Camping et Hébergement de Plein Air : Permis d'Aménager et Autorisation
24/07/2026
Temps de lecture :
11 minutes
Camping et Hébergement de Plein Air : Permis d'Aménager et Autorisation
Vous possédez un terrain en zone rurale ou naturelle
et vous souhaitez créer un petit terrain de camping
ou y installer des hébergements insolites pour la location saisonnière.
Vous avez entendu parler du glamping et vous vous demandez
si quelques tentes lodges sur votre prairie
nécessitent les mêmes autorisations qu'un camping classique.
Vous achetez un terrain sur lequel un propriétaire précédent
a installé plusieurs mobil-homes et vous voulez savoir
si la situation est régulière.
L'hébergement de plein air est un secteur en plein essor en France,
porté par le tourisme vert et les nouvelles formes de vacances,
mais il est soumis à un cadre réglementaire précis
qui croise le Code de l'urbanisme, le Code du tourisme
et les règles de sécurité des établissements recevant du public.
Ce guide fait le point sur les différents types d'hébergements,
les autorisations nécessaires et les pièges à éviter.
Les différents types d'hébergements de plein air
Le Code du tourisme distingue plusieurs catégories d'hébergements de plein air,
chacune soumise à un régime réglementaire spécifique.
Type
Description
Régime principal
Terrain de camping
Terrain aménagé pour l'accueil de tentes, caravanes et résidences mobiles
Permis d'aménager + autorisation préfectorale
Parc résidentiel de loisirs (PRL)
Terrain aménagé pour l'implantation à titre permanent de résidences mobiles ou HLL
Permis d'aménager + autorisation préfectorale
Habitation légère de loisirs (HLL)
Construction légère destinée aux loisirs (chalet, bungalow, cottage)
Déclaration préalable ou permis de construire selon l'emprise
Résidence mobile de loisirs (mobil-home)
Véhicule terrestre habitable destiné aux loisirs, sans propulsion propre
Implantation uniquement sur terrain de camping ou PRL autorisé
Hébergement insolite (glamping)
Tentes lodges, yourtes, tipis, cabanes, bulles
Variable selon durée d'installation et emprise
Le permis d'aménager pour un terrain de camping
La création d'un terrain de camping de six emplacements ou plus
nécessite un permis d'aménager au titre de l'article R421-19 du Code de l'urbanisme.
Ce permis porte sur l'aménagement de l'ensemble du terrain :
voiries, réseaux, emplacements, locaux sanitaires et accueil.
Il est distinct du permis de construire,
qui peut être requis séparément pour les bâtiments fixes
(bloc sanitaire en dur, réception, hébergements HLL).
Le dossier de permis d'aménager pour un terrain de camping comprend :
Le plan de situation de la parcelle dans la commune
Le plan de masse côté faisant apparaître l'organisation
du terrain (emplacements numérotés, voiries internes,
accès, locaux sanitaires, réseaux)
Un document graphique représentant l'état initial du terrain
et l'état projeté après aménagement
Une notice descriptive présentant le projet,
le nombre d'emplacements, le type d'hébergements prévus
et les équipements collectifs
Une étude d'impact simplifiée ou complète
selon la superficie du terrain et le nombre d'emplacements
Moins de 6 emplacements :
Un terrain accueillant moins de 6 emplacements de camping
(tentes, caravanes) peut être dispensé de permis d'aménager
si les aménagements restent limités.
Cependant, une déclaration préalable peut être requise
si des travaux de voirie ou de terrassement sont effectués.
Renseignez-vous auprès du service urbanisme de votre mairie
avant tout aménagement, même modeste.
Le plan de masse du permis d'aménager pour un terrain de camping doit faire apparaître l'ensemble des emplacements numérotés, les voiries internes, les accès depuis la voie publique, les locaux sanitaires et les réseaux. C'est la pièce centrale du dossier soumis au service urbanisme.
L'autorisation préfectorale d'ouverture
Le permis d'aménager ne suffit pas à lui seul pour exploiter un terrain de camping.
Une autorisation d'ouverture délivrée par le préfet
est également requise, au titre du Code du tourisme.
Cette autorisation est instruite après vérification :
Des conditions sanitaires :
nombre et normes des sanitaires par rapport
au nombre d'emplacements (douches, WC, lavabos),
alimentation en eau potable, traitement des eaux usées,
collecte des déchets
Des conditions de sécurité incendie :
voies d'accès pour les secours, points d'eau incendie,
extincteurs, procédures d'évacuation,
distances entre les emplacements
Des équipements obligatoires :
selon le classement visé (1 à 5 étoiles),
des équipements minimaux sont imposés
(bloc sanitaire, espace de jeux, réception, connexion électrique)
Du respect des règles de sécurité ERP :
un terrain de camping est un ERP (établissement recevant du public)
de type PA (plein air) et doit respecter
le règlement de sécurité contre l'incendie des ERP
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Le PLU et le zonage : où peut-on créer un camping ?
La création d'un terrain de camping n'est possible
que dans les zones du PLU qui autorisent expressément
cette destination ou qui ne l'interdisent pas.
C'est le premier point à vérifier avant tout projet.
Zone PLU
Camping généralement autorisé ?
Remarques
Zone U (urbaine)
Rarement
Usage résidentiel ou commercial dominant, camping souvent exclu
Zone AU (à urbaniser)
Non
Urbanisation future, pas d'activité touristique
Zone A (agricole)
Parfois en sous-zone Atourisme
Certains PLU créent une sous-zone spécifique pour le tourisme rural
Zone N (naturelle)
Parfois en sous-zone Nl ou Ntourisme
Sous réserve d'une sous-zone spécifiquement dédiée
Zone littoral (loi Littoral)
Très restreint
Interdiction dans la bande des 100 m, règles strictes sur l'extension
Zone inondable (PPRI)
Souvent interdit ou très limité
Risque pour la sécurité des campeurs
Loi Littoral et loi Montagne :
Si votre terrain est soumis à la loi Littoral ou à la loi Montagne,
des restrictions supplémentaires s'appliquent.
La loi Littoral interdit les terrains de camping dans la bande des 100 m
à compter du rivage, et réglemente strictement leur extension.
La loi Montagne impose des règles spécifiques sur l'urbanisation
des espaces en altitude. Ces législations s'appliquent
indépendamment du PLU et peuvent contraindre des projets
même dans des zones a priori favorables.
Les habitations légères de loisirs (HLL)
Les HLL sont des constructions destinées à l'hébergement de loisirs,
constituées de matériaux légers et conçues pour être démontées ou déplacées.
Elles comprennent les chalets de loisirs en bois,
les bungalows, les cottages et certains lodges.
Emprise inférieure à 35 m² :
déclaration préalable de travaux (Cerfa 13703)
Emprise supérieure à 35 m² :
permis de construire (Cerfa 13406)
Implantation uniquement sur terrain autorisé :
une HLL ne peut être installée que sur un terrain de camping
régulièrement autorisé ou dans un PRL.
Son installation sur un terrain ordinaire,
même en zone constructible, est interdite
sans autorisation spécifique
Raccordements aux réseaux :
les HLL peuvent être raccordées aux réseaux eau, électricité
et assainissement. Leur équipement peut les rapprocher
d'un logement classique mais leur statut reste celui
d'un hébergement de loisirs, non d'une résidence principale
Les résidences mobiles de loisirs (mobil-homes)
Le mobil-home, défini comme une "résidence mobile de loisirs",
est un véhicule terrestre habitable destiné aux loisirs,
conçu pour être tracté (même s'il ne l'est plus en pratique).
Son statut juridique est fondamentalement différent
d'une construction fixe.
Implantation exclusive en terrain de camping ou PRL :
un mobil-home ne peut être installé à titre permanent
que sur un emplacement d'un terrain de camping autorisé
ou dans un PRL. Toute installation sur un terrain privé ordinaire
est illégale, même si la parcelle est constructible
Pas de permis de construire :
le mobil-home n'est pas une construction
au sens du Code de l'urbanisme et ne requiert pas de permis,
mais l'emplacement sur lequel il est posé
doit se situer dans un terrain autorisé
Résidence principale interdite :
l'utilisation d'un mobil-home comme résidence principale
est interdite (durée de séjour maximale de 6 mois par an
sur un terrain de camping, variable selon le règlement intérieur)
Les mobil-homes ne peuvent être installés de façon permanente que sur des emplacements de terrains de camping régulièrement autorisés ou dans des PRL. Toute installation sur un terrain privé ordinaire, même constructible, est illégale et peut faire l'objet d'une mise en demeure de déplacement.
Le glamping : tentes lodges, yourtes, tipis, cabanes
Le glamping (contraction de "glamorous camping") regroupe
des formes d'hébergement insolites en plein air :
tentes lodges, yourtes, tipis, bulles, cabanes dans les arbres,
roulottes. Son cadre réglementaire dépend fortement
de la nature de la structure et de la durée d'installation.
Structures démontables de courte durée (moins de 3 mois par an) :
une tente lodge ou un tipi démontable
installé moins de 3 mois consécutifs et non ancré au sol
est généralement dispensé de formalité d'urbanisme.
Ce régime ne s'applique qu'à des structures légères
sans fondation ni raccordement permanent aux réseaux
Structures semi-permanentes ou plusieurs hébergements :
dès lors que les structures restent en place plus de 3 mois
ou que plusieurs hébergements sont proposés à la location,
le terrain est considéré comme un terrain de camping
et nécessite un permis d'aménager et une autorisation préfectorale
Cabanes dans les arbres :
si la cabane est fixée à l'arbre sans contact avec le sol,
la réglementation est ambiguë.
Elle peut être considérée comme une construction
(permis ou déclaration préalable selon l'emprise)
ou comme une installation provisoire dans les arbres.
Consultez le service urbanisme de votre mairie avant tout projet
Yourtes et tipis avec fondation :
si la structure est ancrée sur une plate-forme bois ou béton,
elle constitue une construction soumise aux seuils habituels
(déclaration préalable entre 5 et 20 m², permis au-delà)
Vous installez des hébergements insolites sur votre terrain et devez vérifier si un permis d'aménager est requis ?
Je vérifie le zonage de votre terrain et les règles applicables à votre projet, et prépare le dossier si une autorisation est nécessaire. Devis gratuit sous 48h.
Le parc résidentiel de loisirs (PRL) est une catégorie spécifique
définie par le Code du tourisme, distincte du terrain de camping classique.
Le PRL est un terrain aménagé pour l'implantation à titre permanent
(et non saisonnier) de résidences mobiles de loisirs et de HLL.
Les occupants des PRL sont des propriétaires de leur résidence mobile
ou HLL, qui louent le terrain (l'emplacement) au gestionnaire du PRL
Le PRL nécessite lui aussi un permis d'aménager
et une autorisation préfectorale
Les emplacements peuvent être occupés à titre permanent,
contrairement au camping où la durée de séjour est limitée
Les PRL doivent répondre à des normes de classement
(1 à 5 étoiles) portant sur la surface des emplacements,
les équipements collectifs et les services offerts
Classement et obligations d'exploitation
La classification des terrains de camping en étoiles
(de 1 à 5 étoiles) est gérée par Atout France,
l'agence de développement touristique.
Le classement n'est pas obligatoire légalement
mais conditionne l'affichage de la catégorie,
l'adhésion à certains réseaux professionnels
et l'accès à certaines aides.
Les obligations d'exploitation portent aussi sur la déclaration
auprès de la mairie (le maire délivre un récépissé de déclaration
en complément de l'autorisation préfectorale),
l'affichage du règlement intérieur dans le camping,
le registre des arrivées et départs
et le respect des règles de sécurité incendie ERP type PA.
Situations fréquentes et conseils pratiques
Cas 1 : je veux installer 3 tentes lodges sur ma prairie pour la location saisonnière
Si les tentes sont démontables, non ancrées au sol et installées moins de 3 mois par an : généralement dispensées de formalité
Si elles sont en place plus de 3 mois ou disposent d'une plateforme fixe : déclaration préalable ou permis selon l'emprise, et le site est considéré comme un terrain de camping nécessitant permis d'aménager et autorisation préfectorale
Vérifiez en priorité le zonage de votre terrain dans le PLU : un terrain agricole (zone A) ne permet généralement pas ce type d'activité sans sous-zonage spécifique
Renseignez-vous auprès de la DDT (Direction Départementale des Territoires) de votre département
Cas 2 : j'achète un terrain avec plusieurs mobil-homes déjà installés
Vérifiez si le terrain bénéficie d'une autorisation d'aménagement en cours de validité (permis d'aménager et autorisation préfectorale)
Sans ces autorisations, la situation est irrégulière et vous pouvez être tenu, en tant que nouveau propriétaire, de régulariser ou de faire déposer les mobil-homes
Demandez au vendeur de produire le permis d'aménager et l'autorisation préfectorale avant la signature du compromis
En cas de situation irrégulière avérée, négociez une clause suspensive ou une réduction du prix tenant compte du coût de régularisation
Checklist camping et hébergement de plein air :
1. Vérifier le zonage du terrain dans le PLU (zone autorisant le camping)
2. Vérifier l'absence de contrainte loi Littoral, loi Montagne ou PPRI
3. Déposer un permis d'aménager si le projet dépasse 6 emplacements
5. Pour les HLL : déclaration préalable ou permis de construire selon l'emprise
6. Pour le glamping démontable : vérifier la durée d'installation et la présence de fondations
7. Respecter les règles de sécurité incendie ERP type PA
Conclusion
L'hébergement de plein air est un secteur réglementairement
complexe qui croise urbanisme, tourisme et sécurité des ERP.
La première vérification à effectuer est toujours
le zonage du terrain dans le PLU,
car même le projet le plus modeste peut se heurter
à une incompatibilité de zone.
Ensuite vient la question du permis d'aménager
(dès 6 emplacements) et de l'autorisation préfectorale,
deux procédures distinctes et cumulatives.
Pour le glamping, la frontière entre installation temporaire
(dispensée de formalité) et camping de fait
(soumis à permis) est ténue et dépend
de la durée d'installation, du nombre de structures
et de la présence d'ancrage au sol.
Les points essentiels à retenir :
Le camping est une destination réglementée par le PLU : vérifiez le zonage en priorité.
La création d'un terrain de 6 emplacements ou plus nécessite un permis d'aménager.
L'autorisation préfectorale d'ouverture est distincte du permis d'aménager et obligatoire.
Les lois Littoral et Montagne ajoutent des restrictions spécifiques.
Les mobil-homes ne peuvent être installés que sur un terrain autorisé ou en PRL.
Les HLL de moins de 35 m² relèvent de la déclaration préalable.
Le glamping est dispensé de formalité uniquement si les structures sont démontables, sans fondation et installées moins de 3 mois par an.
Le terrain de camping est un ERP type PA soumis aux règles de sécurité incendie.
Le classement en étoiles n'est pas obligatoire mais conditionne les équipements et services.
En cas d'achat d'un terrain avec structures existantes, demandez les autorisations avant la signature.
Devis gratuit sous 48h
Vous créez un terrain de camping ou un site de glamping et avez besoin du plan de masse pour le permis d'aménager ?
Je réalise le plan de masse coté avec numérotation des emplacements, tracé des voiries et localisation des réseaux, conforme aux exigences du dossier de permis d'aménager. Travail à distance, soigné et réactif. Devis gratuit sous 48h.
Article rédigé en juin 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine Les terrains de camping sont régis par les articles L321-1 et suivants du Code du tourisme. Le permis d'aménager est défini par l'article R421-19 du Code de l'urbanisme. Les HLL sont régies par les articles R111-31 et suivants du Code de la construction et de l'habitation. Pour toute question, consultez la DDT de votre département.