Vous voulez planter un arbre ou une haie près de la limite de votre terrain, ou c'est au contraire votre voisin qui a planté un arbre que vous jugez trop proche de votre propriété. Vous vous demandez quelle distance minimale doit être respectée entre une plantation et la limite séparative de deux propriétés, et ce que vous pouvez légalement faire si les branches d'un arbre voisin dépassent sur votre terrain. Ces questions, très fréquentes entre voisins, relèvent avant tout du Code civil et non du Code de l'urbanisme. Dans ce guide, je vous explique précisément les distances légales de plantation, la différence de traitement entre les branches et les racines, les recours possibles en cas de non-respect de ces règles, et le rôle que peut jouer le PLU pour certains arbres protégés.
L'article 671 du Code civil fixe deux distances minimales selon la hauteur future de la plantation, mesurées depuis le milieu du tronc de l'arbre jusqu'à la ligne séparative des deux propriétés.
| Hauteur future de la plantation | Distance minimale à la limite séparative |
|---|---|
| Supérieure à 2 mètres | 2 mètres |
| Inférieure ou égale à 2 mètres | 50 centimètres |
Ces distances s'apprécient au regard de la hauteur que la plantation atteindra une fois développée, et non de sa hauteur au moment de la plantation. Un jeune arbre destiné à devenir un grand chêne doit donc respecter la distance de deux mètres dès sa plantation, même s'il mesure encore quelques dizaines de centimètres.
L'article 671 du Code civil prévoit expressément que ces distances légales s'appliquent à défaut de règlements ou usages locaux différents. De nombreuses régions et communes disposent d'usages ruraux ou de règlements municipaux fixant des distances distinctes, parfois plus souples pour certaines essences comme les haies champêtres traditionnelles.
Les usages locaux, fréquents en zone rurale, peuvent fixer des distances de plantation différentes de celles prévues par défaut par le Code civil, notamment pour les haies champêtres traditionnelles.
Le propriétaire lésé peut exiger que l'arbre planté en violation des distances légales soit arraché ou réduit à la hauteur autorisée, conformément à l'article 672 du Code civil.
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L'article 673 du Code civil établit une distinction importante et souvent méconnue entre les branches et les racines d'un arbre voisin qui empiètent sur une autre propriété.
Contrairement aux racines, les branches d'un arbre voisin ne peuvent jamais être coupées directement par le propriétaire du fonds envahi, qui doit passer par une mise en demeure du voisin.
Une plantation qui existe depuis plus de trente ans sans avoir fait l'objet de contestation peut, selon les circonstances, bénéficier d'une forme de prescription acquisitive qui rend l'action en arrachage plus difficile à faire valoir. Cette question reste toutefois appréciée au cas par cas par les tribunaux, en fonction des éléments de preuve apportés par chaque partie sur l'ancienneté et la continuité de la situation, ce qui rend un constat par géomètre-expert particulièrement utile dans ce type de litige.
Les haies suivent en principe les mêmes règles de distance que les arbres isolés, sauf disposition contraire prévue par un règlement ou un usage local. Une haie mitoyenne, plantée exactement sur la limite séparative avec l'accord des deux propriétaires, échappe à cette règle de distance mais implique alors un partage des frais d'entretien entre les deux voisins, au même titre qu'une clôture mitoyenne classique.
Certains PLU identifient des espaces boisés classés, des haies ou des arbres remarquables protégés, dont l'abattage est soumis à une autorisation préalable de la mairie, indépendamment des règles de distance du Code civil. Cette protection environnementale peut s'ajouter aux règles civiles classiques et limiter la possibilité d'obtenir l'arrachage d'un arbre pourtant planté trop près de la limite, ce qui peut compliquer la résolution d'un litige de voisinage en secteur protégé.
Les distances de plantation, fixées par le Code civil depuis plus de deux siècles, restent l'une des principales sources de conflit entre voisins. Leur application reste toutefois relativement simple une fois les deux seuils de deux mètres et cinquante centimètres bien identifiés, et la distinction entre branches et racines bien comprise. Avant tout litige, la vérification d'un éventuel usage local et le dialogue amiable avec le voisin restent les meilleures solutions pour éviter une procédure longue et coûteuse.
Les points essentiels à retenir :
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Article mis à jour en juillet 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine
Les distances de plantation et les règles applicables aux branches et racines
sont fixées par les articles 671, 672 et 673 du Code civil. Les espaces boisés classés
et arbres protégés relèvent du règlement de zone du PLU de chaque commune.
Pour toute question, consultez le service urbanisme de votre mairie ou un géomètre-expert.