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Division de terrain : règles, démarches et pièges à éviter
Division de Terrain : Règles, Démarches et Pièges à Éviter
05/01/2026
Temps de lecture :
13 minutes

Division de Terrain : Guide Complet des Règles, Démarches et Pièges à Éviter

Vous possédez un grand terrain et envisagez de le diviser pour vendre une partie ou créer plusieurs lots constructibles ? La division de terrain est une opération courante mais complexe, encadrée par des règles strictes qui varient considérablement d'une commune à l'autre. Entre les surfaces minimales à respecter, les contraintes du PLU, les questions d'accès et de viabilisation, et les démarches administratives à accomplir, il est facile de commettre des erreurs coûteuses. En tant que dessinateur en bâtiment, je vous explique tout ce qu'il faut savoir pour réussir votre projet de division : règles d'urbanisme, démarches obligatoires, coûts à prévoir et surtout les pièges à éviter absolument.

Qu'est-ce qu'une division de terrain ?

La division de terrain, aussi appelée division foncière ou division parcellaire, consiste à créer plusieurs parcelles distinctes à partir d'un terrain unique. Cette opération modifie le cadastre en créant de nouvelles références parcellaires.

Les objectifs d'une division de terrain

On divise un terrain pour plusieurs raisons :

  • Vendre une partie du terrain : Valoriser son patrimoine en vendant un ou plusieurs lots
  • Créer plusieurs lots constructibles : Préparer la vente de terrains à bâtir
  • Transmettre à ses héritiers : Faciliter la succession en créant des lots distincts
  • Développer un projet immobilier : Construire plusieurs maisons individuelles
  • Optimiser la fiscalité : Certains cas permettent d'optimiser la taxation

Division administrative vs division réelle

Il existe deux types de division :

Division administrative (parcellaire)

  • Modification du plan cadastral uniquement
  • Création de nouvelles références parcellaires
  • Pas de travaux d'aménagement
  • Chaque lot reste accessible depuis le terrain d'origine

Division avec aménagement (lotissement)

  • Création de voiries internes
  • Mise en place des réseaux
  • Aménagement d'espaces communs
  • Règles spécifiques plus contraignantes
Important : Avant toute division, il est indispensable de consulter le PLU (Plan Local d'Urbanisme) de votre commune pour connaître les règles applicables à votre terrain.

Division simple ou lotissement : quelle différence ?

La distinction entre division simple et lotissement est fondamentale car elle détermine les règles applicables et les démarches à accomplir.

La division simple

Une division simple se caractérise par :

  • Nombre limité de lots : Généralement 2 à 5 lots selon les communes
  • Pas de création de voirie : Les lots sont desservis par la voie existante
  • Pas d'équipements communs : Chaque lot dispose de ses propres accès et réseaux
  • Démarche simplifiée : Déclaration préalable (dans la plupart des cas)
  • Pas d'association syndicale : Pas de gestion collective

Le lotissement

Un lotissement implique :

  • Au moins 3 lots : Avec création de voies ou d'espaces communs
  • Aménagement de voiries internes : Création de rues, trottoirs, éclairage
  • Réseaux collectifs : Eau, électricité, assainissement
  • Permis d'aménager obligatoire : Dossier complet et complexe
  • Cahier des charges : Règles architecturales pour les futurs acquéreurs
  • Association syndicale libre (ASL) : Gestion collective des parties communes
Exemple concret :
Vous possédez un terrain de 2000 m² en zone pavillonnaire et souhaitez créer 3 lots.
  • Scénario division simple : Les 3 lots ont un accès direct depuis la rue existante → Déclaration préalable
  • Scénario lotissement : Vous créez une voie interne pour desservir les lots du fond → Permis d'aménager obligatoire

Seuils et cas particuliers

Attention : Le seuil entre division simple et lotissement varie selon les communes. Certains PLU considèrent qu'au-delà de 2 lots, c'est automatiquement un lotissement. D'autres fixent le seuil à 5 lots. Vérifiez impérativement les règles locales avant de vous lancer.

Les règles d'urbanisme à respecter

La faisabilité d'une division dépend avant tout des règles du PLU de votre commune. Chaque zone a ses propres contraintes.

Le zonage du PLU

Les possibilités de division varient considérablement selon la zone :

Zone U (urbaine)

  • Division généralement autorisée
  • Surfaces minimales variables (200 à 600 m² par lot selon secteur)
  • Règles de prospect et d'emprise à vérifier

Zone AU (à urbaniser)

  • Zone 1AU : division possible si équipements présents
  • Zone 2AU : division impossible en l'état (attente ouverture à l'urbanisation)

Zone A (agricole)

  • Division très encadrée et généralement interdite
  • Exceptions : parcelles déjà bâties, cas particuliers avec accord CDPENAF
  • Surfaces minimales importantes (souvent 2000 m² minimum)

Zone N (naturelle)

  • Division généralement interdite (protection environnementale)
  • Rares exceptions pour bâti existant

Les règles de constructibilité

Chaque lot créé doit respecter les règles du PLU :

Surface minimale de lot

  • Fixée par le PLU (article 5 du règlement de zone)
  • Variable selon les secteurs (de 200 m² à 2500 m²)
  • Cette surface est une condition de constructibilité

Emprise au sol maximale

  • Coefficient d'emprise au sol (CES) : ex. 40% de la surface du lot
  • Détermine la surface constructible
  • Varie selon les zones

Règles de prospect (reculs)

  • Distance minimale par rapport aux limites séparatives
  • Recul par rapport à la voie publique
  • Ces reculs réduisent la surface utile constructible

Largeur minimale de façade

  • Certains PLU imposent une largeur minimum (ex. 12 à 15 mètres)
  • Évite la création de parcelles en lanière
  • Conditionne le découpage possible

Les contraintes spécifiques

D'autres éléments peuvent limiter ou interdire la division :

  • Emplacement réservé : Si le terrain fait l'objet d'un emplacement réservé, la division est impossible
  • Servitudes d'utilité publique : Protection de monuments historiques, zones inondables
  • Zones de protection : Site patrimonial remarquable, ABF
  • Règlement de lotissement existant : Si votre terrain est dans un lotissement, le cahier des charges peut interdire la division

Les surfaces minimales par lot

La question de la surface minimale est centrale dans tout projet de division. Elle détermine le nombre de lots que vous pourrez créer.

Surfaces minimales selon les zones

Voici des ordres de grandeur (à vérifier dans votre PLU local) :

Zone urbaine dense

  • Centre-ville : 200 à 300 m² par lot
  • Optimisation foncière maximale
  • Maisons mitoyennes ou jumelées

Zone pavillonnaire classique

  • Périurbain : 400 à 600 m² par lot
  • Standard pour maison individuelle isolée
  • Surface la plus courante

Zone résidentielle espacée

  • Secteur préservé : 800 à 1200 m² par lot
  • Préservation du caractère pavillonnaire
  • Grands terrains imposés

Zone rurale ou naturelle

  • Hameaux, villages : 1000 à 2500 m² par lot
  • Parfois interdiction totale de division
  • Protection du caractère rural
Calcul du nombre de lots possibles :
Terrain de 1500 m² en zone Ub avec surface minimale de 500 m² par lot :
  • Nombre maximum théorique : 1500 ÷ 500 = 3 lots
  • Mais attention : il faut tenir compte des voies d'accès, des reculs, des espaces non constructibles
  • En pratique : probablement 2 lots exploitables correctement

Surface minimale et surface constructible

Distinction importante :
  • Surface minimale du lot : Surface totale cadastrale requise (ex. 500 m²)
  • Surface réellement constructible : Après déduction des reculs et emprises (peut n'être que 200 m² exploitables)
Un lot peut respecter la surface minimale mais être difficilement constructible si les règles de prospect sont contraignantes.

L'accès et la viabilisation des lots

Un lot sans accès ou non viabilisé est inconstructible, quelle que soit sa surface. Ces aspects sont donc déterminants.

L'accès à la voie publique

Règle d'or : Tout lot doit avoir un accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation.

Largeur minimale d'accès

  • Généralement 3 à 4 mètres minimum selon les PLU
  • Nécessaire pour le passage des véhicules
  • Également pour l'accès des secours (pompiers, ambulances)

Accès direct ou indirect

  • Accès direct : Le lot a une façade sur voie publique (idéal)
  • Accès indirect : Le lot est en second rang et nécessite une servitude de passage

La viabilisation des lots

Chaque lot doit pouvoir être raccordé aux réseaux :

1. Eau potable

  • Raccordement au réseau public obligatoire si existant
  • Coût : 1000 à 3000 € par lot selon distance
  • À défaut : puits (si autorisé et conforme)

2. Électricité

  • Raccordement réseau nécessaire
  • Coût : 1500 à 5000 € selon distance et configuration (aérien/souterrain)
  • Délais souvent longs (3 à 6 mois)

3. Assainissement

  • Collectif (tout-à-l'égout) : Raccordement obligatoire si réseau à moins de 10 m, coût 2000 à 5000 €
  • Individuel (fosse) : Surface minimale requise pour installation (vérifier conformité du sol), coût installation 5000 à 10000 €

4. Télécom / fibre

  • Non obligatoire mais fortement attendu
  • Impacte la valeur des lots
Coût moyen de viabilisation complète par lot :
  • Configuration favorable (réseaux proches) : 10 000 à 15 000 €
  • Configuration moyenne : 15 000 à 25 000 €
  • Configuration difficile (lots éloignés) : 25 000 à 40 000 €

Les démarches administratives obligatoires

Une division de terrain nécessite plusieurs démarches successives, de la déclaration en mairie à la modification du cadastre.

Étape 1 : La déclaration préalable de division

Pour une division simple (2 à 5 lots sans création de voirie)

Formulaire à utiliser : Cerfa 13702*08

Pièces à fournir :

  • Plan de situation du terrain
  • Plan de division côté (avec surfaces de chaque lot)
  • Document d'arpentage préliminaire
  • Justificatif de propriété
  • Note explicative sur la conformité au PLU
  • Preuve de viabilisation (ou engagement)

Délai d'instruction : 1 mois (2 mois si secteur protégé avec ABF)

Attention : Certaines communes ont supprimé l'obligation de déclaration préalable pour les divisions simples. Vérifiez auprès de votre mairie. Même sans obligation, il reste conseillé de déclarer pour sécuriser l'opération.

Étape 2 : Le permis d'aménager (lotissement)

Pour un lotissement (3 lots ou plus avec création de voies/équipements)

Formulaire : Cerfa 13409*09

Dossier complet comprenant :

  • Plan de composition du lotissement
  • Plan des réseaux (VRD)
  • Règlement du lotissement
  • Cahier des charges
  • Étude d'impact si nécessaire
  • Notice paysagère

Délai d'instruction : 3 mois minimum (majorations possibles)

Étape 3 : Le document d'arpentage modificatif

Après obtention de l'autorisation (ou si pas d'autorisation requise), vous devez faire établir un document d'arpentage modificatif par un géomètre-expert.

Ce document permet de :

  • Matérialiser la division sur le terrain (bornage)
  • Créer les nouvelles références cadastrales
  • Modifier le plan cadastral officiel
  • Obtenir les nouveaux numéros de parcelle

Délai : 1 à 2 mois après intervention du géomètre

Étape 4 : La publication au service de publicité foncière

Une fois le document d'arpentage établi, il doit être publié au service de publicité foncière (ex-conservation des hypothèques) pour être opposable aux tiers.

À partir de cette publication :

  • Les nouveaux lots existent juridiquement
  • Vous pouvez les vendre séparément
  • Chaque lot peut faire l'objet d'un acte de vente distinct

Les coûts d'une division de terrain

Diviser un terrain représente un investissement non négligeable. Voici un récapitulatif détaillé des coûts à prévoir.

Coûts administratifs et techniques

1. Géomètre-expert

  • Bornage et document d'arpentage division simple : 1500 à 3000 €
  • Bornage et document d'arpentage lotissement : 3000 à 8000 €
  • Variable selon surface, complexité et nombre de lots

2. Constitution du dossier administratif

  • Dessinateur pour déclaration préalable : 800 à 2000 €
  • Urbaniste pour permis d'aménager : 2000 à 5000 €
  • Architecte si projet complexe : 3000 à 8000 €

3. Frais de notaire (si vente immédiate)

  • Rédaction des actes de vente
  • Publication au service de publicité foncière
  • Environ 2 à 3% du prix de vente par lot

Coûts de viabilisation

Par lot (ordre de grandeur) :

  • Raccordement eau potable : 1000 à 3000 €
  • Raccordement électricité : 1500 à 5000 €
  • Raccordement assainissement : 2000 à 5000 €
  • Télécom/fibre : 500 à 1500 €
  • Voirie et accès (si création) : 5000 à 15000 € par lot

Total viabilisation : 10000 à 30000 € par lot

Coûts spécifiques au lotissement

  • Création de l'ASL (Association Syndicale Libre) : 1500 à 3000 €
  • Rédaction du cahier des charges : 1000 à 2000 €
  • Aménagement des espaces communs : variable (5000 à 50000 €)
  • Éclairage public : 2000 à 5000 € par point lumineux

Taxes et participations

  • Taxe d'aménagement : Due lors de la construction future sur les lots (taux variable selon commune)
  • Participation pour voirie et réseaux (PVR) : Si applicable dans certaines communes
  • Taxe foncière : Augmentation due à la création de nouveaux lots bâtis
Budget total à prévoir (ordre de grandeur) :
  • Division simple 2 lots : 15000 à 30000 €
  • Division simple 3-4 lots : 25000 à 50000 €
  • Petit lotissement 5-8 lots : 80000 à 150000 €
  • Lotissement moyen 10-15 lots : 150000 à 300000 €

Les servitudes à créer lors d'une division

Lorsque vous divisez un terrain, vous devez souvent créer des servitudes pour garantir l'usage et l'accès à tous les lots.

La servitude de passage

Quand est-elle nécessaire ?

  • Lorsqu'un ou plusieurs lots n'ont pas d'accès direct à la voie publique
  • Les lots "du fond" doivent traverser d'autres lots pour accéder à la rue

Éléments à définir dans l'acte de servitude :

  • Localisation précise : Tracé exact sur plan, largeur (généralement 3 à 4 m)
  • Nature du passage : Piétons, véhicules légers, poids lourds
  • Horaires : Permanent ou limité (rare)
  • Entretien : Qui paye ? (généralement répartition proportionnelle à l'usage)
  • Stationnement : Interdit sur la servitude

Les servitudes de réseaux

Pour faire passer les réseaux (eau, électricité, assainissement, télécom) à travers les lots :

Contenu de la servitude :

  • Emplacement exact des canalisations et câbles
  • Largeur de la bande de servitude (généralement 1 à 2 m)
  • Droit d'accès pour maintenance et réparations
  • Interdiction de construire sur cette bande
  • Obligation du propriétaire du fonds servant de laisser accès

Les servitudes de vue et de jour

Pour réglementer les ouvertures entre lots mitoyens :

  • Vue droite : Minimum 1,90 m de la limite séparative
  • Vue oblique : Minimum 0,60 m de la limite séparative
  • Jours de souffrance : Ouvertures non ouvrantes (verre translucide)

Ces servitudes peuvent être rappelées dans le cahier des charges si vous souhaitez des règles plus strictes que le Code civil.

Les servitudes non aedificandi

Interdiction de construire sur certaines bandes :

  • Le long des limites séparatives (préservation de bandes libres)
  • Sur les servitudes de réseaux
  • Pour préserver des vues ou des espaces verts
Important : Toutes ces servitudes doivent être établies par acte notarié et publiées au service de publicité foncière. Elles doivent être mentionnées dans tous les actes de vente futurs. Une servitude non publiée n'est pas opposable aux tiers.

Les 10 pièges à éviter absolument

Voici les erreurs les plus courantes qui peuvent compromettre votre projet de division ou réduire considérablement sa rentabilité.

Piège n°1 : Ne pas consulter le PLU avant de découper

Découper mathématiquement un terrain sans tenir compte des règles du PLU conduit souvent à créer des lots inconstructibles.

Conséquence : Lots qui ne respectent pas la surface minimale, les prospects ou la largeur de façade imposée. Division refusée ou lots invendables.

Piège n°2 : Oublier les reculs et prospects

Un lot de 500 m² conforme en surface mais avec des reculs de 5 m de chaque côté peut n'avoir que 200 m² exploitables.

Conséquence : Lot techniquement constructible mais difficilement valorisable. Maison étriquée sur terrain trop petit.

Piège n°3 : Créer un lot enclavé sans servitude

Diviser en créant un lot "au fond" sans organiser juridiquement l'accès à travers le premier lot.

Conséquence : Lot inconstructible faute d'accès légal. Impossibilité d'obtenir un permis de construire. Conflit juridique avec l'acquéreur.

Piège n°4 : Sous-estimer les coûts de viabilisation

Penser que les réseaux sont "proches" alors qu'ils sont à 50 m et nécessitent des travaux importants.

Conséquence : Budget viabilisation qui explose (30000 à 50000 € par lot au lieu de 10000 à 15000 €). Rentabilité compromise.

Piège n°5 : Négliger l'assainissement

Découper sans vérifier si chaque lot peut avoir un assainissement conforme (tout-à-l'égout ou individuel).

Conséquence : Lots avec surface insuffisante pour fosse septique conforme, ou sol inadapté (nappe phréatique, roche). Lots inconstructibles.

Piège n°6 : Diviser un terrain en indivision sans accord unanime

Tenter de diviser alors que tous les indivisaires ne sont pas d'accord.

Conséquence : Procédure judiciaire obligatoire. Délais très longs (1 à 2 ans). Coûts importants (avocat, frais de justice).

Piège n°7 : Ignorer le droit de préemption urbain

Vendre les lots sans notifier la mairie qui dispose d'un droit de préemption.

Conséquence : Nullité de la vente. La commune peut se substituer à l'acquéreur. Contentieux et complications juridiques.

Piège n°8 : Diviser sans certificat d'urbanisme opérationnel

Se lancer dans la division sans vérifier au préalable la faisabilité auprès de la mairie.

Conséquence : Découverte tardive d'une impossibilité juridique. Frais de géomètre engagés inutilement. Temps perdu.

Piège n°9 : Oublier les servitudes existantes

Découper sans tenir compte de servitudes de passage, de réseaux ou autres qui grèvent déjà le terrain.

Conséquence : Lots impactés par des servitudes qui réduisent leur valeur ou leur constructibilité. Contentieux avec les bénéficiaires des servitudes.

Piège n°10 : Vendre avant d'avoir les nouvelles références cadastrales

Signer des promesses de vente sur des lots qui n'existent pas encore cadastralement.

Conséquence : Impossibilité de signer l'acte définitif tant que le cadastre n'est pas modifié. Délais non maîtrisés. Risque de désistement des acquéreurs.

Vendre les lots : droits de préemption et fiscalité

Une fois la division réalisée, la vente des lots est soumise à des règles spécifiques qu'il faut connaître.

Les droits de préemption

Plusieurs organismes peuvent exercer un droit de préemption sur vos lots :

1. Droit de préemption urbain (DPU)

  • Exercé par la commune dans les zones définies par délibération
  • Permet à la commune d'acquérir en priorité
  • Délai de 2 mois pour se prononcer après notification
  • Prix : celui proposé dans la DIA (Déclaration d'Intention d'Aliéner)

2. Droit de préemption des SAFER

  • S'applique en zone agricole ou naturelle
  • Vise à maîtriser le foncier agricole
  • Peut exercer même si terrain divisé et constructible

3. Droit de préemption du locataire

  • Si un lot comprend une habitation louée
  • Le locataire peut préempter au prix proposé
  • Délai de 2 mois pour se prononcer

La fiscalité de la vente

Régime fiscal applicable :

Vente occasionnelle (moins de 3 ventes sur 5 ans)

  • Plus-value immobilière : 19% d'impôt + 17,2% de prélèvements sociaux = 36,2% total
  • Abattement pour durée de détention : 6% par an de la 6ème à la 21ème année + 4% la 22ème année (impôt), 1,65% par an de la 6ème à la 21ème année + 9% de la 22ème à la 30ème année (prélèvements sociaux)
  • Exonération totale après 30 ans de détention

Activité habituelle (3 ventes ou plus sur 5 ans)

  • Requalification en bénéfice industriel et commercial (BIC)
  • Imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu
  • + cotisations sociales (environ 45%)
  • Taxation beaucoup plus lourde
Attention à la requalification fiscale : Si vous divisez puis vendez rapidement plusieurs lots, l'administration peut considérer que vous exercez une activité de marchand de biens et vous taxer en BIC. Pour éviter cela : espacez les ventes dans le temps, conservez au moins un lot, démontrez l'absence d'intention spéculative initiale.

Le rôle du professionnel dans une division de terrain

Faire appel à un dessinateur en bâtiment ou un urbaniste spécialisé est un investissement qui sécurise votre opération et en optimise la rentabilité.

Étude de faisabilité

Le professionnel analyse en amont :

  • Faisabilité juridique : Analyse du PLU, des servitudes existantes, des contraintes réglementaires
  • Nombre optimal de lots : Calcul du découpage maximisant la valeur tout en respectant les règles
  • Configuration du découpage : Forme des lots, accès, orientation
  • Viabilisation : Faisabilité technique et évaluation des coûts
  • Rentabilité prévisionnelle : Estimation coûts vs valeur de revente

Optimisation du découpage

Un découpage mal pensé peut vous faire perdre un lot entier :

Exemple concret :
Terrain de 1800 m² avec surface minimale de 500 m² par lot :
  • Découpage amateur : 3 lots de 600 m² → mais le lot du fond n'a que 8 m de façade (règle : minimum 12 m) → LOT INCONSTRUCTIBLE
  • Découpage professionnel : 2 lots de 750 m² et 1 lot de 300 m² en second rang avec servitude → 3 lots conformes et constructibles
  • Gain : Un lot constructible supplémentaire = 80000 à 120000 € de valeur

Constitution du dossier administratif

Le professionnel prépare un dossier complet :

  • Plans cotés et conformes aux normes
  • Insertion dans l'environnement
  • Note justifiant la conformité au PLU
  • Plan de viabilisation
  • Tous les documents complémentaires requis

Résultat : Dossier accepté du premier coup, pas de demande de pièces manquantes, gain de 1 à 3 mois sur les délais d'instruction.

Coordination avec les autres intervenants

Le dessinateur coordonne :

  • Géomètre : Pour un découpage cohérent et conforme au projet
  • Notaire : Pour les servitudes et actes à établir
  • Mairie : Échanges et suivi du dossier
  • Concessionnaires : Pour la viabilisation (eau, électricité, etc.)

Un investissement rapidement rentabilisé

Coût d'un dessinateur pour une division : 800 à 2000 €

Ce qu'il vous fait gagner :

  • Un lot supplémentaire : 80000 à 150000 € de valeur
  • Éviter un découpage non conforme : Refus = perte totale des frais engagés
  • Optimisation viabilisation : 5000 à 10000 € d'économie par lot
  • Gain de temps : 1 à 3 mois de délais évités
  • Sécurité juridique : Pas de contentieux futurs
Investissement vs bénéfice : Payer 1500 € un dessinateur qui optimise votre découpage et vous fait gagner un lot à 100000 € représente un retour sur investissement de 6500%. C'est l'un des meilleurs investissements de tout le projet.

Conclusion : anticipez et faites-vous accompagner pour réussir votre division

La division de terrain est une opération complexe qui nécessite une anticipation minutieuse et une bonne connaissance des règles d'urbanisme. Les enjeux financiers sont considérables : un découpage mal pensé peut vous faire perdre un ou plusieurs lots constructibles, soit des dizaines de milliers d'euros de manque à gagner.

Les points clés à retenir :

  • Consultez le PLU avant tout découpage pour connaître les règles applicables
  • Vérifiez les surfaces minimales, les règles de prospect et les largeurs de façade imposées
  • Assurez-vous que chaque lot aura un accès légal et une viabilisation possible
  • Prévoyez un budget réaliste incluant géomètre, viabilisation et servitudes
  • Créez les servitudes nécessaires (passage, réseaux) dès la division
  • Ne sous-estimez pas les coûts de viabilisation (10000 à 30000 € par lot)
  • Faites établir un certificat d'urbanisme opérationnel avant de vous engager
  • Anticipez les droits de préemption lors de la vente des lots
  • Faites-vous accompagner par un professionnel pour optimiser le découpage

L'accompagnement par un dessinateur en bâtiment ou un urbaniste spécialisé est un investissement qui se rentabilise largement par l'optimisation du nombre de lots, la sécurisation juridique de l'opération, et l'évitement des erreurs coûteuses. Ne prenez pas le risque de compromettre la rentabilité de votre projet pour économiser quelques centaines d'euros de conseil professionnel.

Vous envisagez de diviser votre terrain ?

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Article mis à jour en janvier 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine