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Arbres plantés à distance réglementaire de la limite séparative entre deux propriétés voisines
Distances de Plantation et Arbres en Limite de Propriété : Les Règles
26/07/2026
Temps de lecture :
9 minutes

Distances de Plantation et Arbres en Limite de Propriété : Les Règles

Vous voulez planter un arbre ou une haie près de la limite de votre terrain, ou c'est au contraire votre voisin qui a planté un arbre que vous jugez trop proche de votre propriété. Vous vous demandez quelle distance minimale doit être respectée entre une plantation et la limite séparative de deux propriétés, et ce que vous pouvez légalement faire si les branches d'un arbre voisin dépassent sur votre terrain. Ces questions, très fréquentes entre voisins, relèvent avant tout du Code civil et non du Code de l'urbanisme. Dans ce guide, je vous explique précisément les distances légales de plantation, la différence de traitement entre les branches et les racines, les recours possibles en cas de non-respect de ces règles, et le rôle que peut jouer le PLU pour certains arbres protégés.

Les distances légales de plantation

L'article 671 du Code civil fixe deux distances minimales selon la hauteur future de la plantation, mesurées depuis le milieu du tronc de l'arbre jusqu'à la ligne séparative des deux propriétés.

Hauteur future de la plantation Distance minimale à la limite séparative
Supérieure à 2 mètres 2 mètres
Inférieure ou égale à 2 mètres 50 centimètres

Ces distances s'apprécient au regard de la hauteur que la plantation atteindra une fois développée, et non de sa hauteur au moment de la plantation. Un jeune arbre destiné à devenir un grand chêne doit donc respecter la distance de deux mètres dès sa plantation, même s'il mesure encore quelques dizaines de centimètres.

Le rôle des règlements et usages locaux

L'article 671 du Code civil prévoit expressément que ces distances légales s'appliquent à défaut de règlements ou usages locaux différents. De nombreuses régions et communes disposent d'usages ruraux ou de règlements municipaux fixant des distances distinctes, parfois plus souples pour certaines essences comme les haies champêtres traditionnelles.

💡 Bon à savoir : il convient de vérifier auprès de la mairie ou de la chambre d'agriculture du département si un usage local particulier s'applique à votre secteur avant de vous fier uniquement aux distances par défaut du Code civil, notamment en zone rurale où ces usages restent fréquents.
Haie champêtre plantée en limite de deux terrains, soumise à des usages locaux pouvant déroger aux distances du Code civil

Les usages locaux, fréquents en zone rurale, peuvent fixer des distances de plantation différentes de celles prévues par défaut par le Code civil, notamment pour les haies champêtres traditionnelles.

Recours en cas de non-respect des distances

Le propriétaire lésé peut exiger que l'arbre planté en violation des distances légales soit arraché ou réduit à la hauteur autorisée, conformément à l'article 672 du Code civil.

  • Cette action n'est soumise à aucun délai de prescription tant que l'arbre existe
  • Le voisin peut toutefois s'opposer en invoquant un titre, un usage local contraire ou une possession trentenaire de la plantation en l'état
  • Une demande amiable écrite, éventuellement accompagnée d'un constat de géomètre-expert, reste la première étape recommandée avant toute action judiciaire

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Branches et racines : deux régimes différents

L'article 673 du Code civil établit une distinction importante et souvent méconnue entre les branches et les racines d'un arbre voisin qui empiètent sur une autre propriété.

  • Les branches : le propriétaire du fonds envahi ne peut jamais les couper lui-même. Il peut uniquement contraindre le voisin à les couper, ou les faire couper à ses frais après mise en demeure restée sans effet
  • Les racines, ronces et brindilles : à l'inverse, le propriétaire du fonds envahi peut les couper lui-même, à ses frais, sans autorisation ni mise en demeure préalable
⚠️ Attention : couper soi-même les branches d'un arbre voisin, même si elles dépassent largement sur votre propriété, constitue une infraction civile pouvant engager votre responsabilité, indépendamment de la gêne réellement occasionnée.
Branches d'un arbre voisin dépassant au-dessus de la limite séparative, situation encadrée par l'article 673 du Code civil

Contrairement aux racines, les branches d'un arbre voisin ne peuvent jamais être coupées directement par le propriétaire du fonds envahi, qui doit passer par une mise en demeure du voisin.

Le cas des plantations anciennes

Une plantation qui existe depuis plus de trente ans sans avoir fait l'objet de contestation peut, selon les circonstances, bénéficier d'une forme de prescription acquisitive qui rend l'action en arrachage plus difficile à faire valoir. Cette question reste toutefois appréciée au cas par cas par les tribunaux, en fonction des éléments de preuve apportés par chaque partie sur l'ancienneté et la continuité de la situation, ce qui rend un constat par géomètre-expert particulièrement utile dans ce type de litige.

Le cas particulier des haies

Les haies suivent en principe les mêmes règles de distance que les arbres isolés, sauf disposition contraire prévue par un règlement ou un usage local. Une haie mitoyenne, plantée exactement sur la limite séparative avec l'accord des deux propriétaires, échappe à cette règle de distance mais implique alors un partage des frais d'entretien entre les deux voisins, au même titre qu'une clôture mitoyenne classique.

Arbres protégés et espaces boisés classés

Certains PLU identifient des espaces boisés classés, des haies ou des arbres remarquables protégés, dont l'abattage est soumis à une autorisation préalable de la mairie, indépendamment des règles de distance du Code civil. Cette protection environnementale peut s'ajouter aux règles civiles classiques et limiter la possibilité d'obtenir l'arrachage d'un arbre pourtant planté trop près de la limite, ce qui peut compliquer la résolution d'un litige de voisinage en secteur protégé.

Situations fréquentes et conseils pratiques


Cas 1 : je veux planter un grand arbre près de la clôture de mon voisin

  • Respectez la distance de deux mètres si l'arbre dépassera deux mètres de hauteur à terme
  • Vérifiez au préalable l'existence d'un usage local différent auprès de votre mairie
  • Anticipez l'entretien futur pour éviter tout débordement de branches chez le voisin

Cas 2 : les branches de l'arbre de mon voisin dépassent chez moi

  • Ne coupez jamais vous-même les branches, même celles qui gênent fortement
  • Adressez une demande amiable écrite à votre voisin pour qu'il procède à la taille
  • En cas de refus persistant, une mise en demeure formelle puis un recours amiable ou judiciaire reste possible

Cas 3 : les racines d'un arbre voisin envahissent mon jardin

  • Vous pouvez couper vous-même les racines à la limite de votre propriété, sans autorisation préalable
  • Veillez à ne pas endommager la structure de votre propre terrain lors de cette coupe
  • Si l'arbre est planté trop près de la limite, envisagez également une action en arrachage
Checklist distances de plantation :

1. Déterminer la hauteur future de la plantation envisagée

2. Vérifier la distance légale applicable (2 m ou 50 cm)

3. Vérifier l'existence d'un usage local ou d'un règlement municipal différent

4. Identifier si un espace boisé classé protège la zone concernée

5. En cas de litige, privilégier une demande amiable écrite en premier lieu

6. Ne jamais couper soi-même les branches d'un arbre voisin

7. Envisager un constat de géomètre-expert pour les situations complexes ou anciennes

Conclusion : des règles civiles simples mais souvent source de litige

Les distances de plantation, fixées par le Code civil depuis plus de deux siècles, restent l'une des principales sources de conflit entre voisins. Leur application reste toutefois relativement simple une fois les deux seuils de deux mètres et cinquante centimètres bien identifiés, et la distinction entre branches et racines bien comprise. Avant tout litige, la vérification d'un éventuel usage local et le dialogue amiable avec le voisin restent les meilleures solutions pour éviter une procédure longue et coûteuse.

Les points essentiels à retenir :

  1. La distance légale est de deux mètres pour les plantations de plus de deux mètres de hauteur.
  2. Une distance de 50 centimètres suffit pour les plantations plus basses.
  3. Les usages locaux peuvent fixer des distances différentes.
  4. L'action en arrachage n'est soumise à aucun délai de prescription tant que l'arbre existe.
  5. Les branches ne peuvent jamais être coupées directement par le voisin gêné.
  6. Les racines peuvent en revanche être coupées librement à la limite de propriété.
  7. Une plantation ancienne de plus de trente ans peut être plus difficile à contester.
  8. Les haies suivent en principe les mêmes règles que les arbres isolés.
  9. Le PLU peut protéger certains arbres via un classement en espace boisé.
  10. Privilégiez toujours le dialogue amiable avant toute action judiciaire.
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Article mis à jour en juillet 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine
Les distances de plantation et les règles applicables aux branches et racines sont fixées par les articles 671, 672 et 673 du Code civil. Les espaces boisés classés et arbres protégés relèvent du règlement de zone du PLU de chaque commune. Pour toute question, consultez le service urbanisme de votre mairie ou un géomètre-expert.