit énergétique,
se poursuit par un Accompagnateur Rénov'
et aboutit à des travaux bien ciblés
qui transforment une contrainte en opportunité.
Les points essentiels à retenir :
Classe G :
interdiction de location en vigueur depuis le 1er janvier 2025.
Classe F :
interdiction de location à partir du 1er janvier 2028.
Gel des loyers
F et G depuis le 24 août 2022.
Pas de révision ni d'augmentation possibles.
Audit énergétique obligatoire
à la vente des maisons F et G depuis le 1er avril 2023.
Décote de 10 à 20 %
sur le prix de vente d'un logement G.
MaPrimeRénov' Ampleur :
jusqu'à 70 % des travaux pour les ménages modestes,
avec saut de 2 classes DPE minimum.
Accompagnateur Rénov' obligatoire
pour MaPrimeRénov' Ampleur.
Son coût est lui-même aidé.
Artisan RGE obligatoire
pour toutes les aides financières.
Nouveau DPE après travaux
pour constater officiellement l'amélioration de la classe.
Consultez France Rénov'
(france-renov.gouv.fr) pour un accompagnement gratuit
et personnalisé.
Vos travaux de rénovation énergétique nécessitent une autorisation d'urbanisme ?
Certains travaux pour améliorer le DPE de votre logement
nécessitent une autorisation d'urbanisme :
l'isolation par l'extérieur (ITE) qui modifie l'aspect extérieur,
la création d'ouvertures pour améliorer la ventilation,
l'installation d'une PAC visible depuis la voie publique.
Je constitue le dossier de
déclaration préalable
pour ces travaux :
plans avant et après, photographies d'insertion,
notice descriptive.
Pour les projets en secteur ABF,
je prépare un dossier adapté aux exigences
de l'Architecte des Bâtiments de France.
Travail à distance, soigné et réactif.
Article mis à jour en juin 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine
Le calendrier des interdictions de location est issu de la loi Climat et Résilience
du 22 août 2021 (articles L173-1 et suivants du Code de la construction).
Le gel des loyers est prévu par le décret du 24 août 2022.
L'audit énergétique obligatoire est issu du décret du 9 mars 2022.
Les aides MaPrimeRénov' sont régies par le décret du 26 décembre 2019
et ses textes modificatifs successifs.
Vérifiez les barèmes actualisés sur maprimerenov.gouv.fr
et france-renov.gouv.fr.