Construction et Risques Naturels : Sismique, Retrait-Gonflement, BRGM
24/06/2026
Temps de lecture :
11 minutes
Construction et Risques Naturels : Sismique, Retrait-Gonflement, BRGM
Vous avez trouvé le terrain idéal pour construire votre maison,
mais le notaire vous remet un document intitulé
"État des Risques" mentionnant une zone de sismicité 3
et un aléa retrait-gonflement des argiles moyen,
sans que vous compreniez vraiment ce que cela implique
pour votre projet.
Vous avez entendu parler d'une étude de sol obligatoire
mais vous ne savez pas si elle concerne votre terrain.
Vous avez vu sur Géorisques une mention de cavité souterraine
à proximité de votre parcelle et vous vous demandez
si cela remet en cause votre projet de construction.
Les risques naturels sont une dimension essentielle
de tout projet de construction,
souvent découverte tardivement par les particuliers
alors qu'elle devrait être l'une des premières vérifications
avant tout achat de terrain.
Dans ce guide, je vous explique les principaux risques naturels
qui concernent la construction en France :
le risque sismique, le retrait-gonflement des argiles,
les mouvements de terrain et les cavités souterraines,
comment les identifier grâce à Géorisques et au BRGM,
quelles études et techniques sont obligatoires,
et comment ces risques s'articulent
avec votre dossier de
permis de construire.
Pour le risque spécifique des sols argileux,
consultez également notre article sur la
construction sur terrain argileux.
Géorisques : le portail de référence
Géorisques (georisques.gouv.fr) est le site officiel
du ministère de la Transition écologique
qui centralise l'ensemble des informations
sur les risques naturels et technologiques en France.
C'est l'outil de référence à consulter
en tout premier lieu avant tout achat de terrain
ou tout projet de construction.
En indiquant simplement une adresse,
Géorisques fournit :
Le zonage sismique de la commune
L'aléa retrait-gonflement des argiles
Les zones inondables et les Plans de Prévention
des Risques d'Inondation (PPRI) applicables
Les mouvements de terrain recensés
et les cavités souterraines connues
Le potentiel radon de la commune
Les risques d'avalanche pour les zones de montagne
Les anciens sites industriels pollués
(bases de données BASIAS et BASOL)
Les installations classées pour la protection
de l'environnement (ICPE) à proximité
Géorisques permet également de générer gratuitement
le document d'État des Risques (ERP)
nécessaire lors d'une vente ou d'une location.
Le zonage sismique et les règles parasismiques
Le territoire français métropolitain est divisé
en cinq zones de sismicité, de la zone 1 (très faible)
à la zone 5 (forte, principalement les Antilles).
Zone de sismicité
Niveau d'aléa
Règles applicables
Zone 1
Très faible
Aucune règle parasismique spécifique
Zone 2
Faible
Règles parasismiques simplifiées pour les maisons individuelles
Zone 3
Modérée
Eurocode 8 applicable, étude de structure recommandée
Zone 4
Moyenne
Eurocode 8 obligatoire, bureau d'études structure souvent nécessaire
Les zones de sismicité les plus marquées en France métropolitaine
se situent dans les Alpes, les Pyrénées, l'Alsace,
certaines parties du Massif Central et la Côte d'Azur.
Pour une maison individuelle en zone de sismicité 2 ou 3,
les règles parasismiques portent notamment
sur le chaînage horizontal et vertical des murs,
le dimensionnement des fondations
et la conception générale de la structure.
Dans les zones de sismicité 2 à 5, les constructions neuves doivent respecter les règles parasismiques de l'Eurocode 8, notamment le chaînage des murs porteurs aux niveaux des planchers et des fondations. Ces règles concernent particulièrement les Alpes, les Pyrénées, l'Alsace et certaines parties du Massif Central, et nécessitent souvent l'intervention d'un bureau d'études structure pour les zones les plus exposées.
Le retrait-gonflement des argiles
Le retrait-gonflement des argiles est le risque géotechnique
le plus coûteux pour les assureurs en France,
devant les inondations.
Certains sols argileux se rétractent en période de sécheresse
et gonflent en période d'humidité,
provoquant des mouvements différentiels du sol
sous les fondations qui peuvent fissurer gravement
une construction.
Aléa moyen :
étude de sol G1 obligatoire à la vente du terrain,
étude G2 ou techniques particulières obligatoires
à la construction
Aléa fort :
mêmes obligations qu'en aléa moyen,
avec des préconisations techniques souvent plus contraignantes
Pour en savoir plus sur les solutions de construction
adaptées aux sols argileux,
consultez notre article dédié sur la
construction sur terrain argileux.
L'étude de sol obligatoire G1-G2
Depuis la loi ELAN de 2018, les obligations d'étude de sol
en zone d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement
des argiles sont précisément encadrées :
L'étude G1 (étude géotechnique préalable) :
obligatoire pour toute vente d'un terrain à bâtir non bâti
en zone d'exposition moyenne ou forte.
Elle est réalisée à la charge du vendeur
et annexée au compromis et à l'acte de vente.
Elle donne une première appréciation des risques géotechniques
du terrain, sans descendre au niveau de détail
nécessaire à la conception des fondations
L'étude G2 (étude géotechnique de conception) :
obligatoire pour la construction elle-même,
réalisée à la charge du maître d'ouvrage (l'acheteur ou le constructeur).
Elle dimensionne précisément les fondations
et les techniques constructives adaptées au sol réel
Alternative : les techniques particulières de construction :
le constructeur peut choisir d'appliquer des techniques
de construction définies par arrêté (fondations spéciales,
radier rigide, joints de structure)
en lieu et place de l'étude G2,
ce qui dispense de cette étude mais impose
le respect strict de ces techniques
L'absence d'étude de sol obligatoire en zone à risque
peut avoir des conséquences graves :
en cas de sinistre lié au retrait-gonflement des argiles,
l'assurance dommages-ouvrage peut être contestée
si l'étude de sol requise n'a pas été réalisée.
Les coûts de reprise en sous-œuvre d'une maison fissurée
peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Votre terrain est concerné par un risque naturel et vous préparez votre permis ?
Je constitue votre dossier de permis de construire
en tenant compte des contraintes liées aux risques naturels
identifiés sur votre terrain.
Devis gratuit sous 48h.
Au-delà du retrait-gonflement des argiles,
d'autres mouvements de terrain peuvent affecter
la constructibilité d'un terrain et la conception
des fondations :
Les glissements de terrain :
fréquents sur les terrains en pente avec des sols instables,
notamment en zone de montagne ou sur les coteaux argileux
Les cavités souterraines :
anciennes carrières, marnières, dissolutions de gypse
ou de calcaire, galeries de mines.
Géorisques recense les cavités connues,
mais certaines peuvent ne pas être répertoriées,
en particulier les carrières anciennes non déclarées
L'érosion côtière :
pour les terrains proches du littoral,
le recul du trait de côte peut être anticipé
par des cartographies spécifiques dans certaines communes
Les effondrements karstiques :
dans les zones calcaires, des phénomènes de dissolution
peuvent créer des cavités souterraines insoupçonnées
Si Géorisques ou la mairie signale un risque
de mouvement de terrain ou une cavité connue
sur ou à proximité de votre terrain,
une étude géotechnique spécifique
est indispensable avant tout projet de construction.
Les risques spécifiques de montagne
Pour les projets de construction en zone de montagne,
des risques spécifiques s'ajoutent aux risques généraux :
Les avalanches :
les Plans de Prévention des Risques Avalanches (PPRA)
cartographient les couloirs d'avalanche connus
et peuvent interdire ou conditionner toute construction
dans les zones les plus exposées
Les chutes de blocs et de pierres :
fréquentes en pied de versants rocheux,
elles peuvent nécessiter des dispositifs de protection
(merlons, filets pare-pierres)
Les crues torrentielles :
les torrents de montagne peuvent générer des crues
rapides et violentes, distinctes des crues
des cours d'eau de plaine, avec leurs propres
Plans de Prévention des Risques
Ces risques s'ajoutent aux règles spécifiques
de la loi Montagne qui encadrent déjà fortement
la construction en altitude.
Pour en savoir plus, consultez notre article sur la
construction en zone de montagne.
Le site Géorisques permet de consulter gratuitement l'ensemble des risques naturels et technologiques connus pour une adresse donnée : zonage sismique, aléa retrait-gonflement des argiles, zones inondables, mouvements de terrain et cavités souterraines recensées. Cette consultation devrait être systématique avant tout achat de terrain ou projet de construction, bien avant le dépôt du permis de construire.
L'État des Risques lors d'une vente
Depuis le 1er janvier 2023, le document d'information
sur les risques s'appelle "État des Risques" (ERP),
remplaçant les anciennes dénominations ERNMT puis ESRIS.
Il doit être annexé à toute promesse de vente
ou tout contrat de location d'un bien immobilier
situé dans une zone couverte par :
Un plan de prévention des risques naturels, miniers
ou technologiques
Une zone de sismicité (à partir de la zone 2)
Un secteur d'information sur les sols (pollution)
Une zone à potentiel radon significatif (catégorie 3)
Une zone exposée au recul du trait de côte
dans les communes concernées
Ce document, généré gratuitement sur Géorisques
en indiquant l'adresse précise du bien,
doit être daté de moins de 6 mois
au moment de la signature de l'acte.
Son absence ou son inexactitude
peut engager la responsabilité du vendeur
et permettre à l'acheteur de demander
la résolution de la vente ou une diminution du prix.
Impact sur le dossier de permis de construire
Les risques naturels identifiés sur votre terrain
ont des conséquences concrètes sur la constitution
de votre dossier de permis de construire :
La notice descriptive
doit mentionner les risques naturels identifiés
et les dispositions constructives prévues pour y répondre
(fondations adaptées, techniques parasismiques,
techniques anti-retrait-gonflement)
L'étude de sol
(G1 puis G2 ou techniques particulières)
doit être jointe ou son existence mentionnée
si le terrain est en zone d'exposition argileuse
moyenne ou forte
Le service instructeur consulte
systématiquement les PPR applicables à la commune
lors de l'instruction, et peut imposer des prescriptions
techniques particulières dans l'arrêté de permis
Dans les zones les plus exposées
(cœur d'un PPR inondation, couloir d'avalanche),
le permis peut être purement et simplement refusé
Situations fréquentes et conseils pratiques
Cas 1 : je viens d'acheter un terrain et je découvre qu'il est en zone d'aléa fort retrait-gonflement
Vérifiez que l'étude de sol G1 vous a bien été remise
lors de la vente, conformément à la loi ELAN.
Si elle est absente, le vendeur a manqué à son obligation
Faites réaliser une étude de sol G2 par un bureau d'études
géotechnique avant de concevoir vos fondations,
ou prévoyez d'appliquer les techniques particulières
de construction définies par arrêté
Choisissez un constructeur ou un bureau d'études
expérimenté sur les sols argileux,
qui saura adapter le projet aux contraintes identifiées
Cas 2 : mon terrain est en zone de sismicité 4, que dois-je prévoir en plus ?
Faites intervenir un bureau d'études structure
dès la phase de conception pour dimensionner
les éléments parasismiques (chaînages, fondations)
Anticipez un budget légèrement supérieur
lié aux dispositions constructives parasismiques
(généralement quelques pourcents du coût total des travaux)
Mentionnez ces dispositions dans la notice descriptive
de votre dossier de permis de construire
Cas 3 : je vois une mention de cavité souterraine à proximité de mon terrain sur Géorisques
Contactez la mairie et la DDT de votre département
pour obtenir des informations précises
sur la nature et la localisation exacte de cette cavité
Une étude géotechnique spécifique permettra
de déterminer si le risque concerne réellement
votre parcelle de construction
Si le risque est avéré, des techniques de fondation
spécifiques (pieux profonds, comblement préalable)
peuvent être nécessaires, avec un coût significatif
à intégrer dans votre budget
Checklist risques naturels avant construction :
1. Consulter Géorisques avec l'adresse précise du terrain
2. Vérifier le zonage sismique de la commune
3. Vérifier l'aléa retrait-gonflement des argiles
4. Vérifier l'existence de PPR (inondation, mouvement de terrain, avalanche)
5. Vérifier les mouvements de terrain et cavités recensés
6. Obtenir l'étude de sol G1 lors de l'achat du terrain si zone argileuse moyenne ou forte
7. Faire réaliser l'étude G2 ou appliquer les techniques particulières avant la construction
8. Intégrer les contraintes identifiées dans la notice descriptive du permis de construire
Conclusion : anticiper plutôt que subir
Les risques naturels font partie intégrante
du paysage géologique et climatique français,
et la quasi-totalité du territoire est concernée
par au moins l'un des aléas évoqués dans ce guide.
La bonne nouvelle, c'est que ces risques sont aujourd'hui
bien cartographiés et accessibles gratuitement
via Géorisques, et que la réglementation française
impose des études et des techniques constructives
adaptées qui permettent de bâtir en toute sécurité
même dans les zones les plus exposées.
La seule erreur véritablement coûteuse
est de découvrir ces risques après l'achat du terrain
ou après le démarrage des travaux,
plutôt que de les anticiper dès la phase de recherche.
Quelques minutes passées sur Géorisques
avant de signer un compromis de vente
peuvent éviter des années de litiges
et des dizaines de milliers d'euros de travaux de reprise.
Les points essentiels à retenir :
Géorisques centralise tous les risques naturels et technologiques par adresse.
Le zonage sismique détermine les règles parasismiques applicables à votre maison.
L'aléa retrait-gonflement des argiles impose une étude de sol en zone moyenne ou forte.
L'étude G1 est obligatoire à la vente d'un terrain à bâtir en zone exposée.
L'étude G2 ou les techniques particulières sont obligatoires pour la construction.
Les mouvements de terrain et cavités nécessitent une étude géotechnique spécifique.
Les zones de montagne ajoutent des risques d'avalanche et de chutes de blocs.
L'État des Risques (ERP) est obligatoire lors de toute vente en zone concernée.
Le permis de construire peut être refusé dans les zones les plus exposées d'un PPR.
Consulter Géorisques avant l'achat évite les mauvaises surprises et les surcoûts.
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Votre terrain est concerné par un risque naturel et vous préparez votre projet ?
Je constitue votre dossier de
permis de construire
en intégrant les contraintes liées aux risques naturels
identifiés sur votre terrain, avec une notice descriptive
cohérente avec les prescriptions techniques nécessaires.
Travail à distance, soigné et réactif.
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Article mis à jour en juillet 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine
Le zonage sismique national est défini par le décret n°2010-1255 du 22 octobre 2010.
L'obligation d'étude de sol en zone de retrait-gonflement des argiles
résulte de la loi ELAN du 23 novembre 2018 et de son décret d'application
du 22 mai 2019, codifiée à l'article L.132-4 et suivants du Code de la construction
et de l'habitation. L'État des Risques est régi par l'article L.125-5
du Code de l'environnement. Pour toute question, consultez Géorisques
et le service urbanisme de votre mairie.