Icône téléphone Tel : 06 58 54 25 39

Le Blog

Entrée charretière créée sur la voie publique pour accéder à un terrain avec autorisation de voirie
Autorisation de Voirie et Création d'un Accès sur la Voie Publique
29/08/2026
Temps de lecture :
9 minutes

Autorisation de Voirie et Création d'un Accès sur la Voie Publique

Votre projet de construction ou d'aménagement de terrain nécessite de créer un nouvel accès pour véhicules depuis la route ou la rue qui borde votre propriété. Ce geste, qui peut paraître anodin, implique en réalité une intervention sur le domaine public — le trottoir, la bordure, l'accotement ou le fossé appartenant à la collectivité — et nécessite donc une autorisation distincte du permis de construire : l'autorisation de voirie, également appelée permission de voirie. Beaucoup de porteurs de projet découvrent cette exigence au moment de faire réaliser l'accès, ce qui peut retarder leur chantier si la démarche n'a pas été anticipée. Dans ce guide, je vous explique ce qu'est une entrée charretière, la différence entre permission de voirie et permis de stationnement, qui délivre l'autorisation selon le type de voie, les règles de sécurité à respecter, et les risques encourus en cas d'accès créé sans autorisation.

Qu'est-ce qu'une entrée charretière ?

Le terme "entrée charretière", issu d'un vocabulaire ancien mais toujours utilisé dans les textes administratifs, désigne un accès carrossable créé entre une propriété privée et la voie publique, destiné au passage de véhicules (voiture, engin agricole, poids lourd selon le contexte). Sa création implique presque toujours une modification du domaine public :

  • Abaissement d'une bordure de trottoir pour permettre le franchissement par un véhicule
  • Busage (installation d'une buse) d'un fossé longeant la voie, en secteur rural
  • Reprise du revêtement de l'accotement pour créer une surface stabilisée

Ces travaux, même modestes, affectent une partie du domaine public dont la gestion appartient à la collectivité territoriale ou à l'État, ce qui justifie la nécessité d'une autorisation préalable avant toute intervention.

Permission de voirie et permis de stationnement

Le droit de la voirie distingue deux régimes d'autorisation d'occupation du domaine public, qu'il convient de ne pas confondre.

La permission de voirie

La permission de voirie est exigée lorsque les travaux entraînent une emprise durable sur le domaine public, c'est-à-dire une modification physique et pérenne de son état (abaissement de trottoir, création d'un accès, pose de canalisations sous la voie). C'est le régime applicable à la création d'une entrée charretière.

Le permis de stationnement

Le permis de stationnement concerne une occupation temporaire du domaine public sans emprise modifiant sa structure : installation d'un échafaudage, d'une benne à gravats, d'une palissade de chantier ou d'un dépôt de matériaux sur le trottoir pendant la durée des travaux. Cette autorisation est généralement délivrée plus rapidement que la permission de voirie, et son coût est souvent calculé en fonction de la surface occupée et de la durée d'occupation.

Récapitulatif : quelle autorisation pour quels travaux ?

Création d'un accès (entrée charretière) : permission de voirie ✅

Installation d'un échafaudage sur trottoir : permis de stationnement ✅

Dépôt temporaire de bennes ou matériaux : permis de stationnement ✅

Raccordement de réseaux sous la voie : permission de voirie ✅

Palissade de chantier en limite de trottoir : permis de stationnement, parfois complété d'une permission de voirie si des travaux d'emprise sont nécessaires ⚠️

Le lien avec le permis de construire

L'autorisation de voirie et le permis de construire (ou la déclaration préalable) sont deux démarches distinctes mais souvent étroitement liées dans la pratique.

Deux dossiers, deux autorités, un même projet

Le permis de construire porte sur le bâtiment lui-même et son implantation au regard des règles du PLU, y compris, en application de l'article R111-11 du RNU ou des dispositions équivalentes du PLU, l'exigence générale d'une desserte suffisante du terrain. L'autorisation de voirie, elle, porte spécifiquement sur les travaux d'accès affectant le domaine public nécessaires pour rendre cette desserte possible.

Anticiper les deux démarches en parallèle

Dans de nombreuses communes, le service urbanisme et le service voirie sont distincts, même s'ils appartiennent tous deux à la mairie. Il est donc recommandé de déposer la demande d'autorisation de voirie en parallèle du dépôt du permis de construire ou de la déclaration préalable, en indiquant dans le dossier de permis la localisation précise de l'accès projeté, pour que l'instructeur puisse vérifier la cohérence d'ensemble du projet. Pour les aspects de raccordement plus larges (eau, électricité, assainissement), consultez notre article sur la viabilisation d'un terrain.

Plan de masse indiquant l'accès projeté sur la voie publique dans un dossier de permis de construire

L'emplacement de l'accès projeté doit être clairement indiqué sur le plan de masse du permis de construire, tout en faisant l'objet d'une demande de permission de voirie déposée auprès du gestionnaire de la voie concernée.

Votre projet nécessite la création d'un nouvel accès sur la voie publique ?

Je coordonne votre dossier de permis de construire avec la demande de permission de voirie auprès du bon gestionnaire. Devis gratuit sous 48h.

Demander un devis →

Qui délivre l'autorisation selon le type de voie

L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation de voirie dépend exclusivement du statut juridique de la voie qui borde votre terrain.

  • Voie communale ou chemin rural : la permission de voirie est délivrée par le maire, au nom de la commune, propriétaire et gestionnaire de la voie
  • Route départementale : l'autorisation est délivrée par le président du conseil départemental, via les services techniques du département en charge de la voirie départementale
  • Route nationale : l'autorisation relève du préfet, via les services de la direction interdépartementale des routes (DIR)
  • Voie privée ouverte à la circulation publique : un régime particulier peut s'appliquer, avec l'accord du ou des propriétaires de la voie, indépendamment de toute autorisation administrative de voirie publique
Comment identifier le gestionnaire de votre voie : en cas de doute sur le statut de la voie qui borde votre terrain, le service urbanisme ou le service technique de votre mairie pourra vous indiquer s'il s'agit d'une voie communale, départementale ou nationale, et vous orienter vers le bon interlocuteur pour votre demande d'autorisation de voirie.

Les règles de sécurité applicables

Au-delà de la simple autorisation administrative, le gestionnaire de la voirie vérifie que l'accès projeté respecte des règles de sécurité destinées à protéger à la fois les usagers de la voie et les utilisateurs de l'accès.

La visibilité

Le critère principal est la visibilité : depuis le point où le véhicule s'arrête avant de s'engager sur la voie, le conducteur doit pouvoir apercevoir la circulation dans les deux sens sur une distance suffisante, généralement fonction de la vitesse pratiquée sur la voie. Un virage, une haie, un mur ou une clôture trop proche de l'accès peuvent conduire le gestionnaire à refuser l'implantation projetée ou à imposer un recul de la clôture.

La largeur et la pente de l'accès

La largeur d'un accès individuel est généralement comprise entre 3 et 5 mètres selon les prescriptions locales, cette largeur pouvant être réduite pour un accès piéton ou augmentée pour un accès destiné à des véhicules plus larges (engin agricole). La pente de raccordement entre le niveau de la voie et le terrain doit être suffisamment douce pour éviter tout talonnement des véhicules bas au passage de l'accès.

La distance par rapport à un carrefour

Un accès trop proche d'un carrefour, d'un rond-point ou d'un virage prononcé est généralement refusé, car il complexifie la lecture de la circulation par les autres usagers. Les distances minimales exigées varient selon les gestionnaires de voirie et la vitesse pratiquée sur la voie concernée.

Visibilité dégagée depuis une entrée charretière nouvellement créée sur une route départementale

La visibilité dans les deux sens de circulation depuis le point d'accès est le critère de sécurité déterminant examiné par le gestionnaire de la voirie avant de délivrer l'autorisation de création d'un accès.

La démarche à suivre

  • Identifiez le gestionnaire de la voie (mairie, conseil départemental ou services de l'État) qui borde votre terrain
  • Constituez un dossier de demande de permission de voirie comprenant un plan de situation, un plan détaillé de l'accès projeté (largeur, pente, distance par rapport aux points singuliers de la voie) et une description des travaux envisagés
  • Déposez cette demande auprès du gestionnaire compétent, idéalement en parallèle de votre demande de permis de construire ou de déclaration préalable
  • Une fois l'autorisation obtenue, faites réaliser les travaux dans le respect strict des prescriptions techniques imposées (matériaux, dimensions, signalisation)
  • Conservez une copie de l'autorisation et des éventuels plans validés, utiles en cas de contrôle ou de contentieux ultérieur avec un voisin ou le gestionnaire de la voirie

Les risques d'un accès créé sans autorisation

Créer un accès sur le domaine public sans autorisation expose à plusieurs conséquences, qu'il est utile d'avoir en tête avant d'engager des travaux sans démarche préalable.

  • Une contravention de voirie : l'occupation irrégulière du domaine public est sanctionnée pénalement, avec une amende dont le montant varie selon la nature et la gravité de l'infraction
  • Une remise en état à vos frais : le gestionnaire de la voirie peut exiger le rétablissement du domaine public dans son état d'origine (reconstruction de la bordure, comblement du busage), aux frais exclusifs de la personne ayant réalisé les travaux
  • Un blocage administratif : si l'accès est lié à un projet de construction, l'absence d'autorisation de voirie régulière peut compliquer la délivrance de l'attestation de conformité des travaux et exposer le projet à des difficultés lors d'une future vente du bien
  • Un risque de mise en cause en cas d'accident : un accès créé sans respect des règles de sécurité (visibilité insuffisante notamment) peut engager la responsabilité de son créateur en cas d'accident impliquant cet accès
Le voisin peut aussi être concerné : la création d'un accès à proximité immédiate d'une propriété voisine peut soulever des questions de servitude de passage ou de nuisance (bruit, poussière liée à un usage agricole). Il est recommandé d'informer les voisins directement concernés avant le début des travaux, même lorsque l'autorisation administrative a été régulièrement obtenue.

Conclusion : une démarche simple à ne pas négliger

Créer un accès sur la voie publique est une démarche administrative relativement simple, mais trop souvent négligée par les porteurs de projet, qui se concentrent naturellement sur le permis de construire de leur bâtiment sans anticiper cette formalité distincte. Identifier dès le départ le gestionnaire de la voie qui borde votre terrain, déposer la demande de permission de voirie en parallèle du permis de construire, et respecter scrupuleusement les prescriptions techniques de sécurité (visibilité, largeur, distance aux carrefours) permet d'éviter tout retard de chantier et toute difficulté ultérieure, que ce soit avec l'administration, un voisin, ou lors d'une future revente du bien.

Les points essentiels à retenir :

  1. Toute création d'accès (entrée charretière) nécessite une permission de voirie, distincte du permis de construire.
  2. Permission de voirie (emprise durable) et permis de stationnement (occupation temporaire) sont deux régimes différents.
  3. L'autorité compétente dépend du type de voie : mairie (voie communale), conseil départemental (route départementale), préfet (route nationale).
  4. La visibilité est le critère de sécurité principal examiné avant de délivrer l'autorisation.
  5. Les deux démarches (permis de construire et permission de voirie) doivent être menées en parallèle pour éviter tout retard de chantier.
  6. Un accès créé sans autorisation expose à une contravention de voirie et à une remise en état du domaine public aux frais du contrevenant.
Devis gratuit sous 48h

Votre projet nécessite la création d'un accès sur la voie publique ?

Je vous accompagne dans la préparation de votre dossier de permis de construire ou de déclaration préalable, en identifiant précisément le gestionnaire de la voirie concernée et en coordonnant les pièces nécessaires à la demande de permission de voirie. Travail à distance, soigné et réactif.

Obtenir un devis pour mon projet

Article mis à jour en août 2026 - Réglementation applicable en France métropolitaine
Les démarches présentées relèvent du droit de la voirie routière, distinct du droit de l'urbanisme. Consultez toujours le gestionnaire de la voie concernée (mairie, conseil départemental ou services de l'État) avant tout projet de création d'accès.